PRINTEMPS NOIR
Juin est venu; les verdures s'épaississent, les perspectives se ferment , les bordures d'arbres font muraille; une haie suffit à boucher l'horizon. Dans les champs même, les seigles montent, les
herbes en folie engloutissent les passants ; chaque maison s'isole, disparaît comme dans un trou, investie par les herbes et les branches.
Aux journées grises, quand le soleil boude, quand pèsent sur les frondaisons lourdes les tentures des nuages, tout s'obscurcit, tout s'attriste. C'est le règne despotique des feuilles, le triomphe monotone de la vie végétale : le printemps noir.
Capdeville, 3 juin.