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Paysages et marines

Dès qu’il eut une compagne et une famille, l’homme heureux essaya d’embellir sa demeure. Il dut s’apercevoir des inconvénients de son domicile pour les atténuer et de ses avantages pour les accroître.

Par des progrès dans la civilisation et dans les arts, son goût tenant à se perfectionner, il a dû discerner les effets de l’ombre et de la lumière.

Ici, il aura écarté les feuillages voulant jouir d’un air pur et se ménager des échappées de vues ; là, il aura ombragé son toit pour s’assurer un abri contre la tempête et se préserver d’un soleil trop ardent.

Après avoir porté ses pas plus loin dans ses courses, il aura découvert des sites pittoresques, des rochers en suspens sur l’abîme, des chênes étendant leurs rameaux dans un vaste circuit et des sapins lançant leurs flèches aiguës dans les airs.

Poète, alors il aura célébré les beautés d’une nature fière ou agreste ; peintre, il aura saisi ses pinceaux pour la reproduire par des imitations coloriées.

L’ART DU PAYSAGISTE

Comme l’idylle, l’art du paysage a dû naître dans un pays fertile et plantureux, au milieu des haies vives et des prairies coupées de ruisseaux en face d’un lointain vaporeux et de montagnes azurées.

Théocrite chantait les douceurs de la vie champêtre en Sicile sur les pentes des coteaux qui regardent l’Etna.

Virgile se plaisait à décrire les beautés de la Campagne de Rome et du pays mantouan.

De leur côté, les peintres paysagistes ont presque tous nourri leurs yeux et leur âme du même spectacle.

C’est en Hollande, en Belgique, en Suisse, en Italie, sur les bords de la Meuse, de l’Adour et du Rhin, c’est au milieu des Vosges, des Alpes, des Apennins et de leurs riantes vallées que les Berghem, Ruisdaël, Both, Salvator Rosa et Claude le Lorrain brossèrent leurs charmantes toiles; et les diverses sortes de paysages sont nées de la manière différente avec laquelle ils ont envisagé les scènes qu’ils avaient devant eux.

En France, il faut en convenir, la direction donnée pendant longtemps à la culture des jardins a dû nuire beaucoup au talent du paysagiste, en égarant son goût et en arrêtant son attention sur une suite de lignes parallèles coupées à angle droit, et tombant verticalement l’une sur l’autre.

Ce n’est pas ainsi que marche la nature dans la formation des lacs, des ruisseaux, des près, des lisières, des bois et des vastes mers; ce n’est pas

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