ORIGINE. PROGRÈS
non plus au milieu des ifs, des buis, /les orangers taillés en boules, en figures d’animaux, en obélisques ou en pyramides que le peintre a pu se sentir inspiré; les cascades artificielles de Saint-Cloud et de Versailles ne lui auront pas offert des effets plus heureux. Watteau etLagrénée en font foi dans leurs œuvres, Poussin appelé de Rome à la cour de Louis XIII, sut se préserver de la contagion. Ses admirables compositions: Eurydice piquée par un serpent pendant qu 'Orphée célèbre près d’elle les louanges des dieux; les restes de Phocion expulsés de l’Attique; Booz encourageant Ruth dans sa glanade timide ; Diogène brisant sa coupe, et seg Fêtes à Bacclius et à Cérès, se feront toujours remarquer par l’heureux choix des têtes, par la beauté des lignes, la scrupuleuse fidélité des couleurs locales et le type élevé des fabriques. Il a porté là comme ailleurs, ce goût pur et cet amour de l’antiquité qui répandent sur ses ouvrages un charme incomparable.
En Angleterre, les belles campagnes et le soin judicieux qui a présidé à leur culture, sansen altérer le caractère primitif, auraient dû y favoriser la création des paysages sur toile. 11 ne s’agissait que de copier ce qui se présentait aux regards. Je ne sache pas pourtant que l’on doive à ce concours heureux de circonstances aucune production pittoresque d’un ordre supérieur; mais, éclairés par la bonne entente de leurs propriétés rurales, les lords des royaumes-unis ont eu le sens de ne se plaire qu’aux représentations d’une nature vraie
L’ART DU PAYSAGISTE
et bien choisie. Les tableaux les mieux conservés des plus habiles artistes de toutes les écoles ont passé dans leur musée britannique ou dans leurs cabinets.
Nous conseillons donc aux jeunes peintres d’aller étudier sur les lieux, non seulement les sites anglais, mais même les beaux paysages dont leurs heureux possesseurs ont eu l’adresse de se rendre acquéreurs à tous les encans de l’Europe.
L’art qui nous occupe a cela de spécial que ceux qui le cultivent ont, sans frais considérables presque toujours le modèle sous les yeux. Il n’est pas de pays si pauvre d’accidents, si maltraité qu’il soit du ciel, dont l’aspect n’offre encore des points de vue et des effets de lumière dignes d’être fixés sur la toile.
Ici disparaissent les embarras d’un vaste atelier, les contrariétés qui viennent du jour, les difficultés de consulter le mannequin, et la nécessité dispendieuse d’y suppléer par l’étude du modèle vivant.
Si ce genre est plus borné, les progrès y sont plus rapides ; et ses succès ne plaisent pas moins à l’âme car la vue d’un paysage bien disposé sera toujours charmante.
Le travail du paysagiste a cependant plus d’étendue qu’on ne suppose. Avec son suprême talent d’imitation Paul Pooter ne l’a traité que d’une manière imparfaite. Deux ou trois vaches, un taureau avec une chèvre placés dans une prairie, près de la barrière de laquelle se tient un pâtre,
DIVERS GENRES DE PAYSAGES
d’une vérité moins fidèle que les animaux dont il est le gardien, ne sauraient constituer exactement une composition pittoresque.
Il en est de même des cadres où Wouvermans a renfermé son travail, bien que les limites en soient moins resserrées. Et bien que l’on ait jadis couvert d’or les œuvres de ces deux peintres, elles ne s’élèveront jamais, selon nous, à la hauteur d’un beau Ruisdaël, ou seulement d’un Polembourg.
Divers genres de paysages.
On peut établir dans le paysage trois divisions principales :
La première et la plus facile est celle où l’on se borne à la copie scrupuleuse des animaux qui ont été destinés à lui donner la vie et le mouvement. Qui ne sait qu’en les détachant du théâtre où ils figurent, ou en lui refusant l’étendue convenable, on leur enlève leur premier mérite ? simples accessoires dans une riche campagne, ils méritent peu d’arrêter l’attention, dès qu’on les représente dans un état d’isolement.
La seconde catégorie comprend les paysages où l’habitation de l’homme des champs et l’homme lui-même, dans une échelle réduite, viennent se placer sous les yeux du spectateur.
Ce genre a été cultivé avec succès en Allemagne et en Hollande, parce que l’économie domestique a été constamment en honneur dans ces deux pays.
L’ART DU PAYSAGISTE
La France, où elle a été rarement traitée avec le respect qui lui est dû, a eu peu de bons peintres paysagistes avant 1830. Valenciennes aurait eu seul le droit d’être cité. Depuis, Watelet etBertin ont créé une école dans laquelle les beautés d’une nature vierge ou cultivée avec goût sont mises à profit.
Michelan, à qui ces beautés n’étaient pas étrangères et qui s’était approprié déjà les monuments qui peuplent la Campagne de Rome, a été enlevé prématurément à une carrière que son talent promettait d’agrandir.
Les deux paysages de Roland dans la forêt de Roncevaux, et d’un site d’Italie, exposés au Louvre, ont ajouté aux regrets des amis des arts. On ne saurait passer devant ces deux tableaux sans être attrendri sur la destinée de celui auquel nous les devons.
Ainsi périt Drouais à la fleur de l’âge. L’auteur de* la Cananéenne et celui de Roland , ont cette triste conformité, que leurs essais ont placé un laurier sur leur tombe. Comme paysagiste, Michalon avait de la tendance à marcher sur les pas de Salvator Rosa.
Le troisième genre de paysage a été nommé historique , parce que les artistes qui s’y sont livrés se sont crus autorisés à faire revivre dans leurs compositions les beaux restes de l’antiquité grecque ou romaine, et quelquefois à y jeter les personnages historiques qui y ont attaché des souvenirs. Ce genre constitue le paysage du style noble
DIVERS GENRES DE PAYSAGES
et offre deux caractères principaux, l’un gai et l’autre sombre.
Claude le Lorrain a fourni le premier type, qui se recommande par l’heureux choix de ses sites et de ses fabriques, la disposition de ses échappées de vues, la pureté de ses ciels, la limpidité de ses eaux, la manière savante de toucher ses feuillages ou de les grouper, et le ton suave et vaporeux de ses lointains. Ceux-ci se dégradent toujours avec art; ils fuient, ils se perdent dans l’horizon plus qu’ils n’y finissent.
Les tableaux de cet artiste sont l’image d’un bonheur tranquille, tel que le sage le désire pour lui-même, tel qu’il l’envierait aux favoris de la fortune, si le sage pouvait envier quelque chose. On y repose ses yeux avec délices ; en les contemplant, on est presque satisfait de soi; chacun y transporte en idée ses pénates ; il leur cherche un abri près du bosquet ou de la cascade, et, un livre à la main, il va s’asseoir sur les rives du lac ou du fleuve.
Quelques débris d’architecture ancienne, des fûts de colonnes encore debout, et le fronton d’un temple, se trouvent là, tout exprès pour vous dire que ce berger qui traverse ces ruines avec ses chèvres, ne se doute pas de la célébrité du site où il vient figurer, à son tour, comme acteur plus modeste que les héros dont la cendre oubliée dort dans les douves de Mycènes, d’Argos ou de Corinthe.
De même, ons’arrêtera toujours avec une mélan-
L’ART DU PAYSAGISTE
colie rêveuse devant le paysage de l'Arcadie inventé par Poussin.
Salvator Rosa paraît avoir fondé par excellence le type àu paysage sombre. Il semble s’être étudié à faire passer sur la toile les fortes impressions de son âme. Ses plans sont heurtés et fracassés, sa campagne est âpre et sauvage ; souvent elle atteste les grandes catastrophes de la nature : ici, c’est un chêne brisé par la foudre; là, ce sont des rocs qui, détachés des monts, ont roulé dans la plaine. Tantôt il placera ses personnages entre des chaînes de montagnes resserrées, comme dans le tableau à' Apollon et de la Sibylle ; tantôt il autorisera le spectateur à en supposer d’autres, qu’il ne lui montre pas, dans les anfractuosités des rochers et dans les sinuosités d’une route malencontreuse.
Nous avons vu le peintre des Andelys, Poussin, propager la terreur, de place en place, dans l’un de ses paysages, où un homme enlacé par un serpent monstrueux au 'bord d’une fontaine, est aperçu de deux voyageurs qui prennent la fuite en retournant la tête, tandis que sur le devant de la toile, une femme, témoin de leur effroi, y participe par son geste et par son attitude.
Eh bien ! Salvator Rosa va nous livrer à une émotion encore plus vive.
Son site sera disposé de manière que vous y placerez mentalement une gorge profonde. De l’une de ses extrémités ouverte devant vous, s’échappera au galop un cheval couvert d’écume, la bride trai-
DIVERS GENRES DE PAYSAGES
nante, la selle renversée sur le côté, l’un des étriers en suspens, l’autre effleurant le sol.
Il est hors de doute que le cavalier a été désarçonné. Par quelle cause? Vous allez l’apprendre :
Deux jeunes pâtres regardent du haut d’une des éminences qui dominent cette gorge ; leurs yeux plongent au fond du ravin ; quoique protégés par le voisinage d’un buisson, il est évident qu’ils redoutent d’être aperçus. L’horreur du spectacle dont ils sont les témoins, se lit d’autant mieux dans leurs traits, qu’une crainte personnelle paraît les enchaîner à leur place.
Nous savons tout : Un meurtre a lieu dans le vallon, où la victime terrassée est dépouillée par des bandits.
Ne dirait-on pas une page d’Anne Radcliffe transportée entre les baguettes d’un cadre . C’est là incontestablement le paysage romantique dans sa beauté la plus originale et la plus forte.
Pour traiter le paysage avec succès, il importe de réunir deux qualités essentielles: du goût et de la pratique ; l’une est le fruit du temps et de l’étude, l’autre est un don du ciel, qui ne l’accorde qu’aux artistes sur le berceau desquels il a laissé tomber un regard amoureux ; il ne s’acquiert à aucun prix.
Notons, que les plus grands peintres d’histoire n’ont pas dédaigné d’orner leurs tableaux, soit en les renfermant dans des fonds de paysage, soit en' y laissant entrevoir la campagne à l’aide d’échappées de vue habilement ménagées.
LE DESSIN
Titien-Vecelli a su rehausser de cette manière, avec un art admirable, ses plus riches compositions. Dominique Zampieri, dit le Dominiquin , a eu la même adresse ; avouons que le grand Raphaël a été moins heureux dans ses tentatives de ce genre.
Aujourd’hui, le désir d’avoir sous les yeux une représentation de ce que la campagne a de plus aimable s’est propagé en France sous les toits les plus modestes, et les murailles s’y couvrent de paysages peints ou gravés.
■*Le paysage comprend aussi, sous le nom de Marines , des sujets représentant plus spécialement la mer, ses côtes, ses ports, scènes de pêcheurs, de tempêtes, etc.
Nous parlerons plus loin de la pléiade des maîtres modernes, dont les œuvres populaires peuvent servir de modèles aux peintres amateurs qui veulent s’exercer à l’étude du paysage, au crayon , à la plume, au fusain, voire au pinceau.
Mais, quelque genre que l’on adopte, la première condition, pour réussir, est de savoir bien dessiner.
IL — LE DESSIN Son importance. Ses qualités.
Le dessin consiste à répéter plus ou moins fidèlement les objets que l’on peut saisir par le sens de la vue, et qui ont une réalité d’existence organique ou seulement matérielle.
SON IMPORTANCE. SES QUALITÉS
- Sans lui, les arts d’imitation n’auraient pas lieu.
Destiné à reproduire les formes il est aussi indispensable à la peinture et à la sculpture que le support des colonnes ou des murailles à l’édifice, que la charpente osseuse au corps humain.
Tout, dans la nature, est composé de lignes : on ne saurait donc rien exprimer de ce qui lui appartient que par des lignes. Elle a dessiné les êtres sur la surface terrestre comme sur un vaste tableau ; c’est sa toile ; et, pourtant, se plaisant quelquefois à se copier elle-même, elle a daigné nous initier aux secrets de cet art merveilleux.
A certains égards, on pourrait dire qu’elle nous a fourni les premiers modèles de dessin, dans l'ombre qui se projette aux pieds des arbres, dans les reflets des rives ombragées sur le cristal des fleuves et des lacs et jusques dans l’instinct de la jeune fille qui vient demander, à la fontaine, la mobile image de sa beauté.
Ainsi que les premières langues parlées se sont attachées à faire revivre les accidents de la nature dans, des sons imitatifs, les premières langues écrites ont consisté dans l’imitation figurative des objets.
Pour raconter, on a eu recours au dessin, et des signes hiéroglyphiques ont été tracés sur le pourtour des temples : c’est par ces essais que l’homme a. dû préluder aux arts dont la perfection charme aujourd’hui son existence.
Dans les arts d’imitation, et notamment dans le
LE DESSIN
paysage, quatre parties essentielles sont à cultiver :
1° La COMPOSITION,
2° Le dessin,
3° L’expression,
4° Le coloris, quand il s’agit de représentations reproduites par le pinceau.
De ces quatre parties il est difficile de définir quelle est la plus indispensable.
Il est évident qu’un tableau mal composé , ne peut attacher que par des détails, et fatiguer bientôt les yeux, faute de leur offrir un ensemble facile à saisir.
S’il est mal dessiné , malgré le prestige des couleurs, il blesse votre expérience par ses contradictions avec ce qui existe.
Privé d 'expression, il ne parle pas à notre âme, et n’y remue pas ces sentiments qu’elle se plait à éprouver.
L’absence du coloris nous trouve moins sensibles ; car bien que nous soyons charmés par l’illusion de la perspective aérienne , et que nous préférions voir les objets avec leurs couleurs, qui, tout comme ces vêtements de fête dont la nature les a couverts pour les parer et les distinguer entre eux, le plaisir que l’on goûte à contempler une belle sculpture prouve que l’œil consent plus volontiers à ce sacrifice qu’à tout autre.
D’ailleurs nous le répétons, pour composer , colorier un sujet, et y exprimer l’effet tout puissant des passions, il importe avant tout qu’on sache
SON IMPORTANCE. SES QUALITÉS
dessiner : les autres parties de l’art, avec leur mérite particulier, participent plus ou moins de la science du dessin.
En effet, grouper des personnages sur la toile, les disposer pour une action principale, les marquer du sceau de la passion qui les a animés à une époque précise, leur restituer leur port, leur nature et leurs habitudes les plus caractéristiques, les rendre à leurs emplois réels ou à leurs rôles, amener surles visages les teintes qui les font vivre, accroître l’espace ou profondeur, par la dégradation ou le renforcement des tons, c’est toujours imiter ; et cette imitation doit incontestablement commencer par une reproduction exacte des formes, telles qu’elles nous apparaissent.
Sans ce travail préalable, il n’est point de tableau possible. Il en est de même dans la composition littéraire : avant d’habiller des phrases, il faut avoir des idées, et savoir ce que l’on veut dire avant de songer au style.
Le dessinateur, doit être vrai , soit que, suivant l’espace dont il dispose, il y jette des masses d’objets, soit qu’il se borne à parler aux yeux par un seul groupe, ou même un personnage isolé.
Pour atteindre la vérité dans le dessin, il ne faut pas exécuter de convention, et avoir toujours un modèle sous les yeux, c’est-à-dire la nature ellemême animée ou inanimée.
Fussiez-vous encore inhabile à manier le crayon et le pinceau, si vous vous êtes mis en sa présence, même à travers vos défectuosités, on reconnaît que
LE DESSIN
vous avez vu la nature ; tandis qu’au contraire votre style le plus soigné apprendra que vous vous en êtes passé.
Malgré tout son talent, Paul Pooter n’a certainement pas dessiné ses animaux dans toute la vérité de leur nature ; et nous oserons dire" que, quoiqu’il soit encore un des premiers paysagistes, Claude le Lorrain n’a pas renfermé dans ses cadres toutes les beautés d’une soirée de septembre, alors que le soleil, se cachant à l’horizon, entre des draperies d’or et de pourpre, abandonne les campagnes à ce calme touchant qui, témoin des derniers signes du mouvement animé, précède une nuit paisible.
Tout ce qui a des formes fixes et permanentes est d’une copie facile pour le dessinateur comme pour le peintre ; celles-ci donnent tout le temps de les saisir. Tout ce qui est fugitif et passager se reproduit avec plus de peine.
Le dessin qui se borne au décor ou à la copie d’une nature morte, est classé au dernier rang sur l’échelle de l’art. Viennent ensuite les fleurs. Douées d’un commencement de vie, nuancées dans leurs teintes comme la créature humaine, ce chefd’œuvre de la vie animée, comme lui elles ont leur principe, leurs progrès et leur déclin. En elles, le mouvement peut se prendre à son origine ; la flexibilité de leurs tiges, leur fane légère et aérienne, leurs corolles si variées de formes, si gracieuses dans leurs contours, leurs émanations même, les font participer tellement à l’existence dont nous
SON IMPORTANCE. SES QUALITÉS
sommes en possession, que partout elles lui ont servi de symboles.
La tâche de les dessiner et de les peindre n’était donc pas dépourvue de mérite. On a pu les considérer comme un reflet de la vie, et, tout faible qu’il est, ce reflet, pour le philosophe lui-même, ne sera jamais sans valeur.
Le paysagiste, avec les lignes qu’il trace voit s’agrandir son horizon. Chargé de replacer sous nos yeux le séjour de l’homme avec toutes ses magnifiques décorations, on lui sait gré de s’engager dans le vaste champ de la nature tandis que le peintre de fleurs n’en saisit qu’une sommité frêle et délicate.
Ce qui accroît le prix du paysage c’est la difficulté même que son exécution présente pour être vraie; car à certains égards, elle dépasse celles qui attendent le genre de peinture le plus relevé.
En effet, on peut rigoureusement admettre que le pinceau, en traitant un sujet historié, s’est emparé du point mathématique où l’action se décide de ce moment précis où le geste indique le mouvement résolu où le silence suit la voix s’il ne la précède, où l’expression se dessine en témoignage soit du coup porté à l’âme, soit de l’attente des spectateurs. Cette pause instantanée ne fut-elle pas conforme à la vérité, on peut au moins, la supposer admissible.
Mais, dans le paysage, il n’y a point de pause. Comment y faire voler la nue, courir le char, couler l’onde, mouvoir le feuillage ?
LE DESSIN
Le dessinateur-peintre n’a pour ressource que d’indiquer les causes par les effets. Il faut que son œil clairvoyant ait suivi les progrès et la décadence delà lumière; il faut que, sans cesse le crayon à la main, il ait étudié les signes du mouvement sur la nature en action ; qu’illui ait dérobé à elle-même les moyens de la représenter en cet état, et de lui donner l’animation qui lui est propre; car, bien que le mouvement ne soit pas réellement figuré sur la toile des Lorrain et des Ruisdaël, on y trouve au moins l’aptitude à le recevoir ; et encore le sentiment nous dira toujours qu’il manque quelque chose dans ce genre de représentation.
On conçoit que l’éducation du paysagiste ne s’achève que par une étude raisonnée de la perspective ; moins qu’un autre, il peut se passer de la science des lignes et celles de l’architecture ne doivent être qu’un jeu de sa main. Leur immobilité même en rend la copie facile.
' A défaut de palette, un artiste au crayon et au fusain habile peut arriver à obtenir, dans un dessin monochrome , des effets de tons exprimant aussi bien que possible les rapports des couleurs, comme nous l’expliquons à la fin de ce volume.
En résumé, n’oublions pas que, de toutes les qualités indispensables à l’exercice de l’art d’imitation, il n’en est pas une seule dont l’application soit aussi fondamentale que celle du dessin.
Or, le dessinateur ou le peintre, s’inspirant soit de la reproduction d’une gravure ou d’un tablean de maître, soit d’une vue d’après nature, soit d’un
LE PAYSAGISTE EN CHAMBRE
sujet idéal à composer sur papier ou sur toile, nous traiterons :
1° Du paysagiste en chambre ( inventeur ou copiste ).
2° Du PAYSAGISTE EN CAMPAGNE ( tOUl'iste ).