LES EAUX
Les eaux.
Si un lac, un ruisseau, le cours d’une rivière agrémente le paysage par la gaieté et la poésie de leurs nappes éclatantes où se reflètent les mille objets qui décorent leurs rives, ces peintures sont peu faciles, parce que la lumière qui frappe ces objets en change à chaque instant l’ombre portée et leur réflexion dans le miroir dè l’onde.
Pour fixer ce tableau mouvant , il faut adopter un moment bien choisi et s’empresser de croquer tout l’ensemble.
On devra s’arrêter dès qu’on s’apercevra que la scène a bougé, sauf à revenir un autre jour au même endroit et à la même heure.
Quand un cours d’eau sans bords arrose une prairie, on le peint en même temps que le ciel, tout en observant bien la valeur respective de leur ton. L’eau est, nous l’avons dit, généralement plus foncée.
Par contre, les objets clairs et les sombres paraissent moins clairs ou moins sombres en se réfléchissant dans l’eau.
Ainsi le vert foncé des arbres et les fabriques brunes du paysage y sont moins sombres, tandis que des murs blancs s’y brunissent légèrement.
L’objet lui-même et son mirage se peignent en même temps que l’eau, en tenant compte de la différence des valeurs.
C’est quelques heures avant le coucher du
OBJETS ET EFFETS DE PAYSAGE
soleil, que les surfaces liquides offrent ces mirages les plus nets et les plus pittoresques.
Pour les eaux agitées et les vagues , voyez chapitre vi [Marines).
Les terrains.
Quand dans l’esquisse, les arbres sont plantés et les fabriques bien en place, il est très facile de mettre lev terrain en perspective sans recourir à la géométrie.
On pose d’abord le ton de fond du sol de manière à couvrir tout le champ du tableau, sur lequel on peint ensuite les herbes, la verdure, et les autres détails dont on doit l’émailler.
La terre a des tons gris et violacés qui se nuancent et s’atténuent du bord jusqu’au lointain pour donner à la scène beaucoup de profondeur. Le talent consiste à accentuer les premiers plans par des touches bien vives ; mais la dégradation doit conserver partout une certaine vigueur, et le gris, en s’assourdissant ne pas devenir clair et fade.
Pour les prairies, le devant du tableau et les plans voisins offrent seuls des tons véritablement verts auxquels succèdent des tons gris verdâtres qui deviennent de plus en plus gris et neutres à mesure qu’ils s’éloignent dans le fond.
Les fabriques.
On appelle fabriques: les maisons, ruines , cabanes, chalets, villas , églises , ponts, moulins , en un mot tout ce qui constitue le décor de la scène.