‹ Paysages et paysansChapitre 108 sur 121 · LES AMANTS CHARBONNIERS · texte numérisé non relu

LES AMANTS CHARBONNIERS

La femme ? une enfant presque, et le mari? plus vieux. Mais, tous deux, courts, et roux de chevelures, d'yeux. Présentant l'un de l'autre a peu près même image, Sappareillaient. L'amour les rendait du môme âge.

Ces charbonniers des bois, visage et mains noircis. S'adoraient, travaillant, marchant, debout, assis, Du regard, du sourire, échangeaient leur tendresse, Et leur silence encore était une caresse.

Mais on m'apprend qu'ils sont «père et fiU' ! non époux. » Je me l'explique alors cet amour fauve et doux. Cher tyran qui leur fait oublier tout le reste,

Double, en sa monstrueuse et simple énormité, Du grand rut éternel aveugle de l'inceste Et du plus pur instinct de notre humanité !

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