‹ Paysages et paysansChapitre 115 sur 121 · LA MORT AU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LA MORT AU PRINTEMPS

La nature, au printemps, semble par sa féerie Glorifier tous les trépas qu'elle a conçus. Passe un enterrement? elle répand dessus Son parfum, sa musique et sa gr;\ce fleurie.

On dirait qu'elle veut que chaque arbre sourie Aux mignonnets cercueils des tout petits Jésus, Que ces panaches, d'ombre et de vapeur tissus, Célèbrent la candeur de leur ûme inflétrie.

Alors, son beau soleil qui fait pâlir les cierges. Nimbant aux chemins creux les convois blancs des vierges. Elle fond ses couleurs à celles de leur mort.

Et leurs bières, hélas! si roides et si closes.

Harmonieusement, passent dans le décor

Des cerisiers neigeux et des pommiers tout roses.

Page 1