‹ Paysages et paysansChapitre 44 sur 121 · LE MAQUIGNON · texte numérisé non relu

LE MAQUIGNON

Ballonné de partout, englouti par la graisse

Se façonnant en plis, fanons et bourrelets,

Il portait gai, pesant ses trois cents bien complets,

Le vineux monument de sa personne épaisse.

Court, nez plat, petit œil encor rapetissé.

Lobe d'oreille monstre, un teint violacé.

Et, bossuant sa blouse, un vrai poinçon pour ventre :

Tel était ce Merlot, maquignon, ancien chantre.

C'est lui qui me disait : « P't'èt' à part les verrats, Si boudinés mastoc qu'on n'ieur voit pas la tète. Sans m'ôt' mis à l'engrais, c'est toujours moi l'plus gras Comm' le mieux arrondi d'mes bêtes !

Mais, c'est trop d'iard tout d'mêm'! Ça m'en rend estropié: Mes bras r'tirés, plus d'cou, ma pans' cachant mes pieds, G'estplus un homm' que j'suis ! je m'figureêtre uneboule ! Et que je n'march' plus, mais que j'roule!

Bah ! j'suis l'plus fin dans ma gross' taille. Avec moi les malins fil' doux.

L'maigre est mis d'dans par le saindoux, Comm' le baril par la futaille. »

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