‹ Paysages et paysansChapitre 62 sur 121 · BOX FRERE ET BON FILS · texte numérisé non relu

BOX FRERE ET BON FILS

Le notaire dit : « Jean ! il s"agit d'un partage.

Votre frère., passé pour mort,

Authcntiquement vit encor.

Vous êtes maintenant deux pour votre héritage.

— Ça s'rait-il Dieu possiljl' '? ah ben ! grommelle Jean,

Faut partager l'bien et l'argent?

Moi qui croj-ais mon frèr' si poussier' dans sa fosse!

Mais p'èt' ben q'ia nouvelle est fausse?.,.

— Vous auriez tort d'émettre un doute, ■ Ricane le tabellion. »

— D'mét' cru seul héritier? maiiit'nant c'que ça m'en coûte ! On l'disait mort défunt : j'ai pas eu d' réflexion.

Et, d'ordinair', c'est pas c'qui m'manque. Si j'avais pu m'méfier, d'un* rcssuscitation, Mon pèr' m'eût fait d'ia main à la main donation

D'ses écus et dses billets d'banque ;

Pas seurment ça, ben encor mieux !

Comme à volonté je m'nais l'vieux,

Terr' et prés j'y faisais tout vendre, Et, faisant argent d'tout, ainsi j'pouvais tout prendre! C'est fort tout d'mêm' ! mon frèr', rien q'pour m'embarrass(

Qui s'avis' ben d' détrépasser !

C'iui q'était notaire avant vous

Il disait : « Faut s'fier à personne :

Les morts vous tromp' comme les fous. »

Enfin, j'peux pas dir' que j 'm'en fous.

Mais, ça yest... Faut que j'me raisonne! Pourtant, puisque mon frère est un ch'ti mort qui r'vient

Pour partager c'qui m'appartient.

Alors, i'm'compens'ra, j'espère.

Moitié de c'qu'a coûté mon père

Pour sa bière et son enterr'ment. »

Et puis, tout bonhomiquement, Il ajoute : (( Mon Dieu, six francs? c'est pas un' somme ! J'y pay'rai ben tout seul ses quat'planch'à c'brave homme

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