LE FORGERON
Dans sa forge aux murs bas d'où le jour va s'enfuir. Haut, roide, et sec du cou, des jambes et du buste, Il tire, mécanique, en tablier de cuir, La chaîne d'acier clair du crand soufflet robuste.
Il regarde fourcher, rougeoyer et bleuir
Les langues de la flamme en leur fourneau tout fruste,
Et voici que des glas tintent sinistres... juste :
Le crépuscule alors vient de s'évanouir.
Croisant ses maigres bras poilus,
Il songe à celle qui n'est plus.
Dans ses yeux creux des larmes roulent.
Et le brasier dont il reluit.
Sur sa joue osseuse les cuit A mesure qu'elles y coulent.
PAYSAGES ET l'AYSAXS
UEPAS DE CORBEAUX
C'est l'heuiv; uù la nuil fait avec l'aube son troc.
Dans un pays lugubre, en sa plus morne zone,
Précipité, profond, massif comme le Rhône
Un gave étroit, muet, huileux, mou dans son choc;
Sol gris, rocs, ronce, et là, parmi les maigres aunes,
Les fouillis de chardons, les courts sapins en cônes.
Des corbeaux allâmes qui s'abattent par blocs!
Ils cherchent inquiets, noirs dans le blanc des rocs;
Tels des prêtres, par tas, vociférant des prônes.
Ils croassent, et puis, ils sautent lourds, floc, floc !
Soudain, leui^ apparaît, longue au moins de deux aunes,
Une charogne monstre, avec l'odeur ad hoc!...
Ils s'y ruent! griffes, becs taillent, frappent d'estoc.
Acharnés jusqu'au soir, depuis le chant du coq,
Ils dévorent goulus la viande verte et jaune
Dont un si bon hasard leur a fait large aumône.
Puis, laissant la carcasse aussi nettf qu"un soc,
Se perchant comme il peut, tout de bric et de broc,
Dans un ravissement que son silence prône,
Au-dessus du torrent, le noir troupeau mastoc,
Immobile, cuvant sa pourriture, trône
S'ius In lnni> magique aux deux cornos di^ fauno.