LE SAULE
Tout à l'heure, sous les éclats Et les souffles de la tempête, Le saule brandillait sa tète, Et l'étang cognait ses bords plats.
Avec de mortelles alarmes.
Par ce vent, ces rumeurs, ces feux, L'arbre tordait ses longs cheveux Sur l'eau qui balayait ses larmes.
Calme, à présent, Tétang reluit,
Le ciel illumine la nuit.
Et, sans qu'une brise l'effleure.
Le Narcisse des végétaux Admire encore dans les eaux Sa figure verte qui pleure.
;iS PAYSAGES ET PAYSANS
L'IMEIIPIIETE
L'inclinaison de ce vieux saule Sur le vieil étang soucieux Que pas une brise ne frùle, A quelque chose de pieux.
Et l'on dirait que chaque feuille, Ayant cessé son trémolo, t ^ Pompe le mj^stère de l'eau
Et dévotement se recueille.
Or, soudain, y perchant son vol, Voici qu'un petit rossignol, Tendre interprète d'aventure,
Pour l'arbre adresse à l'Inconnu, Dans un lamento soutenu, La prière de la Nature !
PAYSAGES ET PAYSANS o9