‹ Paysages et paysans; poésiesChapitre 90 sur 123 · LA MAUVAISE RENCONTRE · texte numérisé non relu

LA MAUVAISE RENCONTRE

11 fait un de ces temps où la sueur vous trempe. Où l'on est de plomb pour marcher.

Gorge sèche ot feu dans les tempes.

Sur le haut d'un petit rocher Un grand chat noir se tient juché.

Tandis que juste au bas une vipère rampe.

D'où vient ce chat lisse et narquois Qui n'a pas du tout l'air de vivre dans les bois? Pourquoi, si tard, cette vipère N'est-elle pas dans son repaire?

L'une, par sa langue fourchue.

L'autre, par le vert de ses yeux.

Illuminent, mystérieux, Leur coin de lumière déchue.

Le silence plein de féerie Parfois est coupé seulement D'un sarcastique sifflement.

D'une amère miaulerie.

Et, par ce soleil au déclin.

Le reptile et le Ijeau félin Sont d'une horreur inoubliable.

Il semble qu'en ce lieu discret Sous deux formes vous apparaît La personne même du diable!

LES DEUX MENDIAxNTS

Reprenant leur chemin.

Tète basse, une main

Au sac bossu qu'ils portent.

Dans la cour, comme ils sortent,

Le petit pauvre épais Lorgne d'un œil mauvais Le petit monsieur mince Dont la bouche se pince.

Le vieux s'en aperçoit.

c( T'es jaloux ? Ya pas d'quoi !

Fait-il, d'une voix douce :

Entends-l'donc comme i* tousse.

r cache un sang d'navets Sous tous ses beaux effets.

Tandis q'toi, sans q'tu triches.

Tu fais rir' vermillons Tous les trous d'tes haillons.

Ça t'veng' ben d'èt' pas riche ! »

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