‹ Paysans et ouvriers depuis sept cent ansChapitre 22 sur 52 · SALAIRES DES OUVRIERS DE MÉTIER (IGOO-I8OO · texte numérisé non relu

SALAIRES DES OUVRIERS DE MÉTIER (IGOO-I8OO

lions corporatives, mais parce qu'il fallait à l'ouvrier, pour « s'établir », un capital, un fonds de roulement ou du crédit, toutes choses qui jamais ne furent ni ne seront à la portée de V universalité de la classe laborieuse. Qu'on ne se laisse pas d'ailleurs duper par les mots : les bons ouvriers dans la petite industrie, et, dans les usines, les contremaîtres, les surveillants, ceux qui sont chargés de la direction des moteurs, gagnent beaucoup plus que l'immense majorité de tous ces petits patrons du temps passé, sans courir aucune des chances de perles que l'ouvrier travaillant « à son compte » doit prévoir.

Les « lettres de maîtrise », dans les métiers privilégiés, ne donnaient pas par elles-mêmes la clientèle, ni par conséquent les profits, plus que ne la donne aujourd'hui le diplôme de pharmacien. Libre aux villes de grossir à leur gré l'effectif nominal des gens de tel ou tel métier, comme fait le conseil communal d'Angers lorsqu'il augmente, en 1623, le nombre des orfèvres « pour l'honneur de la ville ». Si ce nombre excède les besoins réels, le projet restera sans exécution; à moins qu'il ne s'agisse de pseudo-commerçants purement décoratifs. Ces antiques et vénérables classifications, qui mettaient les potiers de terre au cinquième et dernier rang de la liste des métiers, tandis que les potiers d'étain étaient au troisième rang, à côté des peintres, n'ont pas retardé d'une minute la décadence de la vaisselle d'élain, ni

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