CHAPITRE III
Salaires des paysans et domestiques (1600-1800). 49
Dépossédé au xvi* siècle du bien-être matériel, le paysan ne le recouvrera plus jusqu'à la Révolution. — Subventions sociales.
— Propriétés des non-propriétaires. — Difficulté pour le campagnard de conserver ses anciens droits d'usage et de vaine pâture — Opinion du xvii' siècle à ce sujet. — C'est par des procès que ces droits ruraux se révèlent désormais à l'historien.
— On reproche aux usagers d'abuser. — La forêt royale ou particulière cesse d'être à la disposition du premier venu. — Le prix croissant des bois amène cette révolution. — Usages de Taulignan, en Dauphiné, de Mortagne, en Saintonge. — Les
habitants s'opposent au cantonnement. — Les litiges qui surgissent à la fin de l'ancien régime se terminent au profit général de l'agriculture et au préjudice particulier des usagers 50
Même transformation dans la vaine pâture. — On mangera moins de viande, il faut avant tout du pain. — Défense de l'ancien état des choses par les paysans au xvu' siècle. — Au xvin* siècle commence la lutte de la vaine pâture avec la prairie artificielle. — Défrichement des landes; action du gouvernement. — Le droit de parcours n'a été légalement aboli qu'il y a quelques années. — Les bestiaux livrés à l'alimentation sont plus gras sous Louis XVI que sous Louis XIV et Henri IV. . 60
Dans les dernières années de l'ancien régime le salaire montre une tendance marquée à décroître. — Paye réelle du journalier au commencement du xvii* siècle; elle est plus élevée qu'à la fin du siècle précédent. — Elle diminue sous Richelieu et Mazarin et s'améliore de 1676 à 1700. — Tarif des journées dans les diverses provinces. — Le prix du travail baisse intrinsèquement au début du xviii* siècle et sous le ministère de Fleury; relativement au prix des denrées il s'élève. — Prospérité du travailleur en 172G-1730, ofTrant quelque analogie avec celle qui marque la fin du xv* siècle. — Jamais la condition du manœuvre n'a été pire ni la terre mieux cultivée qu'en 1776-1790. — Laboureurs, vendangeurs, moissonneurs, ouvriers agricoles de 1701 à 1800. — La misère du xvni' siècle vient de l'excès de population. — Évaluations, exagérées cependant, de certains cahiers de doléances. — Dans le premier tiers du xix" siècle, les salaires étaient demeurés très bas 64
Gages des domestiques de ferme, valets de labour, vachers, charretiers, etc., de 1600 à 1800. — Ce qu'on doit penser des salaires portés aux enquêtes de 1792, 1793, comme ayant été usités en 1789. — Traitement des domestiques d'intérieur, à la ville et à la campagne (cuisiniers, cochers, portiers, etc.). — Ces domestiques ne sont pas meilleurs que ceux de nos jours; légendes sans fondement à cet égard 70
Le simple journalier était plus heureux que le domestique. — Rapport du salaire de l'un avec les gages de l'autre, de 1600 à 1800, comparés à ce qu'ils étaient au moyen âge et ù ce qu'ils sont de nos jours. — Enseignement que l'on peut tirer de la hausse des gages de la domesticité, de 1789 à 1899. — Hausse du salaire des journaliers. — La moindre durée de travail des journaliers d'il y a cent ans n'était pas un avantage 75
Salaire des femmes; il a subi des fluctuations en rapport avec celui d-es hommes. — Payé des journalières; gages des servantes. — « L'anse du panier » au xvii' siècle. — Chambrières, filles de cuisine, nourrices "*"*
Travaux agricoles exécutés à la tcche. — Leurs prix successifs confirment les appréciations basées sur les salaires. — Battage des grains à façon; labourage des terres; fauchage des blés et de l'herbe 80