CHAPITRE II
Salaires des paysans et (luniestiques (f S2S-f 600). 27
Diminution des salaires au xvi" siècle. — De l'avènement de François I" à celui de Henri IV la paye du manœuvre se réduit de moitié. — Comparé au moins fortuné de ses ancêtres, le journalier de 1576-1600 reçoit un salaire inférieur d'un tiers. — Détail des rémunérations quotidiennes des faucheurs, laboureurs, vendangeurs, terrassiers, bûcherons, etc., dans les diverses provinces de 1526 à 1600. — Le xvi* siècle marque le triomphe des propriétaires fonciers et la déroule des travailleurs. ^ Valeur respective du travail et de la terre depuis le
xin" siècle. — La baisse des salaires atteint les domestiques autant et plus fortement que les journaliers. — Cette dépression des gages est lente et régulière. — Médiocrité des salaires des femmes. — Les servantes ont été les privilégiées de la civilisation moderne. — Baisse de la paye des journalières, analogue à celle des manœuvres. — Tarif de la journée des vignerons et jardiniers depuis 1200 jusqu'à 4600. — Il subit au xvi* siècle la dépréciation générale 28
Prix payés pour la culture" des vignes à la tâche. — Les maxima sont atteints au commencement du xv® siècle. — Valeur des autres travaux agricoles, exécutés à façon, de 1200 à 1600 : battage des grains, labourage des terres, fauchage de l'herbe ou des blés, etc. — Tous sont beaucoup plus chers durant la période de 1200 à 1523 que de 1525 à 1600 31
Avantages matériels que la force des choses, au moyen âge, avait procurés au paysan : droit d'usage dans les forêts. — Gratuité presque absolue du bois, pour le chauffage, la construction, les meubles, etc. — Droit de vaine pâture; jouissance banale de presque tout le territoire pendant une partie de l'année. — Vérité ancienne de la loi de Malthus. — Chiffres infimes des redevances forestières. — On défriche encore à la fin du xiv" siècle en incendiant les forêts. - - Bas prix de certaines superficies boisées au xvi' siècle. — Empiétements ordinaires des paysans riverains sur les bois. — Bornes qu'on oppose, à partir de 1550, à la déperdition des arbres. — Traditions du communisme foncier dans les campagnes. — Différences entre la propriété complète du bétail et la propriété limitée du sol. — Le possesseur d'une prairie n'en jouit que de mars à juillet, chaque année. — Préjugés relatifs à la nécessité des pâtures banales 34