‹ Paysans et ouvriers depuis sept cent ansChapitre 6 sur 52 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

dira-t-on à Fauteur de ce livre, que d'avoir peiné longuement, compulsé, comparé, traduit et commenté des myriades de chiffres, pour venir dire à un peuple affamé de rénovation et anxieux de « faire quelque chose », qu'il n'y a rien à faire; du moins dans la voie et de la façon qu'il pensait. C'est toujours un résultat fort important de savoir comment l'on peut commettre une sottise, ne fût-ce que pour s'en abstenir.

Torturée depuis quatre-vingts ans par la Science, qui lui dérobe ses secrets un à un, la Nature se laisse approcher et se résigne enfin aux assauts qu'on lui livre. Nous avons forcé ses éléments à s'accoupler à notre guise, domestiqué le feu et l'eau, le sol et l'air et mis quelque peu la foudre en bouteille. Pratiquement il en est résulté ceci : une heure de travail manuel, évaluée en pain ou en drap, en éclairage ou en boisson, procure maintenant moitié plus de denrées ou de marchandises qu'elle n'en procurait en moyenne voici un siècle. Le travailleur jouit ainsi d'un bien-être moitié plus grand que celui de ses aïeux immédiats.

Comment ne se félicite-t-il pas sans cesse d'être venu au monde en un temps si favorable? Pourquoi gémit-il, au contraire, lui qui est

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