ACTIF
— Ua hectare de jardin et vigne.
Légume^ pour la opnrritiLra de la ù^fOiHè, «^ quelques pommes de terre, haricots, etc. à vendre. 20 »
— 70 ares de vigne donnant de 5 à 12 pièces de vin,
j'en mets 6 à 40 £r,^ frais dédnits. , , fU(^ •
— Un hectare en blé produisant ^ hectolitres. 10 hectolitres pour la famille ;
10 — pour la vente, à 20 ftr . tOO »
— Un hectare d'avcnne,
go hectolitres. 19 ^ yendre à 7 fr .,..*,. . 12ô *
— Deux hectares en trôfle, pacage, quelques racines .
Un cochon acheté 30 fr. vendu IdO 100 »
Poules, œufs, beurre ^ »
Veaux, proâts oir les yaches ....,,••». 60»
L*hiver et vers la moisson, 30 journées de travail à Pextérieur •.... 60 »
Total 866 »
Piy»iiF s
Fermage, 5 hectares à 35 fr. ... 175 ^ o^a
|!jOgement 75 )
Impôts 15 ^ 556 »
Engrais 100
Fi-ais d'entretien de toutes sortes . . . • 191
Il reste un gain net de. . . 900
€ Au bout de dix ans, Pierre a 3,000 francs d'économies sans compter les intérêts.
< Il peut acheter sa locature 6,000 francs,
€ Il redevra sur son prix d'achat 3,000. fr. — A ce point, il paie 150 fr. d'intérêts par an, ce qui diminue de 100 fr. son prix de location. — Son revenu, par ce fait, est porté à 400 fr. — Et il se libère de sa dette en 6 ou 7 ans. — A cette époque, la propriété soldée lui appartenant en entier, il fait un gain net annuel de 550 fr. — Ses enfants ont pu s'instruire et attendre en s'instruisant l'âge de gagner euxmêmes.
€ Voilà l'aisance par le travail libre.
§ Il — L'Acquéreur
— « André était instruit. — Son père avait eu une tète forte qui sut sacrifier le présent à l'avenir. — Il laissa son fils sans argent, mais capable.
• André connaissait, avant nous, le guano et les effets des chaulages sur les argiles froides.
« Il avisa une petite locature en friche à peu près semblable à la précédente, même contenance et même avenir, mais bien plus arriéré quand il l'aborda et il dit à son propriétaire.
— • A grand'peine vous retirez 120 à 130 fr.
de votre petit héritage. — Vous êtes chauffournier, vous me fournirez cinq pièces de chaux par an; je vous offre 200 fr. de fermage.
• Bien plus, vous me vendrez votre propriété aui conditions que voici : — Pendant 20 ans je vous payerai annuellement 200 fr. en plus de mon fermage, au total 400 fr. par an. — Au bout des 20 ans vous aurez ainsi touché 8,000 fr. plus les intérêts partiels de chaque fraction, c'est-à-dire trois fois ce que vaut votre propriété. — Acceptez ce marché avantageux pour vous, il fait aussi mes affaires.
€ Le propriétaire accepta.
€ André exploite depuis 10 ans, il atteint des chiffres supérieurs à ceux de Kerre, mais, en
admettant ces derniers, c'est-à-dire 300 fr. de gain net par au, yoici, le résultat : André, versant sur son bénéfice net 2Û0 fr. pour son prix d'achat, il lui reste 100 fr., depuis XO ans 1,000 fr., produisant dès maintenant 50 fr. d'iatérêts ; dans 10 ans^ sans parler des intérêts cumulés, il aura donc économisé 2,500 fr., et la propriété libérée lui appartiendra.
« Âf l'expiration des 20 années, prenant toujours pour base le résultat fourni par l'hypothèse précédente , la situation d'André sera celle-ci :
♦ Revenu de la propriété
libérée 550 fr.
Intérêts, à 5 7o» de son capital 2,500 fr. . . . 125 fr.
Total. . . 675 fr.
« Voilà Faisance par Je travail éclairé.
f Femwe, j'ai fait fausse route à la suit^ du passé. J^etouxnons-npus ver§ l'avepir. J'ai.
trente ans, il en est temps encore. Quittons le collier de servitude et engageons-nous dans ce sentier du petit où on peut marcher seul, cette route progressive du peuple, que le camarade, à côté, appelle le travail dans la liberté, — la démocratie. »