Chapitre I. — Le Démon et l'Enfer
Rôle du démon dans l'histoire de l'humanité. — Démonologie payenne et chrétienne. — Satan serviteur de Dieu. — Rouage nécessaire à l'administration de sa Justice. — Idée que l'on se faisait du démon au Moyen Age. — Son rôle dans les mystères flamands, j non traduits jusqu'ici. — Les Vierges sages et les Vierges folles. — Le Jeu de Pâques de Maastricht. — Les démons danseurs ; leur intervention comique.
— Le Jeu de la septième joie de Marie. — Le Jeu ilu Saint Sacrement de Nieuvaart. - — ■ Les diableries du jeu de saint Trond.— Le démon devenu un premier rôle dans la Belle histoire de Mariette de Nimèque. de Mascharoen et du Miracle de Théophile.
— Les bourdes et Jeux de table flamands. — Portrait de Lucifer d'après Yondel, autres portraits.
rdée que l'on se faisait de l'enfer et des supplices des damnés au Moyen âge. — • Le Dielsche Lucidarius, le
Chevalier Tontalus, saint Brandon, saint Patrice, etc., font de visu la description du séjour infernal. — L'Enfer dépeint par les prédicateurs français venus en Flandre. — La réception de Hugues de Magdebourg chez les damnés. — Un précurseur de Méphistophélès. — Les dames damnées d'après le père Arnoux. — Les gradations du péché, la séduction, la luxure, la vanité, etc. — Emploi du canon et de la poudre dans les mystères et dans la chute des Anges rebelles de Milton qui imita Vondel. L'enfer et les rhétorieiens flamands. — Les démons et l'enfer dans l'art franco-flamand primitif. — — Le Jugement dernier, la pèse des âmes, les damnés, les danses des m~,rts, leur signification.
Evolution du Péché à travers les âges. — Le Péché primitif en France et dans la Relgique actuelle. — Sauvagerie et férocité des races qui habitaient le nord de la Gaule. — Réfractaires à l'emprise romaine, ils martyrisent successivement tous les apôtres qui viennent prêcher chez eux la foi nouvelle. — La rue des prêtres fut aussi la rue des légionnaires et des courtisanes. — Les Celtes comme les Germains faisaient des sacrifices humains. — Les Saxons plus cruels encore. — Les prêtres idolâtres remplissent les fonctions de bourreau. — Les nouveaux convertis à la religion chrétienne continuent leurs anciennes pratiques payennes. — Les s.icrilèges, Origines des fêtes de l'âne, des Fous
et de la reine des Concubines. — Scandales lors des fêtes religieuses ou kermesses. - — Fêtes licencieuses . — Origine du sabbat et des voyages en l'air des sorcières. — Persistance des traditions payennes dans le christianisme. — Le Char de Nerthus, la montagne de Wodan, les dieux lubriques. — Simini, le Priape du Nord, adoré à Anvers. — Les sacrifices du porc, les orgies qui les accompagnent. — La fête de Jcël. — La fête de la Fécondité. — La nudité dans les champs en été. — Autres fêtes payennes. — ■ Le christianisme chez les Francs. — ■ Privilèges du clergé ; sa richesse. — Les prêtres chrétiens peuvent aussi fouetter et punir. — La Dîme. — Epoque de Charlemagne : licence du clergé, sa rapacité. — Dagobert et Charles Martel sont damnés pour avoir touché aux biens de l'Eglise. ■ — Les fraudes pieuses. — Miracles supposés et truqués. — Simonie. — Les terreurs de l'An Mil. — Les excommunications. — Dépravation des prêtres guerriers. — Le moine Héribert. — Anecdotes. — Les Evêques à la chasse et à la guerre. — Leur ignorance, leurs méfaits. — Horreurs des guerres primitives. — Grégoire de Tours. — Avarice et cruauté de Théodoric, de Clovis et de Chilpéric, etc. — Les reines criminelles. — Crimes des Evêques et de leurs épouses. — Les papes criminels, les hérésiarques licencieux flamands. — Tanchelin à Anvers. Ses débauches et son culte de la volupté. — Importance du Péché dans tout l'art primitif. — Les bijoux francs et barbares. — Les
dieux lubriques gallo-romains. — Le Péché et son image envahit l'Eglise et même les objets du culte.
— Saint Bernard et ses objurgations. — Portée de l'image sur l'homme primitif. — - Les vers de Villon.
Les poètes et les moralistes flamands ont laissé des peintures saisissantes, mais ignorées, du péché aux ' xme et xive siècles. — Le Gantois Baudewyn van der Lore, dans son Dits tyts verlies, stigmatise les vices de ses contemporains. — Jean de Clerc, dit Boendaele, fait de même dans son Miroir du Péché.
— Eustache Deschamps chante la vie facile mais licencieuse à Bruxelles. — Jean de Weert et d'autres s'en prennent surtout à la luxure, à la gourmandise et à l'ivrognerie des Flamands. — Un moine, Le Muisit, décrit le Péché dans la partie wallonne du pays. 11 considère la peste qui ravagea le Tournaisis comme un châtiment de Dieu. Son influence sur la morale. — - Les Flagellants.
— Les Juifs ; l'hostie profanée. — Les prêtres et leur vie répréhensible. — Ruysbroeck, dans ses Seven Sloten, fait la satire des péchés des moines et des religieuses. — Le luxe dans les couvents. — Les monastères mixtes sont supprimés. — Louis van Velthem constate l'animosité qui est générale contre les ecclésiastiques. — Van Maerlant, dans ses satires contre la vie dissolue des prêtres et leur luxe, prévoit la Réforme. — Création de nouveaux
ordres mendiants ; leur âge d'or. — Ils ne résistent pas aux tentations du démon.
Les horreurs et les bizarreries des répressions judiciaires. — Importance du cochon dans la vie flamande. — Le mot « Vache » considéré déjà comme une injure. — Le Péché et le Roman du Renard. — Le Péché dans l'art au Moyen âge en France et en Belgique. — Naissance du réalisme flamand présageant les grands miniaturistes franco-flamands et le siècle des van Eyck.
L xve siècle fut à la fois somptueux et sinistre. — Préoccupation de la Mort. — Crainte du Démon et de l'Enfer. — Le Péché règne de plus en plus. — La Danse macabre ; son succès, sa portée. — Philippe-le-Hardi, ses péchés et ses crimes. — ■ Jeansans-Peur et la guerre des Armagnacs. — Horreurs et massacres. — Fureurs du duc. — Philippe-le-Bon ne mérite pas son nom. — A des péchés hérédi-., taires, il ajoute une luxure inouïe. — Jean van Eyck lui choisit ses maîtresses. — Ses bâtards. — La toison d'or. — Charles-le-Téméraire ; ses colères, ses cruautés. — Commines, tête bottée. — Tableau des péchés de la cour de Bourgogne. — La luxure chez les nobles et les prélats. — Les Chroniqueurs. — Vie licencieuse des chanoines d'Anvers et des abbés de Saint-Pierre à Gand. — Les clercs tonsurés tiennent des bordels et des maisons de jeu. — Les plaisanteries licencieuses à la Cour et
au château d'Hesdin. — Les péchés contemporains dépeints et stigmatisés par les prédicateurs du temps : Jacques Le Grand-Michel Menot, Barlette et Maillard. — Leurs sermons sont des réquisitoires sanglants dirigés contre le Péché au xve siècle. — - Satires mordantes des péchés de la femme, considérée comme l'auxiliaire du démon. — Les courtisanes anathémisées. — Le Péché à l'Eglise. — Les fausses reliques, la simonie et l'orgueil des prêtres.
— Le péché puni par les ducs de Bourgogne. — Les Registres judiciaires. — ■ Les enfants illégitimes. — ■ Leurs vagabondages, leurs jeux criminels. — Sanglantes batailles enfantines à Bruges et à Liège. — Meurtres, incendies, pillages. — Répression cruelle.
— Péchés du peuple flamand. — - Sa gourmandise et son ivrognerie. — Les femmes. — Anecdotes. — Les mangeurs de poulets de Bruxelles, d'Audenaerde et de Gand. — Les fêtes tumultueuses du Carnaval. — Brutalités, gaîtés cruelles. — L'Awvet, ou le Guet à Gand : nombreux péchés commis à l'occasion de cette prise d'arme annuelle. — Les crimes de la guerre des Armagnacs en France. — L'arbre de Vaurus. — Le pèlerinage d'Hauthem.
— Voyage de malédiction et de péchés ; description. — Persistance de ces pèlerinages armés. — Les marches armées actuelles en pays wallon. — Les veeien ou vendetta flamandes. — Le péché de sorcellerie ; sa répression. — Le péché dans l'art flamand à l'époque bourguignonne. — Les miséricordes de stalles satiriques, fantastiques et licen-
cieuses. — - Les péchés sculptés sur les poutres cie Damme. — Les bains, les étuves et le nu dans l'art de van Eyck et des peintres de son école. — Le péché dans les enluminures des manuscrits. — la' arbre du péché ou des batailles. — Le Péché dans l'œuvre de Jérôme Bosch.
Les tares morales des ancêtres de Charles Quint. — L'empereur Maximilien. Ses colères, son orgueil, son avarice. — Philippe le Beau et Jeanne la Folle ; leurs péchés. — Marguerite d'Autriche ; sa gourmandise, sa paillardise et ses colères. — Anecdotes.
— Marie de Hongrie ; sa cruauté. — Naissance de Charles-Quint. — Anecdotes. — Ses péchés dans son enfance. — Son caractère. — Ses débauches cachées. — Sa gourmandise incroyable. — Sa paillardise. — Ses familiarités avec les Flamands.
— Anecdotes. — Le sac de Rome ; ses horreurs. — Viols et crimes des Espagnols et des Allemands. — Charles-Quint fait la leçon aux évêques. — Ses édits. — Répression cruelle de tous les crimes. — Exemples. — • Les délinquants forcés de se fouetter l'un l'autre. — Les mendiants et les vagabonds. — LesCokins et les Snaphans.- — Le luxe des grands.
— La noblesse flamande ruinée par son luxe. — Fêtes nombreuses. — Cruautés des tournois. — Yalladolid le Comique même était cruel. — Les passions déchaînées du peuple. — La révolte des
Gantois. — Froide vengeance de Charles-Quint. — Nouveaux édits. — Progrès de la Justice. — Mœurs barbares. — Bizarreries des répressions judiciaires.
— Exemples curieux. — La débauche et la prostitution réléguées dans certaines parties des villes.
— Punitions de débauchés. — Les péchés dans l'art flamand au xvie siècle. — Les sculptures licencieuses des stalles d'églises. — Les peintures de Breughel le Vieux. — Sa série remarquable des vertus et des vices. — Les péchés de l'homme et de la femme pris à partie. — Ses satires politiques. — ■ Breughel le Vieux précurseur des grands caricaturistes modernes.