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P. 55 et suiv

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« En pattaut dB ce pcineipe ^fœ le banc doit s'aecommodier 4 Tenfant et non plus Teofant an banc, on s'est tmanimemeDtaocofdé k reconnaître atec Faiiiner comme positkni nennale oeile ^pê rècnrît ces deux caractères :

« i« 'Que, Tenfimt étant complètement assis, et les pieds posés 4 plein sur le plancher, les jambes forment avec les cuisses un angle droit et les caisses aree le trône on îsiatre angle droit

« *2* Que Venfanft en gardant oette position des membres tefêrîeurs^ pnisse écrire sans faire prenchra «a baut du corps une position forcée, c'est-à-dire sans aToir besoin ni de se eoiuber «or le papier ni de hansser Tépaule pour Tatteindre.

« Potir quH &a soit ainsi, la première condition est évidomment qu'il y ait non seulement dans cbaque école, mab mteke dans chaque classe, des modèles de deux, trois et quatre grandeurs différentes, et que les enfants j soient placés, au moins tous les six mois, non par rang d'âge, mais par rang de taille. Mois ipielles doivent être les dimensions de ces types gradués 4b .mobilier? Cette question ea comprend deux : les mesures du banc (siège) <et ks mesures 4e la table (pupitre}.

« Les mesures du banc sont données par celles de Tenfant : la liaateur du banc doit être égale à la longueur de la jambe jusqu'aux genoux^ la profondeur du siège à la longueur du féiziar, la largeur de chaque place à celle du corps d'un coude & Tautre, avec quelques centimètres de jeu de chaque côté.

«c Si l'on met une traverse ou un appui pour les pieds, — point sur lequel on n'est pas d'accord, — il faudra la mettre k une distance telle que l'enfant Tatteigne sans avoir besoin de .«'avancer au bord de son banc.

«Enfin et surtout (c'est une nécessité unanimement reconnue), ■on fixera au banc un dossier qui dans tous les cas doit soutenir la r%ion lombaire : les uns veulent qu'il se borne Ik, d'autres <iu'il serve à reposer le dos. — Voilà pour le siège.

<c Pour la table à écrire ou pupitre, les difficultés sont plus ^andes,

m iQiielle hauteior doit avoir le bord da la table du cftté de f Sève? Lefs avis diffèrent sensiblement; cependant on demande en général que la table arrive k peu près à la hauteur du creux de Festomac.

« Quelle pente doit avoir le pupitre? On varie aussi de plu-

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sieurs degrés, mais on demande une inclinaison, el en gtoéral celle de 15 à flO degrés.

«c Enfin, et c'est ici la question capitale, quelle distance doit-on laisser entre le banc et la table?

« lliéorîqaement, tons ceox qorl en ces dernières années se sont posé la question Font résoltte en disant qne le bord de la table doif être perpendtculairstnenl mi-^dessus de Varête du banc^ de telle sorte que le bord du pupitre d'un côté et le bord du banc de Tautre se trouyentsur la même verticale; qu'en d'autres termes il ne doit pas y avoir d*zntenralle (faorisontal) entre l'alignement du pupitre et celui du banc. Plusieurs même souhaitexft qu'au moins pour les plus jeunes enfants la ti^ie •déborde de quelques centimètres sur te banc, de manière à c<»nbattre la pente qo'ont les enlttuts à se coiRi>er en avant. Ceux qui accorderaient qn«lqniBiiiten:aHe ne le demandent qa^ pour les élèves plus grands, plus forts, qui peuvent avoir besoin de 4 on 5 centimètres de plus; mais on «e va pas au delà. Et la raison en est daire. Si Ton veut 49M i'miàncit se tienne droit en écrivant, quil ne se voûte pas l'épine dorsale et qu'il ne se dèjette pas l'épaule droite, fl faut bien fue la table soit êoet près de lui pour que, d'une part, il l'atteigne en restiol bien assis et sans se pèndm en avimt et peur que, de l'autre, il puisse, totft en y irtteignant, avoir èes reins «Mteniis fNiT le dossier d%s que la fatigue tendra & lui faii« reprendre une position eottrbée.

« n n'y a lien à objeeter. Mais le moyen, dans la pratique, de «apprimer eet intervalle? Gomment faire entrer, faire lever, fure «ireuler dans leur banc huit ou dix élèves^ s'il n'y a pas place poitf le corps entre le siège et le papitreî Ils ne pourront donc jama» se tenir debout pour les prières, les diants, les récitations, les examens? ,

« On se trouve ea pùrésence d'un dilmuBe qu'H parait difficile ;de rompre : ou bien il faut que l'enfant soit mal, très-mai assis, ou bien qu'il ne puisse pas ou presque pas se tenir debout dans ses banc. Oa s'est résigné pendant des sjèdes à la première alternative. Aujoopdliui qa'^a ne le vent, qu'<ûn ne le peut plas, les efforts de tous les novateurs tendent à trouver une coneîiialion entre ces deux termes. »

De nombreux essais ont été tentés, mais tous peuvent se ra«

mener à deux types, le banc à distance variable et le banc à distance inYariable, le mot distance signifiant l'intervalle horizontal entre le bord antérieur du siège et ralignement vertical de la table. Le banc à distance variable a une partie mobile, soit le siègBf soit le pupitre. Mab, si Ton tient compte de ce fait que la longueur du fémur chez un enfant de dix à onze ans est de 41 à 42 centimètres, et que l'épaisseur de son corps est de 15 à 16 seulement, on voit qu'il est impossible que la table ne couvre pas de quelques centimètres la partie antérieure du banc; sans quoi tout Tinconvénient de l'ancien matériftl reparaîtrait. On atténue sensiblement celui de la difficulté des mouvements, en adoptant la table à une seule place, ou tout ao plus à deux places; on le supprime tout- à-fait en adoptant le pupitre mobile, c'est-à-dire la planchette supérieure glissant entre deux coulisses et pouvant s'avancer sous le br^ de l'élève une fois qu'il est assis.

Ainsi, des bancs construits en proportion de la taille des enfants, des pupitres mobiles, et deux sièges au plus pour cbaqa» table, voilà des données auxquelles on peut s'arrêter. Ifab, comme il n'est pas possible de mesurer la taille de chaque enfant entrant à l'école et de lui construire un pupitre et un siège, on a constitué, par des calculs aussi exacts que patientSi des types répondant aux variations de la taille dans Tâge scolaire. Elle varie de 1 mètre à 1 m. 60 environ : l'écart entre la taille des plus petits et celle des plus grands est donc à peu près de 60 centimètres. Entre ces limites, on a établi cinq séries *■ de tailles : 1<» de 1 mètre à 1 m. 10 inclusivement; 2" de 1 m. 10 à 1 m. 20; 3« de 1 m. 20 à 1 m. 35 ; 4« de 1 m. 35 à 1 m. 50; 5« de 1 m. 50 à 1 m. 60 ou plus. A chacune de ces séries correspond un type de table. Ces calculs ont été poussés plus loin : on a déterminé la proportion pour .cent des cinq séries de tailles, pour savoir dans quelle proportion devaient être mélangés les cinq types de tables dans une école, et Ton a

1. C'est le nombre adopté aigonrd^hni pour les écoles de la ville de Paris, après en avoir en trois pendant qnelqne temps ; il parait répondre exacte- * ment aux besoins. Les écoles de Boston n'ont qne trois types; celles de la Ligue de renseignement belge, cinq; celles du Luxembourg, six; la Hongrie, huit; le Musée pédagogique de Russie, hait; les écoles publiques belges, neuf.

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trouvé les chiffres suivants : i^e série, c'est-à-dire la pms petite taille, 21 0/0; 2e série, 22 0/0; 3« série, 44 0/0; 4« série, 11 0/0^ 5e série, 2 0^) *.

Cette question, outre son importance hygiénique, a une importance morale non moins considérable. D'abord, en supprimant ces longues files d'enfants sur des bancs tenant toute la largeur de la classe, on évite des contacts malsains à plusieurs égards; Tair circule plus librement, et la moralité est mieux sauvegardée. Ensuite, étant donnée la nature de Tenfant, ses tendances instinctives sont plus satisfaites : il a^ nous l'avons^ TU 9, le sentiment de sa personnalité, le sentiment de l'appropriation; il aime à avoir son petit domaine. Il ne faut donc pas qu'il se sente comme perdu dans la foule. On ne sait pas assez. à quel point Tabsorption de l'enfant par les objets matériels et par l'entourage réagit sur don être moral : son moi a peine à s'en dégager; il ne prend que difficilement conscience de son individualité et semble n'avoir qu'une existence collective. Au contraire, donnez-lui sa table, son siège; il est chez lui, s*iiistalle, prend possession; il est déjà « quelqu'un » et se sent plus responsable, se sentant plus libre, c'est-à-dire plus détaché de la masse qui l'environne. £t en même temps il est plus sous l'œil du maître, surtout si le maître, au lieu d'une chaire massive, n'a qu^une table et une chaise mobiles, placées dans un angle de la classe, qu'il n'occupe que momentanément. Autrefois, l'instituteur semblait ne devoir pas descendre de son bu* reau, où il trênait comme un roi d'Orient; aujourd'hui, il doit être un peu comme un contre-maître dans un atelier, allant et venant, portant partout avec lui l'activité, provoquant celle des élèves ou lui venant en aide.

Avec la table du maître placée dans un angle, et en appliquant là où il est possible le système d'éclairage unilatéral , trois des murs sur quatre deviennent libres. Ds doivent être utilisés dans toute leur étendue pour le matériel technique, et

1. Ces résultats importants sont dus à M. Gardot, construeteor à Paris; je ne crois pas qu'ils aient été surpassés dans aucun autre pays. On lui doit non seulement des bancs de classe, mais des bancs de préau, expérimentés pour la première fois à Paris par les soins de M. Gréard, et dont Téquivalent n'existait pas aUleurs.

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