LES LBÇONS DE CHOSES
des difficultés. Pea de matières da programme nécessitent une préparation plus minutieuse et plus soutenue. Non seulement les maîtres doivent arrêter la série des leçons avec le sujet et le sommaire de chacune, en observant entre elles une gradation naturelle et logique, mais ils feraient bien d'en rédiger tout au long au moins un certain nombre , non pour les réciter devant les élèves, mais pour s'en pénétrer eux-mêmes et ne rien laisser au hasard, particulièrement au début. Improviser devant des hommes est toujours hasardeux ; improviser devant, des enfants est plus qu'une imprudence, c'est une faute, faute d'autant plus grave que les esprits sont plus neufs. Les élèves-mattres et les élèves-maîtresses ne devraient pas quitter l'école normale S€Uis emporter un cours écrit de leçons de choses, témoignage de leur enseignement à l'école annexe et fonds de réserve pour leur enseignement futur.
Je ne crois pas nécessaire de donner ici un modèle de leçon de choses, quoique M. Bain n'ait pas dédaigné de le faire ; mais tous les recueils d'instruction primaire en contiennent plusieurs, et les maîtres peuvent facilement les y trouver. Je placerai seulement à la fin du chapitre, à titre de simples indications, une série de sujets de leçons. Ce qui est le plus essentiel, c'est de ûxer la marche à suivre et les procédés à employer :
i<^ Le maître met sous les yeux des enfants, toutes les fois que cela est possible, soit par une représentation effective, soit par une image, soit par un dessin qu'il a tracé au tableau noir, l'objet ou les parties de l'objet auquel la leçon du jour emprunte son titre.
2^ Il le fait nommer aux enfants, qui diront en même temps tout ce qu'ils savent de ses usages, de ses qualités ou propriétés, etc. Ge début sera court ; le dialogue sera toujours conduit par le maître, qui ne le laissera pas se prolonger, s'égarer : simple entière en matière destinée à intéresser les élèves à la leçon par une intervention directe de leur part.
3* Assuré de leur curiosité et de leur attention, le mattre expose alors l'objet de la leçon.
4<» Puis il la reprend sous forme d'interrogations variées, pressées, s'adressant à toute la classe. Mais il ne faut pas marcher au hasard dans les interrogations : je ne dis pas qu'elles doi-
yent être toutes rédigées à rarance, parée que le maître ne dâH pas se iier les mains ni tomber dans recueil du questionnain, mais elles doivent être prévues, préparées, graduées^ enchadné^ par une progression oonstaate et logique, ni trop nombreoses pour ne pas distraire Tesprit des élèves en les engaga»at daas des chemins de traverse » ni trop difûdles pour ne pas échapper à leur portée et ne pas détruire Tiiitérêt.
50 Enfin, il fait résumer la leçon d'une manière préeiae é sommaire; au besoin, il la résume loi^môme.
le crois que la part du maître et celle des élèves sont aîss équitablement distribuées. Si le maître parlait moins, la kçoo traînerait en longueur ; s'il parlait plus, i-initiative des élèfcs serait comprimée. Je suis heureux de pouvoir m'appuyer é l'autorité de M. Herbert Spencer ^ : « Dire les choses à un enfui et les montrer, ee n'est pas là lui apprendre à observer ; c'est faire de lui un simple réceptable des observations des waÈm\ c'est affaiblir, plutôt que fortifier, sa disposition naturelle i s'instruire spontanément ; e'est le priver du plaisir que prococ l'activité couronnée de suecès ; c'est lui présenter Tattrajaste acquisition des connaissances sous la forme d'un enaeignenuii formel, et produire par là Tindifférence , le dégoût qae mostrent souvent les enfants pour ces sortes de leçons ^ Au contraire, procéder de la manière que nous avons indiquée , c'eit apporter à l'esprit la nourriture qu'il désire, c'est ajouter aoi appétits intellectuels les sentiments qui leur sont natureilemtft associés, l'amour-propre et le besoin de sympathie ; c'est amener par la réunion de tous ces motifs une intensité d'attention qii procure des perceptions fortes et complètes ; c'est aussi habituer l'esprit dè« le commencement à s'aider lui-môme, habitade qu'il conservera toute sa vie, »