‹ Pédagogie à l'usage de l'enseignement primaireChapitre 58 sur 206 · I.*ATTS1ITK)N H · texte numérisé non relu

I.*ATTS1ITK)N H

^thigaè des antres «n^adts, r^iypoite à 9fn^>ailèmè te qn^i fait, ce qa'ii dit, ce qu'il voit. Tel est le jeu nie deux faciMéii inMleetntiites dont nous svons déjà parlé : la perception exténenre) et la eonseiencepsychologiqae eu sens nAîme. De là M -vieimefit ses premières idées, ses premières notions, nos les ^jets qui rentourent et'qm tomimnt sous ses sens rîntéressent, p^as il y est fltteiAif; pins il est «ttenlif, mieux 3 se soutient; pea à peu, il slia!bitae àréfMcliir, t eomparer, il jnge, il raisonne; le nombre de ses idées s^weeroK, il Tangmente en en formant )ai-même ée nonrenes; son intstlîgence est en aete sous toutes ses formes et dans toutes ses opérations Et tout cela, sans qu^on le lui dise, naturellement, fatalement; il pense comme 3 respire et fi lui serait au;»i impossible de ne pas penser que de ne pas respirer. Watt ^nt donc que 1^ prétend qu'il y a un art de penser, elt que Ton peut apprendre à penser? LVnfant a des pieds et des jambes, et il les fait mouToir tout seul; mais il ne marche que quand on hii a appris à marcher. Ainsi de Hutelligence. Elle existe^ elle fonctionne spontanémeiït; pour qu'elle soit réellement la faculté de connaître, la faculté qui nous met en possession de la vérîté et de la science, Û faut qu'elle soit aidée, dirigée, cultivée. Il y a une éducation intellectaelle comme une éducation physique. Nous avons déjà eu roccasion d'étudier, à propos des sens, la première forme de cette éducation, et nous avons TU comment les premières connaissances de l'enfant lui viennent & Toecasion et à la suite de ses diverses sensaftions. Nous allons nous rendre compte des autres manières qu^îl a de s'instruire, en passant en revue les autres opérations de l'intelligence.

XJn enfant, tranquille sur les genoux de sa nourrice ou dans 'ton beMeaii, seoabie isolé du monde extérieur et indifiîérent à ce qui l'entoure; soudain le ^tnige s'imime, le regard s'édaîre et se fixé, la tète se dresse, le corps tout entier semble vouloir ^e diriger vers un objet et toutes les puissances de l'esprit s'y eoninali m w aoiil les signes exièrieun de i'atteiUiou, aucune mère ne s'y trompe, aucun instituteur ne s'y trompera, ear ils se pro- * duiront plus tard chez l'élève comme chez le nourrisson.

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L'attention est donc bien nommée : c'est la tension de Tesprit qui se porte vers un objet ponr Tobsenrer, l'étudier, le connaître, ou qui s'applique à un acte pour le bien accomplir; elle se manifeste dèÎB le début de la yie. M. Dwwin i a noté que les yeux de son fils se fixèrent sur une bougie allumée dès le neuvième jour, et que jusqu'au quarante -cinquième aucun- autre objet ne parut les attirer au même degré; mais, le quarante-neuvième, son attention se porta sur un gland de couleur voyante, comme rindiquaient la fixité de son regard et la soudaine immobilité de ses bras. Ici, nous saisissons le caractère primitif de Tattention, qui, entrant spontanément enjeu comme toutes les facultés, est d'abord involontaire : Tesprit s'attache à un objet, mais non par choix; c'est l'objet lui-même qui s'est imposé à l'attention de l'esprit, au point que le sujet observant parait moins s'iq>partenir qu'appartenir à l'objet observé ; il y a une réaction intense mais passive, une attraction plus ou moins consciente, on dirait presque une fascination de l'être attentif par l'objet d'atteation ^. C'est ce que Bossuet' désigne sous le nom d' « attention forcée », et il ajoute avec raison r « Ce n'est pas là toutefois ce que nous appelons attention; nous donnons ce nom seulement à l'attention où nous choisissons notre objet pour y penser volontairera,ent. »

L'enfant est de bonne heure capable de cette attention-là. Regardez-le lorsque, vers un an, il commença à essayer de marcher ; il s'aide de ses mains, au point de ne pas dédaigner entre temps la posture du quadrupède; il s'aide des meubles à sa portée, fait avec des précautions infinies le tour d'une chaise, se baisse avec les mêmes précautions pour s'asseoir sur le plancher, se relève avec plus de peine encore : certes, il dépense dans le laborieux accomplissement de ces actes une somme d'efforts réfiéchb et volontaires, c'est-à-dire d'attention, plus grande que celle qui est nécessaire à l'équilibriste pour s'avancer sur la corde raide.Peu àpeu,

1. Les débuts de Vintelligence, esquisse biographique d'un petit enfant (dans la Rmnte Scientifique da 14 ^'aillet 1877).

2. M. Pérez, Ouvrage dtéf ch. vi, p. 87 : « Je comparerais volontiers l'enfant attentif à ce ieune chat, qn'un objet brillant on une proie guettée retient plus ou moins longtemps immobile, le cou tendu, les pattes serrées contre terre, le corps ramassé, Tœil dilaté, la lèvre supérieure légèreme&t arquée, comme rivé à l'objet de sa convoitise. »

«S. De la connaissance de Dieu et de soi-même^ ch. ni, § 17.

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Tobjet de Tattention change de nature : il devient plus élevé, moins direetemeirt intéressant; il se spirîtualise, pour ainsi dire; M. Egger *■ cite le fait suivant. Le petît-fils d'un mathématicien de ses amis av^it deux ans et demi environ; son grand-pére voulait lui apprendre à compter : tm, deuœ, trois, gtiatre, etc. Plusieurs fois de suite Tenfant s'arrête à trois, et dit ; « Je ne peux pas ,» puis continue quatre, cinq, etc. Il a donc rencontré dans l'usage des organes une résistance pour le son complexe du mot trois. On lui promet une récompense, un jouet qu'il désire fort quand il aura prononcé trois, et on le laisse trânquiUe. Quelques jours se passent; un matin, le grand-pére entend l'enfant qui, dans un coin de la chambre, s'essayait à dire trois; puis il le voit venir tout heureux de le prononcer nettement et de pouvoir réclamer le prix de son effort.

Volontaire on involontaire, l'attention, est toujours, à son début, provoquée par la sensibilité '; son énergie est en raison directe de la vivacité des sensations ou des sentiments éprouvés ; d'où il suit que les enfants les plus impressionnables sont, à cette période, le plus facilement attentifs. Il ne faut pas en concture qu'ils seront, à l'école, les plus intelligents, les plus faciles à instruire. L'enfant impressionnable éprouve un trop grand nombre de sensations différentes et se succédant trop rapidement pour que son cerveau en soit affecté d'une façon durable ; elles ne font que passer et il reste à peine de leur passage une trace fugitive. De là une habitude d'attention prompte et éparpillée, insuffisamment accordée à toute chose, très proche voisine de la dissipation de l'esprit, qui est tout l'opposé de lattention; des idées vagues, des notions superficielles, des jugements hâtifs, et en même temps une tendance à parler beaucoup. Défauts sérieux, mais qui se présentent avec un tel air de grâce précoce et d'aimable ingénuité, qu'on y est souvent pris et qu'on les laisse croître an lieu de les arrêter dans leur germe. Les « jolis enfants », comme Fénelon * les appelle par métaphore, flattent

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