Pédagogie [microforme]
Conférence sur l’uniformité de l'enseignement, par J, B, Cloutier, au Congrès pédagogique de Montréal,
Monsieur le Président, Monseigneur, Mesdames et Messieurs,
Ce n’est pas sans hésiter que j'ai accepté la tâche diflicile et onéreuse d’adresser aujourd’hui la parole à cette intelligente assemblée, mais j'aurais cru faillir à mon devoir, manquer aux convenances en refusant la gracieuse invitation que m'en a faite M. le Surintendant au nom du comité d'organisation de ce congrès. Cependant je n'ai pas compté sur mes faibles ressources, mais sur votre induigence dont j'ai maintenant un si grand besoin,
Le sujet dont je viens vous entretenir quelques instants vous est déjà connu, puisque le programme officiel en fait mention, et sans autre préambule j'entre immédiatement en matière,
Depuis vingt-ciuq ans, tous les hommes bien pensants qui, de près ou de loin, se sont occupés de l'avancement de l'instruction publique en ce pays, ont été unauimes à reconnaitre que, sans uniformité, il était impossible d'appuyer notre système scolaire sur une base solide et durable, Deux homines dont les talents et les aptitudes sont connus de vous tous
deux hommes que le pays a placés avec |
orgueil à la tête de l'instruction publique, ont travaillé avec ardeur et persévérance à la solution de ee difficile problème:
leurs conseils à la législature, leurg cireu-
‘t vus
laires aux inspecteurs et aux commissaires d'écoles, leurs avis aux instituteurs et aux institutrices ont toujours été dirigés en ce sens, Vous avez déji reconnu dans ces deux hommes, les Honorables MM. Chauveau et Ouimet, qui ont acquis des droits indéniables à notre respect et à notre vénération.
Malheureusement, leurs efforts n’ont pas été conronnés d’un plein succès, de sérieux obstacies, quine pourront s'aplanir qu'avec le temps, se sont toujours
opposés à la réalisation de leurs louables
desseins ; et c’est avec regret que nous déplorons encore aujourd'hui la grande disparité qui existe dans notre système éducatif,
Oui, messieurs, les obstacles sont nombreux, diflciles à surmonter, et ce n'est que par notre patience, notre bonne voe lonté que nous parviendrons à les vaincre,
Mais cet état de choses ne doit pas nous étonner, puisque nous savons qu’un très grand nombre de nos écoles de la campagne sont encore dirigées par des mains inhabiles, par des personnes qui, après des études plus ou moins sérieuses, ont obtenu un diplôme de certains bureaux d’examinateurs trop faciles, trop complaisants, et sont entrées dans l’enseignement sans préparation préalable, sans aucunes connaissances pédagogiques. Quel résul.
tat attendre, qu'elle uniformité peut-on obtenir duris ‘de : parëilles circonstances,
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