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Avec les plus heureuses dispositions, la meilleure volonté du monde, l’on ne sau rait arriver qu'à des succès bien mé diocres,.
Nemo dat quod non habet.
Impossible d'enseigner avec méthode et d'une manière rationnelle sansavoir fait
cher au hasard, dans le vague et lim.
prévu. [l est bien vrai pourtant que certains sujets, doués de talents réels pour l'enseignement, réussissent quelquefois à opérer des progrès, mais ces cas sont tellement rares qu'on peut facilement les compter. On dira peut-être que les inspecteurs dans leurs visites peuvent remé.
dier au mal, en initiant les instituteurs et les insticutrices qui manquent de prépa ration aux meilleures méthodes, aux pro cédés les plus rationnels. Mais n’oublions pas que ces fonctionnaires ne font que deux visites parannéeet n’ont à consacrer à chaque école qu'un temps fort limité ; que tous leurs bous conseils, leurs instructives leçons ne sauralent remplacer les études pédagogiques indispensables à tout bon maitre d'école. Adinettons même qu'à force de zèle, de dévouement, de persévérance, ils parvinssent à créer dans leur district une certaine uniformité, leur œuvre ne pourrait être durable, car linstabilité des instituteurs — conséquence malheureuse de l’incurie, de lesprit étroit de commissaires ignorants et prévenus viendrait bientôt paralyser des résultats obtenus au prix des plus grands sacrifices, des plus pénibles labeurs. En effet, n'estil pas vrai que chaque année l'inspecteur trouve dansles écoles de nombreux changements ? Tel instituteur a été déplacé parce que MM. les commissaires ont rencontré une incapacité qui s’est engagée au rabais, tel autre a été victime d’une machination politique ; ici Ge st uné ins
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de ces intéressantes et
[titutrice, bien qualifiée pourtant, qui a
dû faire place à la nièce ou la protégée d'un commissaire où de l’un de ses amis ; là, c'en est une autre qui, pour un établissement avantageux,a cru devoir abandonner son poste ; enfin, pour uné cause où pour une autre, déplacement, change-
[ment surtoute la ligne, et l'inspecteur est de la science pédagogique une étude
spéciale ; autrement on ne peutque mar-
obligé de recommencer de nouveau son travail pour arriver toujours à des résule tats négatifs.
Un autre obstacle non moins sérieux, c’est l'impossibilité où se trouve la masse de la classe enseignante d'assister aux conférences. [n’y a dans le pays que deux associations d'institnteurs, qui tiennent leurs réunions à Montréal et à Québec trois fois par année, et encore les dames n’ont pas le droit d'y assister, Or, rappelons-nous que les neuf dixièmes de nos écoles sont tenues par des institue voilà douc la grande partie de la famille enseignante privée de l'avantage de ces utiles réunions, Je me permettrai de fuire remarquer en passant que je ne vois pas pourquoi les femmes sont exclues instructives assemblées, tandis qu'en Europe elles y figurent au premier rang. En France, en Belgique, en Suisse, en Italie, les institutrices occupent dans les conférences une place fort distinguée; elles y donnent, comme les hommes, des leçons pratiques,
trices ;
| font des lectures, prennent part aux dis-
eussions, et cela sans le moindre inconvénient, Pourquoi n'en serait-il pas ainsi chez nous? Il est bon d'attirer l'attention des autorités sur cette importante ques tion. (*)
Quand aux instituteurs, un tiers environ assistent aux conférences; les autres
(*) J'entends par les autorités, Nos Seigneurs les ivêques, les autres membres du conseil et l’Hono- “ski Surintendant de l’Instruction publique.