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notre organisation pédagogique devrait être confiée à des hommes de métier, à des hommes d'école, Ils prépareraient sous Jn direction et ln surveillance de M, le Surintendant, tonteé les mesures concernant les réformes à opérer, et leur travail serait soumis ensuite à l'opprobntion du Conseil de l'fnstruction publique, La première mesure dont ils devraient s'occnper serait la réduction d'un pro.
ramme d'études, mais d'un programme asé sur les véritables principes ; c'est à dire qui aurait en vne la culture, le développement des facultés de l'âme. Ce programme pourrait être avantageuse.
ment calqué sur celui dun département de la Seine auquel il ne faudrait faire que de légères modifications pour le rendre applicable à ce pays, Car, c'est un travail où les choses sont tellement bien coordonnées, que la même jour et à la même heure, la même partie d’une ma tière est enseignée dans toutes les écoles du département ; de sorte que le change ment d'école n'occasionne à l'élève ‘i retard, ni perte de temps! 11 va prendre dans la nouvelle école où il entre la mêine place qu'il occupait dans celle qu'il vient de quitter. C'est bin là ce que l’on peut appeler la véritable uniformité,
La revision du programme des Bnreaux d'examinateurs viendrait en second lieu, Les candidats qui demandent un diplôme à ces bureaux devraient être mis sur le même pied que les normalistes,
nand aux connaissances de pédagogie éoriqe et pratique. On pourrait peutêtre exiger d'eux un peu moins d'Histoire de Géographie et d'anaiyse; car celui qui connaît l’art d'enseigner peut toujours par le travail se mettre en Ctat de commaniquer aux autres, n'importe quelle branche d'instruction, pourvu qu'il veuille l'étudier sérienseinent, et c'est en Ce sens qu'il faut interpréter cette maxime de Jacotot : On prul enseigner ce que l'on ignore.
Une troisième mesure dont la nécessité s'hnposerait d'elle même aux comité d'organisation sert d'aviser aux moye:!s de fournir aux institutrices actuelleinent en fonction, et qui n'ont pas eu l'avantage d'apprendre à enseisuer, l'occasion de s'initier aux meilleures méthodes au.
jourd'hni en usage. À cet effit, il faudrait instituer, dans les campagnes, des conférences pedagogiques analogues à
celles qu'on a données aux cultivateurs
ss. 1° :
dans ces dernières années, Mais ces con férences devraient avoir un cnractère tout à fait pratique : ce seraient plntôt des leçons données aux enfants devant les institutrices de plusieurs paroisses réu.
nies, que des discnssions dont elles ne retireraient aucun profit, Et pour plus d'uniformité, cos leçons seraient prépa.
rées d'avance et soumises an comité central d'organisation. Eufin, une quutrième mesure serait de conseiller aux commissaires d'écoles d'exiger que toutes les institutrices reçussent an moins un journal pédagogique. Car, on conçoit, que les deux visites de l'inspecteur et une conple de conférences par année seraient insuffisantes pour familiariser, des personnes qui n'ont jamais entendu parler de pédagogie, avec les bonnes méthodes ; mais si elles avaient l'occasion de lire deux fois par mois, dans leur journal, les mêmes choses qu'elles ont entendues de la bouche de l'inspecteur où du couté.
rencier ; si elles y trouvaient les mêines leçons qu'elles ont vues donner devant elles, il leur serait facile alors de se les asshniller et de Les douner ensuite à leurs élèves avec prolit,
Voilà Messieurs, les quelques idées pratiques que j'ose soumettre humble.
ment à votre sériense considération, et je crois avoir suflisimment démontré, dans le cours de cette conférence, que chez tous les hommes profonds, sérieux, qui par devoir et par état se sont entières in nt voués à la belle et noble mission d'instruire la jeunesse, il y a eu commu nauté de vues, qu'ils sont tombés d'accord sur le point essentiel, c’est à dire qu'ils ont compris que pour cultiver avantageuse.
ment les facultés de notre intelligence, il est nécessaire, indispensable de teuir compte de l'enveloppe qui l'accompagne, et qu'avant d'arriver à l'immatériel, à lab.
straction, il faut auparavant acquérir des idées concrètes au moyen des objets sen.
sibles que le Créateur a seinés avec pro.
fusion sur nos pas. Quant à nous, insti.
tuteurs canadiens, si nous voulons véri.
tableinent opérer des réformes et marcher dans la voie du progrès, nous devons suivre la route que nous ont tracée les grands maîtres en nous rattachant de plus en plus aux principes qu'ils ont posés, C'est là le seul moyen que nous puissions prendre pour obtenir l’uniformité dans l'enseignement