PROCÉDÉS
Nous empruntons au /ournal des Instituteurs la marche à suivre dans l’enseignement du dessin : ‘
Pour établir une série rationnelle d’exercices de dessin, les maîtres devraient s'inspirer de ce qu’ils font pour l’enseignement de l'écriture. Dans cette dernière étude, ils font eommencer l'enfant par les éléments des lettres : pleins et déliés (correspondant aux lignes pour le dessin), puis il le font passer aux lettres groupées par analogie, de façon à utiliser les éléments déjà étudiés et à faire servir chaque leçon à la préparation de la suivante (à ces lettres isolées, répondent en dessin les figures géométriques) ; enfin viennent ïes applications : mots, phrases, etc. (ce serait, en dessin, la reproduction des objets ou ornements divers). Nous aurions ainsi, dans l’enseignement du dessin : l'étude des éléments, l'étude des formes simples de la géométrie, en®n l'étude des formes plus compliquées äe la nature et de l’art.
Lies éléments du dessin, ce sont les lignes : mais il y a une différence considérable entre la difficulté de reproduire les lignes régulières de la géométrie et les lignes capricieuses de la nature ou de beaucoup d’objets fabriqués ; l’enseignement au début reposera donc exclusivement sur la géométrie.
Un semblable examen des lignes régulières, droites et courbes, fera placer ces dernières après l’étude des lignes droites.
Dans celles-ci, la difficulté varie avec la position et la longueur des lignes. Les obliques sont plus difficiles à exécuter es les horizontales, celles-ci plus difficiles que les verticales (les opinions peuvent d’ailleurs varier sur ces points secondaires) ; enfin une longue ligne est plus malaisée à tracer qu’une ligne courte.
La ligne verticale d’une faible longueur, tel est donc l'élément par lequel il faut aborder l’enseignement du dessin.
Rappelons qu’avec cet élément, on doit exercer la main, en le lui faisant exécuter un certain nombre de fois ; exercer l’œil, en lui faisant apprécier des rapports simples entre ces diverses lignes, enfin cultiver le goût en produisant un ensemble d’aspect agréable.
Le rapport le plus simple à établir entre ces verticales est naturellement le rapport d'égalité, et on obtiendra un tout joli, en COuvrant, avec ces éléments égaux et également espacés, soit un Carré, soit un rectangle, soit un losange bien
choisis,
À ses premiers dessins, succéderont des exercices composés de deux sortes de lignes verticales, les unes doubles des premières, d’abord également espacées, puis placées à des intervalles doubles, On Constitucra de semblables séries d'exercices avec des lignes dans le rpport de 1 à 3, de 1 à 4, de 1 à 5, etc.
Au fur et à mesure fant nouveau ra pi i de façon à €
disposer ces lignes paces bien ch rvant les lois de la symétrie, on obtient un able d'exercices.
où lentemen adoptés.
À l'étude des verticales succèdera l'étude des horizontales, d’abord égales et égalcnent espacées, puis doubles, triples, etc., d’après les principes indiqués pour les verticales.
Les horizontales combinées avec les verticales donneront ensuite de très nombreux exercices où les effets décoratifs de la symétrie et de l’emploi des rapports simples, seront de Plus en plus frappants.
lus
à gauche),
e avec les
Puis avec les lignes.
Si l’on remarque qu’au fur et à mesure que l’élève progresse dans cette partie du programme, on peut donner aux lignes des épaisseurs diverses, qu’on peut employer des hachures verticales, horizontales, ou à 450, pour faire ressortir certaines parties d’un ensemble, qu’un peut utiliser parfois les crayons de couleur pour une partie du travail, on se rendra compte du nombre considérable d'exercices qu’on peut réaliser avec des lignes droites.
Ces exercices représenteront à l’occasion des réalités, comme des carrelages, des mosaïques, ou des objets dont la vue de face dérive de formes pe comme des barrières, des balcons. Lorsque les proportions observées entre les lignes de ces objets auront été étudiées dans les exercices plus haut indiqués, le dessin de ces objets viendra naturellement comme application de ces exercices théoriques.
Les détails qui précèdent dispensent de continuer à indiquer minutieusement des exercices possibles avec les courbes géométriques. Les éléments successivement abordés : quart de circonférence, demi-circonférence, circonférence, ellipse aux axes doubles, triples l’un de l’autre, etc. seront traités ccmme les lignes droites, se combineront entre eux, comme aussi avec les droites, pour donner des exercices de la plus grande variété ; naturellement, le maître ne retiendra des diverses combinaisons possibles que celles qui répondent à son but principal, la formation du goût chez l'enfant.
Chemin faisant, et plus encore qu'avec les lignes droites, on rencontrera, comme application le dessin d'objets usuels, qui par leurs dimensions respectives, s’inscriront au milieu des exercices théoriques.
Lorsque les élèves auront ains. parcouru toute une série d’exercices basés sur la géométrie, il est à croire qu’ils seront arrivés à une certaine habilité dans l’appréciation des rapports, dans le tracé et la division à vue des lignes. On peut alors les amener à insérer, dans ces croquis géométriques, qu’il sont habitués à tracer, les formes plus libres de la nature ou des choses matérielles.
qu compliqué, en effet, que soit un ensemble à exécuter, il faut que le dessinateur sache y retrouver un petit nombre de lignes directrices, et fixer les rapports de ces lignes auxiliaires: tantôt un axe vertical et quelques horizontales, tantôt plusieurs axes divergents, parfois une figure enveloppante, donnant le canevas très net sur lequel
na A de
devront se surperposer les lignes du dessin. Il Y a lieu de se Montrer exigeant Pour l'établissement bien exact de cet esquisse, et de ne jamais laisser achever une Partie du travail avant que l’ensemble soit convenablement mis en place.
Les élèves ont ainsi passé insensiblement des exercices géométriques au dessin d'objets simples présentés sous La face qui en donne l’idée 1 plus exacte, Pour les amener au
in géométral Proprement dit, il suffira, après leur avoir fait dessiner l ation, une chose, de leur
i Jupe, et de eur montrer comment on dis ces trois représentations d’une même chose,
Il convient de mettre t
rer la gradat; plus haut p
Après avoir rep seront exercés à |
en dessin, b rver, et à appli spécial des règles que le maître ue peut appuy semblable pour toute la classe.
Pour ces raisons, l'étude de la Perspective, comme le maniement des instruments, Paraît devoir être reportée au cours modèle, et se trouve ainsi sans intérêt Dour Un grand nombre d'écoles,
Ainsi guidé que maître Pourrait, sen ices de dessin i oir utiliser quelques-
8 “ Méthodes de des-
? la place à leur assi-
r’en pas rompre
exercices d’ap auxquelles ge «
essin vers l'i Pagne, on se préseet i r le plan d’une propriété, de tracer le croquis d’une exploitation agricole, d’un Instru-
ment aratoire. A nn autre point de vue, les dessins exécutés dans une école de filles ne sauraient être toujours les même. que ceux d'une école de garçons: pour les premières,on aura souvent des exercices préparant au travril manuel : festons, motifs de broderie, de tapisserie, feuilles-fleur: utilisées dans l’ornementation, etc.
Marche à suivre dans une leçon de dessin.—En règle générale, le maître trace au tableau noir, avant la classe, le dessin qu’il veut faire reproduire, ou dispose l’objet qui doit être dessiné.
Au début de la leçr:, 11 fait analyser ce modèle par les élèves, en les amer unt à découvrir les lignes de construction et les rapports «: ces lignes; au fur et a mesure que se fait l'interprétation d1 dessin, le maître en trace de nouveau au tableau noir ies lignes principales, dans l'ordre où les élèves doivent les exécuter ; mais il se borne au tracé indispersable pour que la classe ait saisi la marche à suivre dans la reproduction du dessin.
Exceptionnellement, le maître se contente quelquefois de cette ébauche faite en présence des élèves ; c’est, par exemple,
lorsque le dessin achevé aurait une apparence compliquée, rendant l'analyse difficile à suivre, bien que la construction en soit très élémentaire. Parfois aussi, surtout avec les débutants, le maître n’exécute le dessin que sous les yeux des élèves, au fur et à mesure qu’il en fait explication et que les élèves travaillent avec lui, soit sur l'ardoise d’abord, soit directement sur le cahier.
Pendant que les élèves exécutent le dessin, le maître circule près des tables, veillant à la tenue du corps, du papier, faisant des observations particulières, donnant rapidement l'exemple à un élève peu habile, et souvent faisant des observations générales appuyées de démonstrations au tableau noir.
La correction a lieu, autant que possible, en présence des élèves : elle se borne a faire découvrir des fautes ‘.-n8 les proportior :, dans le tracé des lignes, et à signaler ies mu; sus de corriger ces fautes. Il y a souvent profit à faire recnminencer,
après ces observations et ces retouches de détail, un ‘less'n trop imparfait. .
Dans les écoles à un seul maître, il est impossible de songer à faire une leçon commune, à demander aux commençants d'exécuter le même exercice qu'aux élèves du cours moyen ;
mais deux exercices suflisent d'ordinaire, l’un Pour le cours réparatoire et une partie du cours élémentaire, l'autre peur É reste de la classe. Le maître explique d’abord Je modèle donné au moyen, et met les élèves à l'œuvre ; il passe ensuite
xième cours, et procède comme il a été dit plus haut.
Cepen ant, il est possible de donner parfois un seul modèle
à toute la classe, et d'augmenter ainsi Je temps consacré à l'exécution Proprement dite, I] Y à, en eflet, des exercices qui forment un tout à diverse leur achèvement. Le maître trace les n semblable exercice.
ettous les élèv 4 ; il urrète le travail j il j i iment compliqué avancés, il y ajoute de nouvelles
du cours méyen Peuvent réaliser.
Il est bien entendu que, dans les écoles où plusieurs cours travaillent ensemble, les élèves ne reproduisent pas, plusieurs années de suite, la même série d'exercices, Il est facile, avec les indications qui ont été données plus haut, de varier ces exercices, de façon que les élèves y trouvent, chaque
année, un intérêt nouveau,
Le même intérêt sera entretenu par des modifications accidentelles à la marche indiquée ci-dessus. Rappelons que les divers exercices de dessin sont présentés aux élèves, moins
r valeur propre, que comme moyens de {es munir
ionnelle d'analyse des jormes. Il est donc
nécessaire de s'assurer, de temps à autre, si les élèves retien-
nent les principes de cette méthode, de se rendre compte où ils en sont dans l’art de reproduire une forme quelconque.
C’est dans ce but qu’on fera, de temps en temps, reproduire de Mémoire un e é précédemment; C’est pour cela aissera parfois livrés à leurs propres forces en ou d’un modèle tracé au tableau noir, mais a i précédent. Pareil rés ü ncore en dictant le tracé d'une fiqure au lieu de l’exécuter au tableau : on demandera, par exemple, aux élèves d'établir un recta longueur soit double de la hauteur, de divi en 4 parties égales, cette hauteur telautre,etc. Ce dernier exercice i èves, en même temps qu’il leur procure le de voir se dégager Peu à peu une forme n’annonçait,
Il est même utile d'aller plus loin; on n’apprend pas à dessiner seulement pour produire des formes existantes ; il est désirable qu’on soit en état d’en produire de nouvelles. La série des exercices indiqués plus haut a, entre autres avantages, celui de mettre les enfants en état d'imaginer de bonne heure des exercices analogues à ceux qui leur sont proposés. Comme ils aperçoivent facilement les principes qu’applique le maître en les composant, ils peuvent sans peine ajouter un nouveau détail à un dessin donné, orner avec un thème déjà employé une surface nouvelle, ou même abandonnés à leurs propres forces, composer un sujet analogue aux exercices récemment traités par eux. En faisant parfois exécuter par toute la classe un dessin heureux imaginé par un élève, on stimulera encore l'invention, à laquelle, d’ailleurs, l'enfant est naturellement porté.
Procédés particuliers. —Pour tous ces exercices, le cray yn est l'instrument habituel. Pour les débutants, c’est le crayon tendre appreprié à l’usage de l’ardoise ; il doit être long ou enfermé dans un porte-crayon.
Plus tard, c’est le crayon de plombagine, assez tendre. Il faut aussi qu’il soit long, toujours bien taillé, et que les doigts bien allongés le tiennent loin de la pointe.
Pour le tracé d’une ligne, le crayon ainsi tenu doit glisser légèrement sur le papier, et procéder par traits courts et fins. Il est essentiel de ne jamais laisser appuyer sur le papier ou sur l’ardoise, et de ne jamais laisser faire en une seule fois une ligne de plus de 2 ou 3centimètres. L'expérience prouve qu'avec de la vigilance, on mène assez vite les élève à produire des lignes régulières, donnant aux exercices un aspect agréable, ce qui est indispensable pour que les enfants s’y intéressent.
Il n’y a pas lieu toutefois de proscrire absolument l’emploi de la plume ; ce dernier instrument permet de donner plus de netteté et de fini à certains dessins : il peut être une récompense pour l'élève soigneux qui sera autorisé À passer à l'encre un dessin suffisamment parfait.
On obtiendra parfois le même résultat en faisant employer exceptionnellement le crayon de couleur, ou en admettant l'application du pastel sur certaines rarties du dessin,
L'ardoise rend de grands services dans l’enseignement du dessin : les enfants de l’école maternelle, de la classe enfantine, et:même, au début, ceux du cours préparatoire, n’utilisent
guère que l’ardoise,
exagérée, à ce lenteur. I ire lse contracter à ésuitats en dessin,
Lorsque les élèves emploient le papier, l’ardoise est encore utilisée pour £squisser rapidement une partie d’un dessin, ou Pour reproduire de mémoire un exercice déjà fait.
Le papier quadrill il permet aux
débutants d’exécut s exercices formés
i dessins réguliers et
empêche les jeune. élèves de se
a difficulté de la tâche et l’imperfection du
Mais comme il dispense de diviser Jes lignes comme
ution, comme i] gâte même l'effet
e par la persistance du quadrillage sous le dessin
obtenu, il doit être Proscrit dès que l’enfant a acquis quelque sûreté de main.
De bons professeurs rejettent même absolument l'emploi
du quadrillage pour le dessin.
On est donc amené de bonne heure, sinon dès le début de la scolarité, à adopter un cahier spécial de dessin, sans aucune réglure. Comme les élèves dessinent surtout au crayon, le le meilleur papier à choisir est le papier non glacé et légèrement teinté : le crayon Y marque facilement, et les traces de l'emploi de la gomme y sont moins visibles ; le format des cahiers ordinaires est suffisant pour la majorité des écoles : un Cahier plus grand rendrait des services dans les cours moyens et supérieurs (modèles et académiques) des écoles nombreuses.
n partie égales :
s de sa feuille, une pe rpendicu é; c’est avec c qu’il goût un dessin, proportions, soit dans la feuille entière, soit dans l’une des moitiés ou des parties égales plus petites de cette Luille , c’est sur le même axe qu'il porte les principales dimensions de l'exercice à exécuter Un double-décimètre, où une simple bande de papier, peut être employé pour faciliter la mise en place d’un essin; mais aucune ligne ne doit-être tracée sutrement qu’à la main, ‘
Les cahiers préparés avec modèles ont quelques avantages : l'enfant y voit, dans de bonnes conditions, le modèle à reproduire ; mais l'exécution qu’il en fait, souvent facilitée démesurément, risque d’être purement machinale. Cet inconvénient, et d’autres qu’il est facile d’apercevoir, ne permettent pas de recommander l'emploi, d’ailleurs dispendieux, de ces cahiers.
Les modèles gravés de grandes dimensions peuvent rendre des services : ils se prêtent à l’enseignement collectif, ils offrent aux élèves une exécution parfaite de l'exercice à imiter ; ils suppléent à l’inexpérience de certains maîtres dans l’art du dessin, sans, toutelois les dispenser jamais de la leçon spéciale.
Mais si l’on se procure une collection de ces modèles muraux, il ne faut pas s’astreindre à la suivre servilement. L’instituteur doit profiter des modèles qu'elle ofire lorsqu'ils s'adaptent à la marche générale adoptée pour sa classe, mais les écarter quand ils sont trop difficiles ou mal conçus, en substituant à ceux qu’il ajourne des exercices plus heureux. Il est bon aussi qu'il intercale des modèles de son invention entre ceux qu’il possède, de manière à perfectionner sans cesse la série des exercices à faire exécuter par ses élèves.
QUESTIONS
Quelle est l'importance de l'étude du dessin? Quel est le but de de Pen-eignement du dessin? Comment le dessin pourra-t-il atteindre son but? 1, Que disent les Règlements du Comité catholique relativement à l’enseignement du dessin? 2. Que doit foire l'instituteur pour établir une série rationnelle d'exercices de dessin? Quels sont les éléments du dessin? Si l’instituteur remarque que les élèves connaissent suffisamment l'étude des lignes que doit-il faire? Indiquer comment les élèves doivent passer insensiblement des exercices géométriques au dessin d'objets simples et de là au dessin géométral? Lorsque les élèves ont représenté les objets tels qu’ils sont, que doivent-ils faire? Dans l'enseignement du dessin l’instituteur doit-il tenir compte du muieu où vit l'enfant? Résumez la marche à suivre dans une leçon de dessin? Indiquez quelques procédés particuliers.
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