ARITHMÉTIQUE
L'étude ‘de l'arithmétique développe toutes les facultés, mais son but particulier est d’habituer Pintelligence à raisonner juste.
Le maître doit donc s'adresser plus particulièrement à la raison, suivre la méthode et employer les procédés propres à cultiver le raisonnement. C’est ce qui ne se fait pas très souvent. On s'adresse surtout à la mémoire.
Nous allons indiquer ce qu'il faut faire, année par année, pour se conformer à l'esprit et à la lettre du programme du comité catholique.
Première année.—Le programme d’études exige qu’à la fin de la 1ère année les élèves aient une connaissance des nombres jusqu’à 100,—qu'il soient capables d’additionner et de soustraire des nombres de deux chiffres,—qu'ils possèdent les tables d’addition et de soustraction et qu’ils aient acquis Zou/e cette science au moyen du calcul mental,—une somme de connaissances très considérable si on se rend exactement compte de ce qui est demandé.
Nous allons indiquer en peu de mots comment on développe chez les enfants l’idée des nombres de un à cent,—comment on leur enseigne à représenter ces nombres,—à les lire,—à les decomposer, enfin comment doivent être apprises les tables d’addition et de soustraction.
L'école doit être pourvue d’un tableau noir, de craie et d’un boulier-compteur.
Le mot calcul dérive d’un mot latin qui signifie caillou. Cette étymologie nous apprend qu’on a primitivement compté avec des cai//oux.
Il est difficile, en effet, d’avoir une idée précise des nombres sans les rapporter à des objets pouvant être réunis ou séparés à volonté.
“ L'addition est la base de la numération et de tous les calculs.
Les noms de nombre ne diraient absolument rien à ceux qui n'auraient jamais compté soit des cailloux, soit des points, soit des boules, soit d’autres objets ayant de l’analogie entre eux et pouvant chacun être pris pour unité.
Ce n’est pas faire compter les enfants que de leur faire réciter des tables d’addition. Un enfant qui dit imperturbablement trois et quatre font seps, n’a aucune idée des nombres trois, quatre et sept, s’il n’a été exercé à compter des objets réels. Si vous demandez à un enfant qui chante parfaitement les noms de nombre, de vous montrer un mot de trois ou de quatre lettres de son alphabet, il sera fort embarrassé. Il n’écrira Pas sans se tromper sept fois la lettre z au tableau noir.
L'observation des objets réels conduit à d’autres résultats. Si l'enfant sait déjà compter un à un jusqu’à dix seulement, vous pouvez lui demander combien font trois et quatre, Maïs avant de lui permettre de répondre, faites lui compter trois boules, puis quatre ; qu’il les réunisse et les compte de nouveau ; répétez alors la question, il vous répondra : sept. De cette manière, l'élève n’acquiert pas seulement une notion exacte, mais il trouve l'indication d’une voie sûre à suivre et il la suivra. Les enfants ne se payeraient pas de mots si les maîtres ne confiaient à leur mémoire que des vérités bien démontrées et bier: comprises.
Conclusions pratiques :
LA
1. Développer, chez Pélève, une idée nette, exacte, de chaque nombre, AU MOYEN D'OBJETS ; lui montrer ensuite le signe où chiffre qui représente le nombre ;—°es/ aller du concret à l'abstrait ;
2. Faire comprendre d’abord, apprendre ensuite, —au lieu de faire apprendre d’abord ct de se fier au temps pour faire comprendre ,