‹ Pédagogie pratique et théorique [microforme]Chapitre 127 sur 187 · PRINCIPES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX

L'histoire doit instruire l'esprit et former le cœur. Elle instruira si le maître raconte lui-même les faits remarquables en ayant soin d’en indiquer

les causes et les conséquences, de les enchaîner uns aux autres, de les localiser au moyen de ia eme géographique, d’en préciser les dates et expliquer en décrivant les mœurs, les itimes, le progrès des arts et des lettres, “olitique et religieux de l’époque. Ce ii -'après ce travail du maître que l'élève dev'e apprendre sa leçon dans le manuel. Il est voi: même d'exiger que les enfants répètent à leur manière l’enseignement du maître aussitôt après que celui-ci a donné oralement la leçon. On ne devra exiger la récitation littérale du manuel que des enfants qui seraient incapables sans la lettre, de rendre compte convenablement de la leçon.

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P our former le cœur des enfants le maître doit déposer les faits historiques à la lumière de la foi et de la raison pour les nations chrétiennes et suivant les données de la loi naturelle s’il s’agit de nations infidèles. Il habituera ainsi les élèves aux notions du juste et de l’injuste, leur inculquera l’amour de la vertu, la répulsion pour le vice. Il trouvera mille et une occasions de leur montrer, dans divers tableaux, la beauté, la grandeur et les succès définitifs de la vertu aux prises avec les différentes passions qui tourmentent l’humanité; la laideur, la bassesse des actions vicieuses et les revers qui ont été et seront toujours, {6t ou lard, la conséquence inévitable d’une conduite indigne * ou trop légère. Que le maître chrétien n’oublie pas que Jésus-Christ est le centre de l’histoire. Tous les peuples, de gré ou de force, délibérement ou insciemment, par leur hostilité ou leur soumission, ont concouru et concourent, diversement mais inévitablement, à l'établissement du règne de Jésus-Christ à qui toutes les nations ont été données en héritage.

On doit enseigner l’histoire Pour préparer les enfants à la vie, et dans un pays comme le nôtre, régi par une monarchie constitutionnelle dans laquelle le peuple joue un grand rôle, l’enseignement de l’histoire comporte une responsabilité considérable. Il faut que l'élève y discerne et y puise les principes rationnels et chrétiens qui le guideront comme citoyen, électeur ou député.

Que l’enseignement de l’histoire soit vivant,

qu'il parle à l'imagination et au cœur, qu’il s’adresse aux sens, surtout à la vue, qu’on mette sous les yeux de l’enfant des tableaux, des images qui représentent aussi bien que possible les événements divers qu’on veut graver dans son esprit. Que les cartes géographiques sur lesquelles on fait suivre la marche d’une armée, indiquer l’emplacement d’une ville ou la situation d’un pays, etc., soient bien dessinées, distinctes et voyantes.

Dans la répétition que le maître exige des élèves après la leçon orale, afin de s’assurer si elle a été comprise, le maître doit interroger avec ordre: 1° sur les personnages en cause, leurs noms, leur caractère, leur dignité, etc.; 2° sur les faits dont il a parlé; 3° sur la date ou l’époque à laquelle appartiennent ces personnages ou ces événements; 4° enfin sur les lieux qui ont été le théâtre de la vie des personnages et des faits qu’il vient de raconter. A la suite des interrogations on fait apprécier (en les guidant), l’action ou le personnage en question, au point de vue social, moral et religieux. |

Ce n’est qu’après tout ce travail que l’on fait apprendre la leçon dans le manuel.

En faisant réciter l’histoire, il faut s’appliquer à faire parler les élèves, pour qu’ils ne s’habituent pas à réciter machinalement le texte du livre. Mais on doit tenir à la récitation littérale tant que l'élève n’est pas capable de donner convenablement un résumé fidèle et complet de la leçon.(1)

(1) Voir Notes pédagogiques, Nos 1, 2, 3, pages 272, 273, 274

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