ÉCRITURE
Il est de la première importance que l'écriture soit enseignée d’une manière pratique aussitôt que possible pour les raisons suivantes: (a) la connaissance de cet art est d’une très grande utilité dans l'étude des autres branches du cours; (b) la grande majorité des enfants ne fréquentent l’école que pendant un temps très limité.
Autrefois, l'enfant apprenait d’abord les vingtcinq lettres, puis on le faisait syllaber, lire et écrire.
Le comité catholique du conseil de l’Instruction publique, d'accord avec les principes de la vraie pédagogie, recommande de modifier cet ordre en faisant lire l'enfant dès sa première leçon. Il trouve, de plus, de grands avantages dans le système combiné de lecture-écriture. L'enfant doit donc écrire dès qu’il commence à lire, c’est-àdire dès le début. L'écriture aide au progrès de la lecture et réciproquement.
Ainsi on met un crayon entre les mains de l'enfant en même temps que son premier livre.
Est-ce à dire que ce crayon doive lui servir à exécuter ce qu’on appelle communément les exercices préparatoires à l'écriture, (barres ou bâtons bien droits, d'épaisseur uniforme, également espacés plus ou moins inclinés, mais parallèles
dans toute la longueur de la ligne, — jambages, liaisons, etc.)? N on, cet enseignement aride, sans intérêt pour l'enfant, est une perte de temps.
Contentons-nous, avec les débutants, d’une reproduction des caractères qu'ils lisent; ils réussiront À copier passablement des lettres et des mots dans un temps plus court qu’à apprendre à faire de mauvais bâtons; sans doute, cette reproduction sera grossière, mais, ce sera la copie de signes et de mots que l'élève connaît et qui ont pour lui une signification; on ne peut pas en dire autant de la reproduction des déliés, des pleins, des ovales, des liaisons et des fioritures diverses qui ne lui diraient rien du tout; d’ailleurs, avec un peu de bonne volonté et de patience de la part du maître, cettre écriture informe s’améliorera rapidement.
Ainsi pour la leçon d'écriture aux petits enfants, que le modèle au {ableau noir ou au tableau d'écriture, s’il Y en a, reproduise une lettre, un mot, une courte phrase comprise dans la leçon précédente de lecture. Que le maître fasse comparer la forme des lettres manuscrites avec celle des lettres imprimées, qu’il explique le sens du mot; qu’il fasse reproduire ce mot pa: plusieurs élèves au tableau noir, avant que le travail sur les ardoises ou sur les cahiers commence. Cette reproduction multiple, dirigée par le maître, permet à tous les élèves de rendre compte des mouvements exécutés pour produire l’effet désiré.
Pour leur travail individuel, ils ont le modèle
TT
au tableau noir et le souvenir des mouvements plusieurs fois exécutés sous leurs yeux.
Pendant toute la leçon, le maître circule entre les bancs, faisant relire le mot imité; corrigeant sur le cahier ou sur l’ardoise la lettre ia plus défectueuse, la refaisant sous les yeux de l'enfant, dirigeant au besoin sa main pour produire le mouvement voulu.
En supprimant les barres ou bâtons et tous les autres exercices dits préparatoires pour débuter par des lettres et par des mots, nous rentrons dans les voies simples de la nature.
Lorsque l’enfant connaît la lettre a, qu'il sait la retrouver dans tous les mots qu'on écrit au tableau noir, il est suffisamment préparé à la copier. Il imitera un mot connu avec la même facilité qu’une lettre.
La première imitation sera grossière, malgré le soin que vous aurez pris de lui indiquer tous les mouvements à faire; mais le {our de main viendra avec la pratique.