EXERCICES
g.—-1. Faire l'analyse des noms des deux premières phrases de sa dictée.Construire cinq phrases dans lesuelles rentreront les verbes plaire et déplaire à ln 3e personne du singulier du présent du mode indicatif.—3. Conjuger le verbe être au présent, 1 passé défini, au présent du subjonctif en ajoutant un attribut.—4. Trouver et expliquer les mots de la
même famille que caresser et nourrir.
en d'autres termes la dictée ci-dessus,
(*RAMMAIR
R£epacrion.— Rédigez l'Amour fraternel.
On voit que la dictée donne occasion de faire plusieurs exercices lexicologiques très importants.
V. De l'analyse. L'analyse est ne ns parties importantes de toute linguistique, ve sorte de dissection du discours. Par l'analyse on “abitue l’enfant à examiner, comparer et raisonner. Mais il faut bien sc rappeler que l'analyse est une décomposition raisonnée du discours et non point un escamotage. Ainsi, l’* : itude invétérée d’accordée un complément 6 : :& ime à chaque préposition est ‘un moyen coï...10de que l'ignorance a inventé au profit de la paresse,” a dit quelque part Larousse, La préposition n'est qu’un intermédiaire; il ne faut pas lui donner un complément au détriment du verbe(1).
Dans cette phrase: Montcalm Jj'ul vaincu par Wolfe sur les plaines d'Abraham, on doit dire que
Wolfe est complément indirect, et Plaines complément circunstanciel (circonstance de lieu) du verbe passif être vaincu. Cette manière d'analyser oblige les élève: ‘ faire des distinctions importantes, à établir w ‘apport entre deux mots souvent fort éloignés l'un de l’autre, et à préciser la nature de ce rapport: la réflexion devient de cette façon un effort obligatoire. D’après la très vieille méthode qui consiste à donner un régime à la préposition, Wolfe est le régime de la préposition par, et Plaines régime de la préposition sur. Certes, ce mode d'analyse ne laisse pas d’être accessible aux plus
(1) Dans la phrase qui suit, voici comment on doit analyser les deux prépositions a et sur:
Par | prép., unit Wolfe à fut vaincu.
Sur prép., unit Plaines À fut vaincu.
Er r one rmr men
em em
| | (h FE |
faibles cerveaux, mais il ne dit rien à l'esprit; c’est un pur latinisme qui n’a nullement sa raison d’être dans la langue française si complète par elle-même.
Il y a dans l’analyse deux parties qu’on ne saurait séparer: l'analyse grammaticale et l'analyse logique. La première s'occupe des mots en particulier et de leurs fonctions; la seconde étend l’horizon, et s'applique à reconnaître les pensées ou propositions contenues dans une phrase, à déterminer le rôle que joue chacun des éléments de la proposition. Mais il faut absolument que ces deux choses se suivent, ‘se lient, qu’elles constituent une véritable analyse de la langue française, | qu'elles soient utilisées en vue du langage et de la rédaction. L'analyse doit être dépouillée de toute définition métaphysique, des règles abstraites qui sont pour les enfants des exercices rebutants.
L'analyse grammaticale s'arrête au mot pour en reconnaître l’espèce, la signification, la modification et la fonction.
L'analyse logique étudie les propositions, leurs espèces et les rôles qu’elles ont à jouer dans la phase. ‘Elle circonscrit, dit Mansard, dans des limites déterminées, l'étendue des rapports des mots, en décomposant la phrase en propositions, et en établissant que les mots d’une même proposition se complètent entre eux; et ensuite elle enseigne les lois d’après lesquelles les propositions s’enchaînent pour former une phrase; elle indique la fonction de chacune d’elles; elle montre comment les phrases s’unissent pour continuer le discours.”
La fonction de la Proposition dans la phrase, du mot dans la proposition, voilà la base, le point de départ des deux systèmes d'analyse: logique et grammaticale.
On a entouré l'analyse de tant de difficultés, on l’a revêtue d’un caractère tellement spéculatif que les enfants n’en comprennent pas l’importance. Cet exercice a été frappé de stérilité, si bien qu’en maints endroits on s’est écrié: ‘Plus d'analyse! qu'on cesse de rebuter les enfants par ces analyses prétendues grammaticales qui sont pour eux des hiéroglyphes indéchiffrables.”?
Avant de faire analyser les élèves par écrit, il est nécessaire de les habituer à observer, réfléchir et raisonner au moyen d’exercices oraux. Ainsi, le maître fait lire une phrase claire et simple; puis il s’assure si les élèves en ont bien saisi le sens, et il explique ou fait expliquer le rôle que chacun des mots joue dans la construction de la phrase.
Après quoi il donne cette phrase à copier. De cette façon, on a tout à la fois une leçon de logique pratique et une leçon d'orthographe. Ce procédé est conforme aux règles élémentaires du langage qui a lui-même la Proposition pour base. On comprend aujourd’hui que l’enseignement grammatical doit s'attacher à la langue vivante, telle qu'on la parle et on l'écrit, et partir de l'étude de la Proposition. PARLER: n’est-ce pas exprimer des pensées, c’est-à-dire formuler des jugements et les rendre par le langage dans une série de propositions ?
Voilà pourquoi nous sommes en faveur de l'introduction de l’analyse logique, même dans les écoles élémentaires. Le mot semble, il est vrai, désigner une science passablement élevée, mais cette analyse n’est vraiment qu’une simple application de la grammaire élémentaire; elle ne comprend rien autre chose que la décomposition matérielle d’une phrase en ses propositions et d’une proposition en ses trois termes: sujet, verbe et attribut.
En résumé, l’analyse grammaticale, c’est le compte-rendu des mots, et l'analyse logique Le compte-rendu des propositions.
En y réfléchissant, il est facile de saisir quels précieux services 'l’analyse logique, marchant de front avec l’analyse grammaticale, peut rendre à la rédaction, Rédiger, n’est-ce pas arranger en un certain ordre des propositions pour construire une phrase? Rédiger, n’est-ce pas savoir rattacher à une proposition principale des propositions subordonnées? Pour ceia il faut connaître au moins la nature de la proposition, connaissance que l’on acquiert par l’analyse logique.
Trop souvent, dans nos écoles canadiennes, les différents exercices qui constituent l’enseignement grammatical forment respectivement une branche isolée. Ce procédé est antipédagogique: tout dans l’étude de la langue maternelle doit tendre vers un but commun: la langue et la rédaction. Faire de l’analyse une chose à part, une sorte de gymnastique étrangère, en quelque sorte,
nu
à l’esprit même de la langue, c’est une grave erreur(1l).