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Le contact avec un objet placé au voisinage des céréales infestées, ou avec un objet ayant été touché par un malade peut même suffire. Un médecin, racontent Courcelle et Molle, pose son vêtement à côté d'échantillons de grains suspects prélevés pour examen ; peu après l'avoir remis il éprouve des démangeaisons et l’éruption apparaît. Une femme, rapporte Et. Sergent, arrive de voyage et se plaint presque aussitôt d'un prurit intense aux mains : elle n'avait touché que ses bagages qui venaient d’être portés par des hommes présentant des lésions. Bien plus, il y a des cas Dù les Pediculoides quittent le milieu qui les abritait pour se répandre à distance. Tels ces ouvriers dont parle Robin, qui n'avaient pas manipulé le blé, mais qui couchaient dans des pièces situées au-dessous des greniers où il était emmagasiné. Ils furent tous atteints d’une éruption prurigineuse. Autre exemple : au mois de mai 1919, au Havre, on décharge d’un navire un certain nombre de sacs infestés et on les réembarque immédiatement sur trois péniches à destination de Rouen.
Pendant la traversée les Pediculoides, à la recherche de leur nourriture, quittent les sacs d’orge, franchissent, probablement à la faveur d’interstices, les cloisons de la cale et se répandent dans le logement contigu des familles du personnel du bord qui présentent bientôt les lésions particulières à leurs attaques.
On remarquera également que les épidémies surviennent toujours à la même époque de l’année, printemps, été ou début de l’automne, mais jamais plus tard que novembre. Le seul cas épidémie survenue en hiver (en janvier à
Londres) concerne des ouvriers déchargeant ‘un bateau de
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semences de coton enfermées dans des cales où régnait une température élevée. Comment expliquer cette apparition de la maladie seulement pendant la saison chaude ? La salive aequière-t-elle à cette époque des propriétés plus virulentes ? Le D' Houloussy, de Constantinople (lettre à M. le P° Brumpt) se fait piquer au printemps par un certain nombre de Pediculoides : il est atteint de lésions prurigineuses ; il essaye de provoquer les mêmes accidents au mois de novembre ; il n’y réussit pas; à cette époque le Pediculoides ne semble plus être dangereux. Faut-il encore attribuer ce fait à ce que les larves que l’Acarien parasite normalement viennent à manquer par suite de leur métamorphose en insectes parfaits, créant ainsi à cette période de l’année une disette qui ie force à chercher d’autres moyens d'existence ? Nous pensons que, au moins en général, il faut invoquer l'influence de la température. Le froid ralentit ou même arrête leur développement et leur multi plication. De fait Newport qui observa longtemps cet Aca-
rien sur les insectes qu'il élevait remarqua que pendant
cinq mois, de novembre à mars suivant, les femelles vésicu-
leuses restèrent sans donner aucun jeune.
La description des épidémies rapportées ci-dessus nous permettra d’être bref sur la symptomatologie de l’affection. En comparant les observations on voit que les lésions sont variables.
Dans la grande majorité des cas, la lésion typique est une éruption urticarienne. Presque toujours il s’agit d’une efflorescence, en général de la dimension d’une lentille plus rarement d’une pièce de cinquante centimes, atteignant ex-
ceptionnellement le diamètre d’une paume de main. Cette
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lésion élémentaire est légèrement surélevée au-dessus de la peau, d'environ un ou deux millimètres. Ses contours sont arrondis, quelquefois irréguliers, parfois polycycliques. Elle est d’un rose tendre tournant souvent au rose blanchâtre, volontiers plus pâle au centre. Ces lésions portent quelquefois — pas toujours — en leur centre une petite vésicule, ordinairement de la grandeur d’une tête d’épingle, atteignant généralement un diamètre de un ou deux millimètres.
Ces vésicules contiennent une sérosité d’abord claire mais qui ne tarde pas à se troubler pour devenir louche ou même franchement purulente, Quand cette vésico-pustule est plus volumineuse, ce qui estiare, l’éruption n'est pas sans présenter quelque analogie avec celle de la varicelle, et la confusion a déjà été faite. Quelquefois l’éruption n’est constituée que par ces petites vésicules entourées d’une auréole rosée. !
Ces lésions sont naturellement disséminées d’une façon variable à la surface de la peau. Le plus souvent celle-ci reste, entre les éléments, d'aspect parfaitement normal. Dans les cas les plus fréquents on compte une cinquantaine ou une centaine d’éléments. Dans les éruptions les plus profuses ce chiffre peut s’élever à 10.000 (Schamberg).
Dans certaines observations (Geber, Brillet, Plantier) l'éruption typique s’accompagnait d’un érythème scarlatiniforme. Dans d’autres (Sergent et Alary) la région siège de lPéruption était tuméfiée par un œdème dur, qui dans certains cas, la déformait littéralement. Enfin Sehamberg a vu chez un matelot les lésions se présenter sous l'aspect de l’érythème polymorphe.
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Il est des malades, chez qui l’aspect typique des lésions ne tarde pas à se modifier sous l'effet da prurit qui engendre des lésions de grattage. Des excoriations et des égratignures se montrent alors et les petites plaques se surmontent de taches purpuriques ou d’une petite croûte noirâtre de sang concreté.
Quant à la localisation de l'éruption, elle est naturellement variable avec les circonstances et dépend, tout au moins au début, de la région découverte du corps.
Chez les ouvriers déchargeant des sacs de grains, elle envahit d’abord le cou, les épaules, le membre supérieur, la moitié du thorax et du dos. Chez les sujets qui se sont assis sur un sac de grains on la voit débuter par les fesses. Chez les semeurs elle commence par les avant-bras. Puis elle peut rester localisée ou au contraire se généraliser. La face ct les membres inférieurs sont moins souvent atteints. Les mains, les pieds et surtout les organes génitaux sont le plus souvent indemnes.
Il y a une cause qui nous semble limiter l’extension de l’éruption. C’est un contact un peu serré entre les vêtements et la peau. Ceci était particulièrement frappant chez les malades de l’épidémie du Havre en 1919. Tous les ouvriers dont le pantalon était maintenu par une ceinture n'avaient pas de lésions au-dessous ; deux ouvriers seulement qui portaient des bretelles avaient les cuisses atteintes.
Courcelle et Molle ont fait également la même observation. Chez un semeur qui travaillait sans doute la chemise retroussée au-dessus des coudes, l’éruption, localisée à l’'avant-bras, ne dépassait pas la partie supérieure du coude. Le Fediculoides ventricosus, dans ses promenades à la sur-
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face du corps, ne semble donc pas franchir aisément les obstacles qui lui barrent la route. On sait du reste qu’un autre acarien, le Rouget, larve du Trombidion, se comporte de même et s'arrête devant les liens serrés, tels que jarretières et ceintures.
L’éruption peut s'accompagner d’un cortège de symptômes extrêmement variables selon les cas. Il y a cependant un phénomène qui ne manque jamais : nous voulons parler du prurit qui constitue la première manifestation de l’atta que de l’Acarien. Il débute brusquement, sans prodromes. Sans doute il varie d'intensité selon les individus et selon l'étendue des lésions. Mais si l’on en juge d’après les termes employés pour le caractériser, il est presque toujours très intense :
I est « fort pénible » « cuisant » « plus intolérable que celui de la gale »ÿ analogue, disent quelques malades « à la sensation qu’ils auraient éprouvée si on leur avait enfoncé dans la peau une multitude d’aiguilles très fines >». Ce prurit oblige le malade à se gratter sans arrêt, et augmentant la nuit, avec la chaleur des draps, empêche tout sommeil et force parfois le patient à se lever. Il ne précède que de peu l'éruption : de quelques minutes à quelques heures au plus; il ne dure guère au-delà de trente-six heures, mais on l’a vu se prolonger après la disparition des lésions.
La plupart du temps la symptomatologie se borne à ces seuls troubles. Il faut insister sur ce point : hormis le réel désagrément que représentent les démangeaisons, hormis la fatigue qui résulte du manque de sommeil l'état général reste bon. Le sujet ne se sent aucunement malade et vaque
souvent à ses occupations. On constate des cas cependant
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