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Même livrée à elle-même, et sous la seule réserve que le malade ne seréinfeste pas, l’éruption est passagère et guérit spontanément. Nous avons vu que l'Aëarien ne pénètre pas dans la peau : Schamberg ayant pratiqué l’examen microscopique d’une papule, dont les altérations histologiques ressemblent du reste à celles qu'on trouve dans toute lésion urticarienne n’y a trouvé en effet aucun élément parasitaire pas plus d’ailleurs que dans les tissus environnants. Même à la surface de la peau son existence est bien précaire. En supposant en effet que sa vésicule abdominale parvienne à se développer, elle est si délicate qu’elle est inévitablement écrasée par les frottements multiples auxquels est soumise la surface cutanée. Et de fait nous voyons toujours les lésions disparaître en un temps moyen de sept à dix jours, au plus vingt jours. Il en est tout autrement si, la cause étant méconnue, le malade se réinfeste chaque jour. Il arrive alors que la maladie se prolonge ; et cependant même dans ces conditions une guérison graduelle, affirment certains auteurs, apparaît au bout de trois à sept semaines.
On voit qu’il y a un grand intérêt à rechercher le plus vite possible la cause de ces lésions, d'autant plus qu’un traitement très simple permet d'en débarrasser rapidement le malade. Comment faire le diagnostic ? Il suffit de connaître et surtout de penser à la possibilité de tels accidents pour être conduit à rechercher le parasité dont la constatation seule permet de fixer l’étiologie de la maladie.
Parfois, en effet, noas l’avons vu, du fait des lésions de grattage, celle ci simule à s’y méprendre la gale, quelquefois dès le début, plus souvent au bout de quelques jours ; cepen-
dant en y regardant de plus près on s’aperçoit que la topo-
graphie n’est pas la même ; l'atteinte relativement fréquente de la face, l’immunité relative des mains et des organes génitaux, aussi bien que l'absence des lésions pathognomoniques permettent de l’éliminer.
Parfois encore dans des cas qui doivent être bien rares, elle peut ressembler à la varicelle. Schamberg, en Amérique, à vu se commettre de semblables erreurs de diagnostic; on peut cependant l'écarter, d’après cet auteur par la durée et Ia petitesse de la vésicule, la violence et la persistance du prurit, la fréquerice de la maladie chez les adultes, Généralement l'aspect urticarien de l’éruption conduit le médecin à rechercher les causes de cette affection.
Au reste, la plupart du temps, les circonstances à la suite desquelles sont apparus les accidents ont orienté tout naturellement l’esprit vers l'hypothèse d’un éruption artificielle de cause externe : on pense à l’action d’une substance irritante d’origine végétale ou animale, à l’action d’un produit chimique.
De fait il existe un certain nombre d’animaux connus pour provoquer des éruptions analogues : nous rappellerons dans cet ordre d'idée les lésions causées par le Leptus au tomnalis, le Rouget du vulgaire qui n’est autre que l’état larvaire d’un Trombidion, le Microtrombidium pusillum, abondant en été dans les champs de haricots, sur les graminées desséchées et les chaumes et qui s'attaque fréquemment aux faucheurs et aux personnes qui ont eu Pimprudence de se coucher par terre : les médecins qui ont.eu l’occasion d'observer ces éruptions disent qu’elles présentent la plus grande ressemblance avec celles dues aux Pedi-
culoïdes,
. Else
Rappelons également que le Tyroglyphus longior, Sarcoptidé commun dans les poussières du « Copra » (amande desséchée du Coco et débarrassée de sa coque) se signale par des méfaits analogues {Castellani : Journ. Trop. Med. and. hyg. 1912) ainsi que le Glyciphagus domesticus, le Rhizoglyphus parasiticus. De même le Lyponissus lobatus Porta. Zool. Anzeiger) 1914). Mais ce sont là des parasites surtout exotiques. Passons.
En 1922, dans le port du Havre on à observé une petite épidémie de maladie cutanée qui n’est pas sans ressembler à celle causée par le Pédiculoïdes ventricosus, au moins en ce qui concerne :es circonstances de son apparition et le début. Nous rapporterons les faits suivants qui montrent combien souvent des éruptions d’allure analogue à celles qui nous occupent tiennent à des causes diverses.
A l’arrivée du navire portugais l'Inhambane, le 24 mars 1922, on constate à l'ouverture des cales qu'il s’en dégage une chaleur intense. Le navire vient de Buenos-Ayres qu’il a quitté le 24 décembre 1921 et où il a pris un chargement de 492 tonnes d'os en vrac. Après escales plus ou moins longues dans différents ports il est arrivé au Havre. Au moment du déchargement, la chaleur dans les cales contenant les os est tellement intense et le chargement sent tellement mauvais que les ouvriers refusent d'exécuter le travail. IIS ne s’y décident qu'après avoir réclamé et obtenu un supplément de salaire, ce qui le porte à 30 francs la journée. L'opération soulève une épaisse poussière blanchâtre extrêmement désagréable. Les quatorze hommes employés dans les erles ne tardent pas à ressentir un prurit assez in-
tense sur les régions découvertes et exposées du Corps, c'est-
à dire le cou et la partie supérieure du corps. En même temps ils ressentent une certaine irritation pharyngée qui se traduit par une petite toux sèche et opiniâtre, etun certain état nauséeux sans vomissements d'ailleurs. Quelques-uns présentent en outre un peu de photophobie et du larmoiement. Tous ces phénomènes les forcent à interrompre le travail.
A l'examen médical pratiqué alors, on constate sur les régions siège du prurit un érythème léger et de nombreuses vésiculettes de la grosseur d’une tête d’épingle légèrement surélevées, de coloration rouge tendre. On ne trouve rien à l’auscultation. Un examen oculaire pratiqué chez les malades qui présentent des troubles visuels montre qu’il existe, chez deux d’entre eux, sur la conjonctive bulbaire de petites érosions superficielles qui paraissent résulter de la rupture de petites vésicules semblables à celles de la peau.
Recherchant la cause de ces phénomènes le directeur du bureau d'hygiène, D' Loir, est amené à examiner les déchets etles poussières amassées sous les os. Il ny trouve rien d'autre que des larves de Dermestes, des Dermestes adultes (de l'espèce D. de Frisch) et quelques Mécrobies également à l’état d'insectes parfaits. A cela rien d'étonnant. Les Néerobies et surtout les Dermestes habitent au sein même des matières organiques desséchées qui constituent la base de
leur alimentation : peaux d'animaux, fourrures, débris d'os, viandes fumées ou pourries. Les Dermestes, Coléoptères de taille moyenne, ne dépassant guère un centimètre de long, recouverts en dessous d’un duvet blanc crayeux, à parties
supérieures noires, avec chez une espèce une large bande