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brun clair, pondent leurs œufs dans les mêmes milieux. La larve qui en sort, d'aspect vermiforme, plus grande que l'adulte, est très reconnaissable à la garniture de longs poils qui couvrent la surface de son corps. Ces poils denses et dirigés en arrière forment surtout sur les côtés du corps et à l’extrémité postérieure de longues touffes. Ils constituent pour l'animal un organe de défense contre ses nombreux ennemis : si on l’inquiète en approchant par exemple la pointe d’une aiguille, il se roule en boule à la manière du hérisson et hérisse ses soies qui lui rendent ainsi de grands services pour la protéger de l’attaque des Pucerons et des Acariens (Brehm, Tierleben 1). Ces larves s’accroissant rapidement, leur enveloppe tégumentaire devient bientôt trop étroite.
L'insecte change alors de peau, il mue selon l’expression des entomologistes, et ces mues se renouvellent quatre fois jusqu’à la nymphose, qui survient au bout d’environ quatre mois. À chaque mue la peau se fend sur la ligne médiane de la région dorsale, la larve, par de violentes contractions, se dégage de sa dépouille velue qui reste comme soufflée; ressemblant à s'y méprendre à l’animal lui-même.
Or, dans les poussières et les déchets examinés on trouvait une quantité considérable de ces fourreaux larvaires vides. Toutefois les poils s’en étaient détachés et constituaient une poussière excessivement fine, très légère qui flottait dans l’air au moindre mouvement et venait se fixer fortement à la surface des corps au contact desquels elle était amenée.
Le D' Loir a constaté sur lui-même qu’en se frottaut
l'avant-bras avec cette poussière formée des poils de la
larve on ressentait une démangeaison très vive ; sur la muqueuse nasale elle provoquait un picotement n’allant toutefois pas jusqu’à l’éternuement, et suivi d’hypersécrétion. Il semble done que les phénomènes observés chez ces ouvriers soient dus au contact de ces poils qui secréteraient chez la larve vivante un liquide irritant dont ils resteraient imprégnés après la mort de l'animal. Nous n'avons trouvé aueun renseignement sur Ce point dans les traités d’entomologie : de Geer, Olivier, Bouché, Kôbhler et Mulsant sont muets à ce sujet. Signalons cependant des éruptions d’urticaire très intense (surtout chez les enfants) à la suite du contact avec les longs poils de la chenille dite chenille processionnaire, larve d’un lépidoptère nocturne, le Bombyx du chêne.
En réalité la notion de contact récent avec des eéréales ou de la paille est un élément capital pour le diagnostic. Mais même dans ce cas on ne peut affirmer qu'il s'agit du Pediculoides ventricosus. Les D" Menahem Hodara et Houloussi Behdjet ont signalé dans deux communications à la Société de Dermatologie de Constantinople (28 dé-
‘cembre 1919 et 2 janvier 1921) quarante cas d’une dernia-
tose analogue à celle que provoque le Pediculoides, produite par le contact des poussières d'orge ou de riz. En examinant ces poussières ils trouvèrent un Acarien déterminé comme étant un Tyroglyphe, probablement T. farinæ
par le professeur de parasitologie de la Faculté de méde-
“eine ottomane. Moniez avait déja signalé pareils faits chez ‘des ouvriers manipulant des blés importés de Russie (C. R. Académie des Sciences, 15 mai 1889). Le Tyroglyphe, sar-
coptidé détriticole, est cependant en général plus grand que
le Pediculoides (330 à 600 microns suivant le sexe). Sa forme est autre : le corps arrondi en avant est conique en arrière. Ses chelicèré au lieu d’être styliformes sont en ciseaux. L’extrémité des pattes de la quatrième paire porte deux tubercules. Il est done facilement différenciable et, avec un peu d’atfention l'erreur de diagnose n’est pas possible.
Bref on ne peut affirmer la présence du Pediculoides dans les céréales ou les pailles au contact desquelles ont été exposés les malades que par la constatation «de visu » de ce parasite. Sans doute quelques auteurs affirment avoir cherché et trouvé l’Acarien sur la peau même des malades. Rouyer, d’après Robin, vit une fois un grand nombre de points noirs se mouvoir sur la surface cutanée. Cette re cherche toutefois semble donner des résultats infidèles. Gros puis Rawles disent avoir recueilli le Pedicuioides en frottant les lésions avec une lame de verre et,en examinant le produit de grattage avoir constaté qu’il renfermait l’animal. Par contre ni Geber ni Schamberg ne l’ont trouvé par ce procédé. Il est probable que cette méthode ne donne des résultats positifs que dans des circonstances bien déterminées une contamination récente et intense, par exemple. Il vaut done mieux orienter ses investigations vers l’examen des céréales elles-mêmes. Celles-ci donnent-elles à première vue quelques renseignements permettant de dire qu'elles sont infestées ? Bien souvent elles paraissent saines et l'examen le plus attentif ne montre rien d’anormal dans leur aspect extérieur. Cela se conçoit du reste puisque le parasite ne s'attaque pas à la graminée elle-
même. Bien exceptionnels semblent être les cas, OU par
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Suite de leur extrême pullulation, les Pediculoides les recouvraient en si grand nombre qu’ils formaient à leur surface une poussière rougeñtre très fine, quelquefois en quelque sorte vivante. Toutefois la présence d'insectes parasites tels que la Teigne du blé, l’Alucite, le Charançon soit à l’état parfait, soit à l'état larvaire, permet déjà de soupçonner la présence de notre Acarien, Les larves étant le plus souvent invisibles parce que cachées à lintérieur du grain même, il faut prélever les grains attaqués. Or, ceux-ci, d'apparence normale, présentent souvent au milieu du sillon le trou quelquefois minuscule par lequel la larve s’est introduite.
Il'est plus léger, étant réduit à sa simple enveloppe, surnage à la surface de l’eau et fléchit sous la pression des doigts. Si l’on introduit, ainsi que le conseille Gros, la pointe de fins ciseaux dans l’orifice et qu’on ouvre la cavité, on voit alors le eadavre de la larve ou ses débris. L’examen de ces débris montre les corws de nombreux Pediculoides morts ou vivants, qui dans certains cas sont si nombreux qu’ils forment à l'intérieur du grain une fine poussière transparente. À !a vérité ilest plus simple d'examiner au microscope les poussières et les eriblures provenant de la véréale suspecte en en mettant quelques parcelles sur une lame, y ajoutant ou non une goutte d’acide acétique et en chauffant légèrement {Sberna). Un autre procédé pour recueillir facilement ces poussières consiste, ainsi que le font Courcelle et Molle, à passer à plusieurs reprises une lame de verre enduite de buée dans la masse des grains. Les poussières y adhèrent en quantité suffisante et l’examen au
microscope montre aisément la cause du délit. Dans ces
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poussières on ne peut s'attendre à y trouver vivantes que de jeunes femelles à abdomen peu gonflé encore. Les femelles âgées vésiculeuses et les mâles ne se rencontrent guère que sur les larves ou à leur voisinage.
Le traitement corollaire immédiat du diagnostic est des plus faciles et des plus efficaces. En effet nous savons que le Pediculoides ne creuse pas de galeries sous la peau. On peut done agir sans peine sur lui. D’autre part l’abdomen de la femelle vésiculeuse est si fragile que la moindre friction suffit à le rompre, détruisant ainsi l’animal et sa future postérité. Aussi bien voit-on tous les traitements proposés, des plus simples aux plus compliqués, agir à bref délai. Les frictions au savon noir et les onctions à la pommade d’'Helmerich, insupportables d’ailleurs quand la région atteinte est le siège d’un gonflement, nous semblent inutiles. On peut agir plus simplement. Nous avons vu qu'un simple bain dans une rivière, au début de l’infestation, débarrassa immédiatement et définitivement un malade de ses démangeaisons. En pratique on peut donner de grands bains tièdes ou prescrire des lotions antiseptiques ou vinaigrées qui ont l’avantage de calmer le prurit. Certains auteurs ont employé avec succès des pommades au Baume du Pérou, au styrax où au naphtol ËÊ à 5 ou 10 p. 100. Chez beaucoup de malades au Havre, l'application dune pommade au xylol à 1 p. 100 à amené très rapidement — moins de 48 heures — la disparition de l’éruption.
En même temps il convient de désinfecter les vêtements du malade par les procédés ordinaires. On ne peut s’empêcher de remarquer combien il serait désirable que, sur les
quais des ports, il existât des bains douches où les ouvriers