‹ Pediculoides VentricosusChapitre 2 sur 24 · FAITS OBSERVÉS DANS LE PORT DU HAVRE · texte numérisé non relu

FAITS OBSERVÉS DANS LE PORT DU HAVRE

Le 22 mai 1919 on commence, dans le port du Havre, le déchargement du navire japonais Shiufuka-Maru, en provenance de Bizerte. Ce bateau est chargé d’une cargaison de sacs de blé et d’orge. Soixante-trois ouvriers appartenant à une entreprise de déchargement exécutent ce travail. La partie supérieure des cales n° 1 et 2 contient le blé dont le transport s'effectue sans aucun incident. Mais lorsque l’on à commencé la manutention des sacs d’orge, qui produit une poussière assez considérable, presque immédiatement — trois ou quatre heures au plus — tous les hommes affectés à cette opération ressentent des démangeaisons tellement intenses sur le tronc qu’elle doit être arrêtée. À ce moment 500 tonnes d'orge seulement sur 1700 du chargement total ont pu être enlevées.

L'apparition de ces démangeaisons est vite suivie d’une éruption cutanée qui augmente rapidement. Elle est formée de papules généralement surélevées de un à deux millimè-

tres au-dessus de la surface de la peau, atteignant les di-

meusions d’une lentille, de contour arrondi, quelquefois un peu irrégulier, de couleur rose ou ronge tendre. Chez de rares malades on constate, au centre de quelques-uns de ces éléments, la présence d’une petite vésicule du diamètre de un, rarement deux millimètres. Cette vésiculette a an contenu clair au début mais qui se trouble rapidement. L’examen du liquide ne montre que quelques streptocoques. Chez la plupart des sujets les lésions sont disséminées à la surface de la peau qui, entre elles, reste absolument normale. On en compte une cinquantaine ou une centaine. Chez quelques-uns, les éléments sont plus nombreux, et par place, sont presque confluents. Malgré le vif prurit il n’y à que très peu de lésions de grattage : par endroit une petite excoriation ou une légère égratignure : aucune trace de sillon, La topographie de cette éruption présente quelques particularités intéressantes. Les parties atteintes semblent être les parties recouvertes comme si la chemise avait maintenu en place la cause de la maladie. Chez un certain nombre de malades, l’éruption est nettement localisée à un côté du corps, au bras, à l’épaule, à l’hémithorax,à la moitié du dos. Elle semble donc correspondre aux points de contact entre le sac et la peau. Chez d’autres, au contraire, elle est généralisée à tout le tronc, avec prédominance au dos. Ce qui frappe particulièrement chez presque tous les sujets, c'est que l'éruption s'arrête au-dessus du coude, comme si le bourrelet formé par la chemise retroussée avait limité la propagation des lésions, laissant l’avant-bras indemne; de même la ceinture semble avoir la même action. Seuls en effet deux ouvriers qui portent des bretelles ont une éruption sur les cuisses et la partie inférieure de l’abdomen. Les

Un, 4

er TE

ue, he

Page 1