‹ Peines d'amour opera en quatre actesChapitre 45 sur 93 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

« Si l’on a vu des rois,

Épouser des bergères,

Si les reines parfois Aiment de pauvres hères;

Usons des mêmes droits,

O beautés boca gères!

On peut aimer, je crois,

A l’ombre des fougères.

Un signe de tes cils,

A mis à tes pieds vils Mon cœur de gentilhomme;

Je t’aime en hidalgo,

Et je signe : — Armado!

C’est ainsi qu’on me nomme. » !

Admirable!... charmant! parfait!

Le style vaut le personnage.

LA PRINCESSE

Quelle tendresse pour son àgel

ROSALINE

El Jacquinelle, s’il vous plait ?

LA PRINCESSE

Une humble fille de village,

Qiw les fournit d’œufs et de lait. •

ROSALINE, liant.

Le billet a fait fausse route.

Voyons l’autre; — je vous écoute.

LA PRINCESSE, lisant.

« J’avais juré de n’aimer pas;

De mon serment l’amour se venge... »

Bon ! Lisez le reste tout bas.

En ce pauvre monde où tout change.

Les amants seuls n’ont pas changé !

* Ma chère âme, mon cœur, mon ange Je suis pris! — L’amour s’est vengé!

Aimez-moi comme je vous aime!... »

Leur chanson est toujours la même; Et pour célébrer nos beaux yeux,

Pour nous peindre son doux martyre.

Un prince ne chante pas mieux.

Que Corvdon ou que Titvre.

Mais le plus clair dans tout ceci,

C’est qu’à l’exemple de l’Espagne,

La Navarre s’allume aussi!

L’ Amour les lient! le malles gagne!

Ils sont tous à notre merci.

LA PRINCESSE, souriant.

Excepté Biron, je suppose.

ROSALINE

Dans peu nous verrons de sa prose,

El ses vers courront les chemins.

Mais, grâce a certain petit page,

Qui s’amuse à ce badinage,

Je devine que son message Ira d’abord en d’autres mains...

Tu crois que Biron?...

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