SCÈNE IV
LA PRINCESSE, ROSALINE, BIRON
BIRON, k part.
Tenons-nous là dans ce coin sombre 1
(il se cache derrière an taillis.) ROSALINE, riant et élevant la voix.
Fi donc, madame, un baladin !
Un muguet de cour, sans cervelle,
Qui fait l’aimable et le badin 1 Un hérault de mode nouvelle!
Un pauvre diseur de bons motsl Un fou qui s’étourdit lui-même Du cliquetis de ses grelots,
Et dont l’audacieux blasphème Ne peut amuser que les sots...
C’est lui que vous voulez qu’on aime!
BIRoN, à part.
De qui parle-t-on, s’il vous plait?
ROSALINE
Qu’on m’amène plutôt un homme Vieux, ridicule, inepte et laid,
Ou maigre et long sur pattes comme Cet Arinado, fils d’un héron;
Et s’il est vrai qu’il m’aime, en somme,
Mon cœur le préfère à Biron !
BIRON, à part.
Fort bien !... je sais de qui l’on parle.
(Rosaline et la princesse se promènent en causant.) ROSALINE.
Mais combien il me plairait mieux,
De fuir ce séjour ennuyeux,
Pour retourner près du roi Charle!
PEINES D’AMOUR
LA PRINCESSE
A ce bois faisons nos adieux!...
Loin du bruit l’àine se repose.
ROSALINE
Je ne demande qu’une chose.
C’est de ne pas le rencontrer!
BIRON, à part.
Dispensons-nous de nous montrer!