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LES AUTRES DÉCORATIONS

L'examen que nous venons de faire de quelques œuvres décoratives d'un intérêt capital nous dispense d'étudier en détail des œuvres moins importantes quoique dignes d'à Jmiraîion.

La décoration de l'une des sources à Evian a été pour Besnard l'occasion d'inscrire dans une large arabesque de belles formes rehaussées de belles couleurs, et le plafond de l'ambassade de France à Vienne a représenté avec bonheur un sujet qui ne se prêtait pas à une transcription littérale,

« En vêtements somptueux l'Autriche tend les bras au génie de la France. »

Ce plafond vaut par la liberté heureuse du dessin, par l'ampleur et la magnificence des formes, par la richesse du coloris. C'est une peinture de fcte. C'est une décoration de gala. Ne lui demandons pas l'intensité d'émotion, ni le raccourci de pensée

ALBERT BESNARD

des peintures de Berck, de l'amphiihéàtre deChimie ou de l'Ecole de Pharmacie.

De cette peinture de fèie on peut rapprocher le carton de vitrail lumineux exécuté pour l'Exposition Internationale de Venise ^ et qui représente les arts de la France apportant à Venise l'effigie de la Ville de Paris. Agréable prétexte au groupement de belles formes féminines!

Besnard a fait beaucoup d'autres cartons de vitraux. Il en a dessiné pour sa propre maison, rue Guillaume Tell, il en a dessiné pour l'Hôtel Bing de la rue de Provence et qui furent exécutés par Tiffany. J'ai déjà cité ceux qui sont conservés au musée des arts décoratifs du Pavillon de Marsan. Dans la salle à manger de M. Dcnys Cochin il y a trois immenses vitraux et qui sont d'une grande ampleur de composition et d'une grande vivacité de couleurs. On en trouve encore en divers hôtels particuliers de Paris et dans quelques monuments. L'équilibre des taches de couleur et la liberté heureuse du dessin des personnages sont les qualités principales de ces compositions décoratives.

I. Cette exposition, où Besnard envoya un ensemble de ses œuvres, est de 1908.

De nie heureuse on peut rapprocher un autre grand panneau décoratif intitulé la Montagne fixé dans le grand salon de M. Richard Bouwens van der Boigen à Paris'. Comme coloration et distribution de taches cette composition rappelle de près « rile Heureuse ». L'idée en est plus claire. A gauche c'est la montagne verte et la vie primitive représentée par des Faunes. A notre droite c'est la mer bleu verdâtre et la vie civilisée représentée par une calme petite ville gris bleuté blottie sur un promontoire et d'aspect presque italien. Descendant de la montagne et se dirigeant vers la cité un homme à peu près seul suit un dur chemin rocailleux. Il porte dans les bras une femme vêtue de rouge. Pour ce demi-civilisé le premier geste est celui de la protection. Un immense ciel bleu et jaune enveloppe toute la composition

Du plafond des Idées, on peut rapprocher le plafond de la Fée des neiges peint pour l'Hôtel Ring de

rue de Provence et qui s y trouve encore. Et l'on peut enfin rassembler dans le même souvenir deux très belles peintures ovales représentant,

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