L ECOLE DE PHARMACIE
Cette œuvre est célèbre. Elle a bénéficié de l'étonnement qu'elle suscita quand elle fut exposée au Salon de 1884. Elle a bénéficié aussi de
une vaste frise décorative destiriée au Palais Farnèse. Le sujet imposé de son concours de Rome avait été : « La Mort de Timophane tyran de Gorinthe ». Ses envois de Rome avaient été la Source, tableau noir qu'il détruisit plus tard, Saint Benoît ressuscitant un enfant — l'Entrée de François I" à Bologne après Marignan — et la Défaite, qui se trouve aujourd'hui au Musée de Nîmes et qui représente une ville en flammes et des fuyards. Tous ces tableaux étaient scolaires et très sombres.
ALBERT BESNARD
la gloire grandissante du peintre à mesure qu'il avançait en âge et augmentait progressivement le nombre de ses œuvres importantes. Elle marque une date. Beaucoup se la rappellent avec une sympathie particulière parce qu'elle fut l'occasion de discussions passionnées. Quelques-uns l'aiment d'autant mieux qu'ils furent ou qu'ils se figurent avoir été de ses premiers défenseurs. On reprochait à l'auteur son réalisme, le manque de noblesse de ses sujets, la vulgarité de ses personnages, la tonalité trop claire de ses compositions, la conception personnelle qu'il s'était faite du rôle des ombres et des jeux de lumière, le manque de consistance de ses figures, et le je ne sais quoi de révolutionnaire qui l'apparentait aux impressionnistes alors encore en butte à tous les dédains des membres de l'Institut et des professeurs de l'École des Beaux-Arts. On lui faisait grief de rompre avec la tradition. Sa qualité d'ancien prix de Rome faisait de lui une sorte de renégat. On lui opposait sur tous les tons — sans en excepter l'ironie ou l'injure — la noblesse du grand art traditionnel dont les représentants les plus autorisés étaient alors Meissonier, Bouguereau et Lenepveu.