‹ Peintres de jadis et d'aujourd'huiChapitre 24 sur 28 · Modem pamt.ers, vol. IV, chap. i · texte numérisé non relu

Modem pamt.ers, vol. IV, chap. i

très profonde, et vraiment lyrique, s'y trouve rendue avec un art merveilleux, mais avec un art de poète lyrique, par le moyen d'images qui ne sont jamais que des métaphores. La terre de la Campagne romaine est « blanche, creuse et cariée, comme des débris d'ossements humains » ; des monticules (( se soulèvent comme si les morts qui sont au dessous s'agitaient dans leur sommeil » ; des blocs épars « gisent sur ces morts pour les empêcher de surgir », et la « rouge lumière du soir » repose « sur les déchirures des ruines, ainsi que, sur des autels qu'on a violés, un feu qui s'éteint». L'église de Calais, d'autre part, est décrite comme une personne vivante : ce sont uniquement ses vertus morales qui servent à nous la définir. Et ces descriptions, certes, sout aussi belles que les plus belles peintures; mais un homme qui (( voit » ne décrit pas ainsi. Peut-être Ruskin lui-même s'en rendait-il compte ? Peut-ê tre a-t-il été plus d'une fois heureux de pouvoir emprunter, pour ses travaux, les yeux de ce sensuel et vibrant « Italien » qui, sans éducation, sans idées, presque sans talent, par la seule force de sa nature d'artiste, a été le véritable initiateur de tout le mouvement préraphaélite?

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