MédaiUe en 1870. Deuxième, médaille en
M. Got appelle Dioni^a. Le modèle est charmant, ' et cette robuste et jolie fille aux cheveux noirs emmêlés sur le front, aux dents blanches que découvre son beau rire, est assurément séduisante, mais cela est peint comme les figures de M. Bouguereau, d'une façon trop léchée. Je voudrais là un peu de fougue, et le moindre défaut rendrait à coup sûr plus savoureuses toutes ces qualités.
M. Daulnoy a peint avec succès une BoKc/iem comme M. Dansaert a exposé un Café de la fin du siècle dernier. La Boucherie est une toile très-colorée et très-fine, d'aspect peu aimable, mais pleine de talent, et qui fait songer en petit aux pittoresques boucheries de Francfort et de Limoges.
M. Dblort est un élève deGleyre qui s'inspire surtout de Gérome, son second maître. Il y a un rare mérite dans son Embuscade. Tools retires, ou plutôt trois bravi, revêtus de ces pittoresques costumes du quinzième siècle, cuirassés, avec leurs manches à crevés, Tépée ou l'arquebuse à la main, attendent, guettent comme des chasseurs à l'affût, quelqu'un qui va passer au pied d'une tour. Ces types farouches d'égorgeurs sont rendus avec beaucoup d'esprit ; mais leurs vêtements, traités avec un soin scrupuleux, me paraissent un peu trop propres. En outre, si les étoffes, peintes comme à la loupe, nous montrent ainsi leur trame, la muraille contre laquelle s'appuient ces gens embusqués devrait nous laisser voir les tarots de ses pierres. C'est là le défaut de cette toile, d'une couleur fort avenante et d'un très-réel intérêt, et jusqu'ici une des plus jolies choses de M. Delort.
M. Gustave Doré. — J'aime trop le talent de M. Gustave Doré, malgré les verrues que je lui reproche, pour m'appesantir sur ses deux dernières toiles, YÀlsace et le Massacre des Innocents. Ce sont là deux erreurs, dont une est capitale. Le Massacre des Innocents est line
orgie de muscles dans une pénombre désagréable. On ne saurait se tromper plus lourdement
Je trouve, à la lettre D, un tableau de M. Émery Duchesne *, YEcolière. C'est une promesse, et mieux que cela déjà. M. Duchesne est le fils de ce brave et bon Alphonse Duchesne, un confrère, un ami mort, la plume à la main, et qui a succombé heureux» dans les premiers mois de 1870, à Theure où Ton pouvait croire que chacun de nous allait être payé pour avoir combattu le bon combat. Le iiis portera dignement le nom très-aimé de son père.
M. Michel Dumas ^ est un des rares peintres religieux qui aient exposé. Sa Tentation de Jésus-Christ mérite à ce titre d'être signalée, mais elle n'a pas d'autre plus grand mérite. La Leçon de peinture^ qu'un singe échappé dans un atelier donne à un mannequin, est une toile amusante de M. Duplesst. Il y a un talent toujours très-profond dans les Cascarotes^de M. Duvsb- GKR',et ce petit intérieur basque n'a pas été assez loué.
M. Feyen-Perrin * a peint une toile fort belle. C'est le Printemps de 1872. Une pauvre fille pâle, une paysanne aux vêtements déchirés, traverse un champ désert où quelque éclat d'obus se mêle aux herbes nouvelles. Elle est tragique et baignée de douleur. La mélancolie du ciel, du terrain ravagé, de cette enfant amaigrie et qui passe, s'impose au spectateur et le pénètre. Puis, les fleurs renaissent, les douleurs s'effacent, et, comme dit le poète :
Tous nos deuils sont légers à ton &me^ ô nature I