M. MEISSONIER EN
la lumière des l)ottes9 recommençait les esquisses, multipliait les études, travaillait et cherchait. M. Ph. Burtf le trouva ainsi, un jour, par un temps torride, occupé depuis quatre ou cinq heures à déterminer le plissement de la redingote sur la croupe du cheval. C'est un grand tort d'avoir ce souci de l'exactitude, et les gens qui se moquent volontiers de l'anachronisme vous diraient: A quoi sert tant de soin ? Gela sert, j'imagine, à satisfaire l'artiste avant le public, et pour lui, en vérité, c'est déjà quelque chose.
Meissonier, disons-le d'ailleurs, ne pousse jamais le culte de la vérité jusqu'à l'archéologie. Il ne se soucierait point, par exemple de copier comme M. Patrois une demi-douzaine de casques dans un musée d'artillerie, sous prétexte de peindre le supplice de Jeanne d'Arc. Il y a des hommes sous ses costumes et lorsqu'il nous peint des modernes et des contemporains, il est plus contemporain et plus moderne que personne. On lui reprochait de ne pas savoir dessiner les femmes. Regardez son portrait de Mme Henri Thénard. Je le trouve un peu froid, mais quels jolis tons roses, jolis et vivants et vrais I Quelle science du dessin et de la peinture dans cette main veinée de bleu, quel charme un peu souffrant dans cette physionomie ! < Si j'étais femme et femme jolie », comme dit Musset, ce n'est certainement pas à M. Winterhalter que j'irais, après avoir vu l'exposition de Meissonier, demander mon portrait.
Le portrait de M. Delahante, j'y reviens, est une belle page. L'homme est puissant, d'une carrure athlétique, quelque chose de fin pourtant dans cette taille de colosse. C'est la vie plutôt que l'embonpoint qui déborde. La tête est énergique et au fond débonnaire. Meissonier a placé, dans le fond du tableau, une copie minuscule de sa Charge de cuirassiers qui appartient justement à H. Delahante. Autant qu'on peut juger un tableau,
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dotit Ift dimension est aâsez considéfable, sût* tine es^ puisse à pethe large comme la t^s^ume de là mairie c'est, je penâe, ce que le peintre aura signé de plus complet et de plus hardi. Led cavaliers âont lancés au triple galop, d'un élan fbrcené. Ils brandissent leurs longues latteii, poussant avec raccent guttural des sautages leufâ dHs de guerre et semblent passer comme un tourbillon plein de tonnerre. Lorsque cette toile sera exposée, Meissonier sera pour la foule ce qu'lUst déjà pour les artistes, le premier de tlos peintres militaires contemporains «
D'autant qu'il rie me semble pas •— Sôlfirino excepté, *-* disputé à poétiser la guerre.