‹ Peintres et sculpteurs contemporainsChapitre 60 sur 151 · Êlèye de Wachsmiitîi et de M. Beaucé · texte numérisé non relu

Êlèye de Wachsmiitîi et de M. Beaucé

4. Né à Strasbourg. — Élève d'Eugèûe Delacroix. — Les prison' niers du Mans passent à la ferme des Dappes,

5. PoTÉMOKT (Adolphe-Martial), né à Paris, élèfe de MM* L. Cogniet et Brissot. Médaille de gravure en 1869^

mension du tableau, car Raffet, dans ses lithographies du Bataillon sacré à Waterloo et sa Charge de cuirassiers^ fait tenfr dix mille homcaes dans un espace large comme un in-8» ouvert.

Une chanson d'atelier disait jadis :

Vemet A fait Charlet.

Gharlet A fait Raffet.

Mais qui a fait tous ces peintres remarquables, intéressants, curieux, spirituels, parfois émus et parfois aussi émouvants, qui sont avjourd*hui les peintres de la guerre? La nature, soit, mais surtout la mode, hélas I et, tout en reconnaissant qu'ils ont raison de peindre la bataille par le côté intime, saisissant et humain, nous regrettons qu'ils ne fassent point, comme Pils par sa crânerie, ou Protais par sa mélancolie, passer une partie de leur flme même dans leurs toiles.

En ce sens, un des meilleurs tableaux militaires du Salon de 1872, c'est le Bivouac devant le Bourget (21 décembre 1870), de M. A. de Neuville *. Voilà qui est vrai, pris sur le vif, bien français. Ce paysage ravagé, cette maison au toit défoncé, cette route aux ornières gelées, ce mélange de troupes aux uniformes divers, ces mobiles empaquetés dans leurs couvertures de mouton , ce Kabyle passant au galop de son cheval arabe, ce bivouac au feu qui réchauffe à peine, ces jeunes soldats glacés, battant la semelle, ces détritus

1. Neuville (AlphoDse-Marie de), né à Saint-Omer, élève de Picot.

Il a obtenu une médaille de 3* classe en 1859 et une de 2* classe en 1861. Les illustrations de V Histoire de France racontée à mes petits enfants de M. Guizot sont tout à fait remarquables.

de la bataille entassés dans un coin, casques baTarois, buffleteries, sabres, etc., tout cela rend bien la nott exacte du siège de Paris, et ce tableau épisodique peut passer pour une page d'histoire. Malheureusement ce n*êlait point là, je m*en souviens bien, le temps qu'il faisait, le jour de TafTaire du Bourget. Le ciel était autrement couvert et froid. Nous étions justement là, au point précis qu'a représenté le peintre. Mais le détail de la coloration du ciel est de peu d'importance. Ce qui est important, c'est l'efiFet général de cette toile tout à fait remarquable, et qui affirme un progrès soutenu chez M. de Neuville, le peintre ordinaire de nos chasseurs à pied.

Je ne veux pas oublie^ dans l'énumération des peintres de la guerre, deux aquarelles qui méritent une grande attention. Elles sont c^'un Messin, M. Meyret, qui a représenté deux épisodes du siège de sa ville natale. Metz et la position respective des corps de l'armée française apparaissent dans la première aquarelle : Metz pendant le blocus. La seconde nous montre, dans une vue panoramique, le glorieux et inutile combat de Ladonchamps. C'est une bataille' où les situations des deux armées sont indiquées avec soin par un artiste à la fois spectateur et acteur dans cette journée, où il fut blessé à la tête de sa compagnie. On y voit se déployer les lignes entières de la bataille, et M. Meyret a fait là, disons-nous, à la fois œuvre de peintre et d'excellent officier d'état-major. On souhaiterait que toutes les batailles fussent ainsi montrées, et coname démontrées au grand public qui les ignore.

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