Elève de TÉcold des Beaux-Arts de Lyon
Mais on ne peut tout citer, à plus forte raison ne peut-on tout décrire. M. Emile Chatrousse* nous donne, cette fois, un projet de monument à élever aux martyrs de l'indépendance nationale. Jeanne Darc et Vercingétorix, Tâme de la France et celle de la Gaule, se donnent la main devant une sorte d'autel, sur lequel est écrit ce mot : Patrie. Le groupe est bien composé et gagnerait encore à être agrandi. C'est une belle création artistique et une bonne inspiration patriotique.
V Amour maternel est signé de M. Robert David d'Angers, élève de M. Allasscur. David d'Angers I Le nom est lourd à porter. L'auteur de ce groupe, qui nous montre un épisode fièrement traité du massacre des Innocents, me parait destiné peut-être à ne point faiblir sous ce poids glorieux.
M. Charles Degeorge ^9 un talent éminent caché sous une modestie profonde, expose deux bustes, l'un en marbre, Jeune florentine, l'autre en bronze, Jeune vénitien au JP siècle. Ce sont deux morceaux admirables et charmants, d'une vérité et à la fois d'une poésie qui font songer à Donatello. M. Degeorge est de tous les jeunes sculpteurs un de ceux sur lesquels on doit le plus compter pour l'avenir.
M. Frémiet ' a voulu, je ne sais pourquoi, paraître excentrique. Son Homme de Vâge de pierre ^ ce robuste sauvage qui danse en un coin du jardin, peut encore passer pour une œuvre d'art digne de l'auteur de tant de cavaliers étonnants de vie. Mais que dire de ce buste colossal de la Guerre, qui surprend tout le monde et ouvre une bouche semblable au trou d'une tirelire T
1. filève d'A.dePujol et de Rude. Médailles en 1863, 1864 et 1865.
2. Élève de Duret, d'H. Flandrin et de M. Jouffroy. Prix de Rome (gravure en médailles) en 1866. Deuxième médaille en 1872.
3. Élève de Rude. Médailles de 3* classe en 1349 et 185ô, de 2« classe en 1851 et 1867 (Exp. univ.). Décoré en 1860.
Sans aucun doute, il y a un rare talent dans ces deux morceaux de l'excellent élève de Rude, et, par exemple, les pendants d*oreilles (ce sont des cadavres humains) que porte la Guerre sont sculptés avec énergie, mais cela dépasse les proportions habituelles. Gela est gigantesque sans être grand. Voilà bien le pire des défauts.
M. Emile Guillemin % qui ne donne au Salon que deux petits bronzes, un rétiaire avec son filet, un mirmillon avec son bouclier, me paraît avoir fait une œuvre plus grande que M. Frémiet avec son énorme Bdlum. Elles sont bien campées; ces figures de M. Guillemin, et ressemblent (c'est leur qualité et un peu leur défaut) à deux personnages des tableaux du Morir turi te salutant deGérome coulés en bronze.
Une jolie statue, c'est le Braconnier de M. Charles Gautier'. Il est assis, il a pris un lapin et il le montre en riant à son chien qui veut le happer. Ce marbre est riant, spirituel, sans manière; voilà un groupe tout à fait réussi et une bonne exposition pour M. Gautier, dont je n'ai pas oublié YAgar et le Saint-Sébastien du salon de 1866.
M. Louis-Noël' expose la Jfmc d'André Chénier. C'est une femme drapée de deuil qui a posé sur une lyre une tête coupée. Gela n*est point mauvais, bien au contraire. Mais je ne retrouve ni les traits de Chénier dans cette tète, qui avait queiqi^ chose /à, ni la muse antique et charmante du poète da*n3 cette femme éplorée. On me dira que n'est pas Athénien qui veut.
VHistriù de M. Ludovic Durand* est, du moins, élégant comme un antique : il se dresse debout, souriant, dans sa nudité d'éphèbe, une draperie glissant de son bras droit le long de son corps, tandis que sa