‹ Peintres et sculpteurs contemporainsChapitre 80 sur 151 · Elève de M. Pils · texte numérisé non relu

Elève de M. Pils

choses actuelles^ mais il s*est épris, lui aussi, du Japon, et il tient à quitter Neuilly, où il est né, pour Yeddo.

La Mous'oumé d'un dai-myâ (il fait bien de nous traduire le texte) est la Fille d'un seigneur japoncns^ debout, à côté d'un autre enfant, et tenant les armes et Tarmure dont leur père doit se revêtir. Le peintre a soin de nous avertir que .c'est là une coutume japonaise. Peu nous importe: toujours est-il que cette figure, peinte par M. Marie, n'est ni sans grâce ni sans valeur. Les armes reluisent sans éclat, lé sabre est bien peint, la laque rouge, l'arc, les fleuts sont des accessoires fort bien traités. Il y a là une étoffe d'un rouge vif qui platt à l'œil et ne fait point taèfie. Il n'est pas enfin jusqu'au cadre que le peintre n'ait japonisi: il lui a donné du bois de bambou. C'est fort bien, tout cela, mais ce n'est pas ce qui constitue une originalité, une personnalité, un pas nouveau dans l'art. M. Adrien Marie, j'en ai bien peur, s'il part jamais pour le Japon, aura quitté la proie pour l'ombre.

Ce n'est pas au bout du monde qu'est la poésie, que nichent l'inspiration et la couleur. L'inspiration est partout autour de nous ; la poésie, sans paradoxe, court les rues. Il suffit de la comprendre et de la saisir. Xavier de Maistre a fait le Voyage autour de sa chambre ; ce voyage peut suffire à bien des peintres qui portent en eux leur idéal.

Cet idéal, au surplus (ne soyons pas injustes), on le cherche partout et on le trouvé où l'on peut. Marilhat le rapporta d'Orient; Daubigny le rencontra aux bords de rOise. Henri Regnault, affolé de couleur, rêvait de monter aux escaliers de marbre, aux gigantesques temples hindous, sous le ciel de l'Inde, et de s'y. griser de couleur. M. Jules LaurensS lui, nous peint,

1. Laubbns (Joseph-Augustin-Jules), né à Carpentras, peintre et lithographe, élève de son frère Joseph-Bonaventure Laurens et de

d'une couleur crue, puissante et qui doit être Traie^les Jardins abandonnés d'Aschref et la Mosquée bleue de Tauris.

Ces paysages persans, d'une Intensité saisissante, avec leurs ombres épaisses, nous transportent râellement dans des contrées nouvelles et ne ressemblent point à des pastiches comme la plupart des œuvres du japonismei II en est de même, ce me semble^ des tableaux de VL* de TournemineS quoique, à vrai diro» je les trouve un peu froids de ton et point asses vigoureux pour des paysages indiens^ MM« de Goncourt

Paul Delaroche. 11 a débuté au Salon de 1S40. Il a ëiposé depuis cette époque : Vite de la Grande- Chartreuse. Environs de Vaucluse (1840-45); les Bords duDanuhej Téazich (1850) ; Sur la route de Téhéran (18ô5) ; Campagne de Téhéran, Près Mariette (1857) ; la Mer Noire à Sinope, Batteuse de beurre, Paysage dans V ancien Comtat-Venaissih , Village fortifié dans le Korassan, Station de Tcharvadars, téhéran. Souvenirs de décembre, Cimetière turc, Teheschmèh'Àly à Rey, VHiver en Perse (1867, Ëx. un.); ForH de Fontainebleau, Plateau d'Auvergne (1868) ; le Chemin des sables, Giroflées et chrysanthèmes (1869); etc. On lui doit en outre un grand nombre de lithographies d'après les peintres contemporains.

M. Jules LelUrens a obtenu eoinme peintre ttùê ^ médaillé en 1857, une médaille en 1867 (Ex. un.), et comme litUegraphe une 3* médaille en 1853, un rappel en 1859 et une médaille en 1861. Il a été décoré en 1868.

1. TouRNEMmE (Charles-Ëtnile Vacher de), néàToùloft en 1(114, mort en 1873. Élève d'Eugène Isabey. Il débuta au Salon de 1846 et exposa depuis, entre autres toiles : Souvenirs de Concc^meaUf les Environs de Vannes, Cavaliers bretons ^ une Plage de Bretagne, Vue près du Croisic, Pâtres bretons ramethanJt tm troupeau, Plage à la marée basse (1853) ; Berger de Smyme, Jeune bergère bretanHey Berger turc, le Cours du Danube (1855, Ex. un.); Café oriental. Cavaliers turcs (1857) ; Souvenirs de Tyr, Oiseaux pécheurs en Asie (1859) ; Café à Àdalia, Flamants et ibis, Soutenirs du bas Ùanube, Souvenirs de Rosette, Sokil cùuehant (1861) ; Ébais d'oiieauM pécheurs, Habitation à Adana, Promenade de femmes turques en Asie (1863); Vue d^une ville de Turquie, tue de Smyme (1865); une Ville de Turquie d*Asie (1866); Retouf de chasse, ta Édite, scènes indiennes (1868) ; Fête dans l'Inde, Épisode d'une chasse en Afrique (1869) ; Éléphant attaqué par des lions, le Lac sacré d'Oudeypour (1872) ; etc. Il a été déooré en 1853.

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avaient jadie imprimé, d^ns leur Manette Salomon^ ties lettres 8ur l'Orient, d'un certain Goriolis tout enflammé dd ca qu'il voyait en Orient, des compagnies de fla- Qljftnts ro^(^6 aux bords des fleuves^ etc. Dr, ces lettres si remarquables étaient, me diUqn, l'œuvre de M, de Tournamine, qui les avait écrites à ses amis MM. de Goncoqrt, C'est dire que M. de Tournemine voit juste et sait rendre avec éclat ses impressions.

l/SUphant attaqué par des Lion$f que M, de Tournemine expose, a de la puissance, à coup sûr, et le tableau garde une coloration et un relief fort remarquables. Cette lutte farouche se livre dans un paysage tourmenté, sous un ciel incendié par le soleil couchant C'est là un m&le spectacle que ne nous a point montré Victor Jacquemont dans ses lettres, trop intimes, snr rinde^ M Lac $aorè d'Oudeypour se rapprocherait da-r vantage, en ce sens, des peintures que Jacquemontnous a faites de l'Indoustan^ Il ^st plus calme, ce tableau, ^t les blancheurs du temple s'élèvent, colossales et dentelées, sur un m\ d'un bleu tendre qui a le tort di^ faire un peu trop songer è certaines aquarelles tombées du pinceau d'une miss anglaise.

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