TREIZIÈME SIÈCLE
Le treizième siècle commence. Nous allons l'inaugurer avec Guido de Sienne, qui florissait en 1221.
Comme ses prédécesseurs, Guido de Sienne ne sort pas , pour ainsi dire , des saintes familles, et même varie peu les compositions de ses tableaux. Les quatre qui se trouvent dans ma collection, sont très-extraordinaires et très-beaux.
Le premier, N° 22, haut de 1,137 millimètres et large de 541 millimètres , est d'une simplicité et d'un goût exquis , d'une couleur éclatante , et
pourtant agréable a l'oeil. L'enfant tient un chardonneret attaché par un fil rouge. ( V. pl. 6. )
Ce tableau, peint à l'oeuf, est très-bien conservé.
N° 23. Père éternel, fond d'or: ce petit tableau haut de 185 millim et large de 212, surmontait le numéro suivant, dont il a été détaché. (V. Un des deux dessins de la pl. 5.)
24. Haut de 1,950 millimètres, large de 975 millimètres, est une magnifique page de l'art au treizième siècle. Ce tableau se compose de six personnages, la Vierge, l'Enfant Jésus, saint Jean, deux saints, dont l'un évêque , l'autre père de l'Eglise ; et enfin, une jeune sainte couronnée, portant un étendard qui parait être celui de Sienne.
Rien de plus imposant que ce tableau, où tout est également d'un fini précieux, ensemble et détails, têtes et costumes. Avec quelle grâce la Vierge porte l'enfant Jésus, mordu légèrement par un chardonneret! Nous appellerions volontiers cette composition, la Vierge aux oiseaux; car le fond en est parsemé. (V. pl. 7.) La tête de la Vierge, vue de face, est d'une précision admirable. Le corps de l'enfant est couvert d'un voile d'une telle transparence, qu'il ne paraît pas que l'on puisse en tisser un pareil aujourd'hui.
N° 25. La Vierge assise, avec son fils dans ses bras, est entourée de deux saints et de deux saintes. Les accessoires sont délicieux et l'emportent certainement sur le principal de la composition, dont les formes sont roides et beaucoup trop arrêtées. Ce tableau paraît au reste inspiré par la mên:e pensée qui a dicté celui dont nous venons de parler; mais les figures sont moins finies, moins expressives, et les poses surtout moins dignes et moins évangéliques (Voyez le second tableau de la planche 8 :) hauteur,893 millimèlres : largeur, 460 millimètres.
L'œuvre de Guido de Sienne est des plus remarquables, et la Vierge aux oiseaux, en particulier, est un chef-d'œuvre qui ne redouterait pas la comparaison avec les plus belles toiles du seizième siècle.