PLANCHE XX
Une jeune femme exécute une danse fort vive en frappant sur un tympanum ou tambourin ; tandis qu’ une musicienne assise , joue de la doidile flûte . Cette espèce de divertissement , composé de danse et de musique , se nommoit acroama ^ . Les femmes qui en faisoient profession , étoient ou. des courtisannes ou des esclaves . La sévérité des mœurs Grecques ne permettoit pas aux femmes libres de se livrer à de pareils exercices, excepté pendant les fêtes de Bacclius , que rien ne rappelle dans cette composition .
- Deux personnages sont spectateurs de cette scène . Un d’ eux paroit être un gymnaslarque ; l’ autre un éphèbe qui semble témoigner sa surprise et son admiration .
Une colonne placée au milieu de la composition , indique que la scène se p>asse auprès d’ une habitation ; peut-être , d’ après les personnages qui y assistent , dans 1’ intérieur du portique d’ un gymnase .
(i) Ttt\nvn . Signifie proprement, le calme ou la tranquillité de la nier . EvJ'ia. , la sérénité de 1’ air . Ici , ces mots s’entendent dans mi sens figuré, et s'appliquent à des qualités morales .
Galené éloit le nom d’ une des Néréides , sœurs de Thétis . Hesiod. Theogon. vers. Dans un temple de Neptune à Corinthe il y avoit une statue de Galène, ou la déesse du calme. Pausan. Ub. ii. cap. i.
K«m«5 ■ Il y avoit une danse , que 1’ on exécutoit au son d’un air de la double flûte, appelée de ce nom. Athe>-.î;us . Uh. XIV. cap. g. Pollux . lib. iv. gg.
(aj .\7rsKf0Tnpa Ttûy J'ctKTV^.ùiv . Ce mouvement expritnoit la légèreté et l’insouciance. Athesæus . lib. xn. cap. 7.
(3) V. Siiprà . page 11.
PLANCHE XXL
Une jeune femme est représentée assise sur un cygne , qui la transporte à travers les airs . D’ une main elle relève l’ extrémité de sa tunique , et de l’ autre elle tient une corbeille ornée de bandelettes . Un Amour dans une attitude nouvelle et fort capricieuse , voltige sur sa tète , et l’ entoure d’ une longue guirlande de laurier ou de myrte .
Il est probable que cette peinture représente Vénus que l’on voit quelquefois ' montée sur des cygnes , quoique plus souvent ils soyent attelés “ à sou char .
Le cygne étoit consacré à Vénus comme divinité sortie des eaux ^ . Pliilostrate ^ décrit une peinture qui offroit une course d’ Amours montés sur des cygnes . Cet oiseau étoit sur-tout consacré à Apollon S et on en entretenoit un grand nombre dans les temples de ce dieu .
Au revers , sont trois jeunes gens avec des couronnes cjui paroissent ornées de joncs ® , ou de feuilles de palmier . Le vase est remarquable par la singularité de sa forme , étant surmonté d une coupe ou patère garnie d’ un couvercle .
PLANCHE XXII. i.
La principale occupation des femmes Grecques dans l’ intérieur de leurs maisons , surtout pendant les temps héroïques , étoit de filer du lin , et de la laine , dont elles se servoient ensuite pour faire les toiles et les draps nécessaires à l’ usage de leurs famil-
(1) Millin. Peintures de Vases, tom. ii. pl. 5!\. Combe. Desciiplion of Ant. Terra-colUis oI tlic Bri-
tish Musetnn . London 1812. Plate ']i.
(2) Vecia levi curru médias Cytherea per auras, Cjpron olorinis vondiim pervenerat alis .
OviD. Metamorpli. lih. x. vers. 17-18.
(3) Le cygne est donné comme atlribut des Nymphes des fontaines et des lacs. La figure ailée et assise sur lin cygne , représentée au revers des médailles de la ville de Camarina en Sicile , a été prisé à tort pour une Némésis, par Eckhell . { Doct. Num. Vet.
tom. I. pag. 200. ) Cette figure représente la Nymphe du lac Camarina qui donna son nom à la ville bâtie auprès. Schol. in Pindar. Olynip. Od. v. vers.
(4) Icônes . lib. i. cap. 9.
(5) Ælian . Hist. Nat. lib. xiv. cap. i3.
Apollon est représenté porté sur un cygne , dans une peinture de la seconde collection d’Hamilton.
Tischbein . tom. ii. pl. 12.
(6) Aa.Kicf'ctifioviet Ka.\et[j,a oTfÇavarrcu . Atuenæüs . lib. XV. cap. i5.
(7) QvfiitTiitsi . Athenæüs . lib. XV. cap. 22.
a a PEIN TURES DE VASES GRECS
les . Homère décrit Hélène , Andromaque , Circé , et Calypso ' , comme livrées à de semblables occupations .
Ce vase de la fobrique de Nola , représente d’un côté une femme occupée à filer . Au lieu d’ une longue quenouille ’ , dont on se servoit ordinairement , elle tient deux fuseaux * ; manière de filer usitée encore aujourd’ bui dans le Royaume de Naples .
Cette femme est vêtue d’ une longue tunique à manebes fort amples , et d’ un grand manteau : sa coiffure est remarquable parles ornemens qui la terminent . Au dessous de cette ligure on lit KAAE Belle .
Au revers du vase , est un jeune bomme envéloppé dans un grand manteau garni d’une espèce de capuchon . Auprès de cette figure on lit d’ une manière parfaitement satisfaisante ho hak kaaos le beau jeune homme , acclamation qui s’ adresse à celui auquel le vase étoit présenté ^ . Cette inscription est d’ autant plus intéressante , qu’ elle restitue la véritable leçon de plusieurs autres semblables , que r on trouve sur les vases , mais qui avoient été mal lues jusqu’ à présent .