‹ Peintures antiques inéditesChapitre 5 sur 28 · X,1 DÉDICACE · texte numérisé non relu

X,1 DÉDICACE

mieux observés el mieux décrits. M. Semper avait ouvert sur ce point une discussion qui a déjà produit d’importants résultats, et qui en promet encore de nouveaux. Quelques aperçus hasardés qui se trouvaient mêlés, dans l’écrit de cet architecte, parmi beaucoup de vues ingénieuses, ont donné lieu à un savant de Berlin, M. Fr. Kugler, de publier un travail où la Polychromie de Y architecture et de la statuaire grecques est envisagée, dans ses applications et dans ses limites, d’une manière aussi complète qu’exacte et judicieuse. Dans le même temps, un jeune et habile architecte, M. Wiegmann, formé à l’école de Goettingue par les leçons de M. K. Ott. Müller, développait sur les divers emplois de la peinture grecque , et notamment sur la Fresque, des vues puisées en grande partie dans l’observation des monuments et dans la pratique de l’art , qui ne seront pas d’une médiocre utilité pour la solution de la question principale. On attend enfin de M. de Klenze un traité sur la Polychromie des Grecs envisagée dans son principe , qui ne peut manquer de fixer sur ce point important l’opinion encore incertaine des savants et des artistes.

Le nom que je viens de citer, pour annoncer une œuvre qui se prépare , m’avertit que j’ai à remplir une autre obligation envers son auteur, que j’ai à acquitter une dette personnelle envers l’habile et savant architecte de Munich, qui avait bien voulu, à ma prière, faire examiner , par un des artistes placés à Athènes sous sa direction , les murailles intérieures du temple de Thésée , pour s’assurer s’il y restait quelque vestige des peintures sur mur qui auraient existé dans cet édifice. Le résultat de cet examen , fait, au moyen d échelles et de lumières, avec le soin le plus scrupuleux et pour ainsi dire a la loupe , est qu i/ ne subsiste sur aucune des masses de l enduit, qui paraît provenir de temps chrétiens, la moindre trace de couleurs, la moindre apparence de traits ou de contours.

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Voilà donc un fait qui devra désormais être admis dans la science avec l’autorité du nom de M. de Klenze, et qui remplacera tant d’observations fugitives, de conjectures hasardées , d’inductions gratuites ou intéressées , auxquelles avait donné lieu le monument dont il s’agit. Le renseignement que j’avais dûàM. Thiersch, les conséquences qu’on avait tirées des observations de M. Semper, auront ainsi perdu beaucoup de leur valeur; et si l’on s’obstine encore à trouver des peintures sur mur dans le Thèseïon, ce n’est plus du moins sur les murailles mêmes de cet édifice , où elles ont tout à fait disparu , qu’on ira les chercher , ce sera dans le texte de Pausanias , où elles ne sont pas davantage.

Je n’ai plus qu’un dernier mot à ajouter : c’est qu’en me proposant pour unique objet de cet écrit, de Rechercher historiquement l'emploi de la Peinture , chez les Grecs et chez les Romains, j’ai réservé pour un autre travail tout ce qui touche à la partie technique de cet art, aux divers genres de peinture , en détrempe, à fresque et à l’encaustique, dans l’antiquité grecque et romaine, de même que je me suis proposé de traiter ailleurs en détail delà peinture des Tombeaux, et de toute une classe de peintures comprises sous le nom de Scénographie. C’est donc une suite de mémoires , rédigés en grande partie depuis longtemps, que je compte publier aussi promptement que les circonstances me le permettront, si toutefois ce premier h uit de mes recherches est accueilli avec quelque intérêt par le public.

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