‹ Peintures antiques inéditesChapitre 4 sur 28 · X DÉDICACE · texte numérisé non relu

X DÉDICACE

gnages qu’il ue connaissait pas, ont passé dans son livre, après avoir été produits dans la discussion , je ne prétends pas m’en faire un mérite ; mais il serait encore moins équitable de me l’imputer à tort. Quant à des erreurs de détail , qui auraient disparu de son ouvrage , et qui se trouveraient combattues encore dans le mien , ce ne serait pas tout à fait en pure perte que cette réfutation aurait lieu. Car des idées fausses, des arguments vicieux, des analogies trompeuses, qui s étaient produits une fois dans cette controverse, pouvaient encore s’y reproduire ; une arme abandonnée sur le terrain , comme inutile ou dangereuse, pouvait être ramassée par une autre main, moins scrupuleuse ou moins habile ; et s’il arrive que, sur quelques points, ma critique manque aujourd’hui d’application, elle ne manquera pas pour cela d’objet, ni peut-être même de mérite.

Maintenant que j’ai accompli la partie la plus pénible de ma tâche, il me reste un devoir plus doux, plus facile à remplir , en déclarant que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre qui vient d’être publié sous le titre de : Lettres d’un antiquaire à un artiste sur l’emploi de la peinture historique murale. Bien que je n’admette pas plus, dans sa généralité, le lait même , que l’expression , qui n’est pas encore française , je puis dire que ce livre m’a paru , sinon d’une instruction trèssolide , au moins d’une lecture fort agréable. On y reconnaît les brillantes qualités de son auteur, une discussion vive et lumineuse , beaucoup de finesse dans les aperçus et de sagacité dans les déductions ; surtout , un rare bonheur à profiter des moindres avantages ; une dextérité qui n’éclate pas moins dans l’emploi des arguments qui lui sont favorables , que dans la manière dont il écarte ceux qui le gênent ; cette adresse qui consiste à étendre ou à resserrer l’acception propre des mots , selon le besoin qu’on en a ; enfin , cette habileté qui tire d’un fait unique une notion générale ,

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et qui supplée par des présomptions ou des conjectures aux témoignages qui manquent. Si l’auteur, écrivant pour les artistes et les gens du monde , a craint de trop paraître homme de collège en multipliant les textes grecs , on sent bien , à la manière dont il emploie le peu qu’il en cite , qu’il est maître de l’instrument qu’il manie ; on voit même qu’il a dû lui en goûter de produire , sur un sujet grave , un livre frivole , destiné à un public superficiel ; au lieu d écrire savamment , pour des lecteurs instruits, comme il en a l’habitude; mais quoi qu’il fasse pour paraître léger, et même quelquefois plaisant, c’est toujours l’habile philologue qui se découvre dans le novice antiquaire. S il se montre sobre de faits , il abonde en raisonnements ; sa critique sur tout est d’une fécondité inépuisable , et toujours sous une forme piquante ; et si , après avoir réussi souvent à détruire des opinions opposées , il n’est pas parvenu à établir victorieusement la sienne, il aura du moins rendu ce service à la thèse que j’ai soutenue , d’avoir assuré son triomphe : car il n’était pas possible d’employer à la combattre plus de savoir, d’esprit et de bonne volonté.

C’est maintenant au public qu’il appartient de prononcer entre deux opinions qui ont donné l’une et l’autre à peu près tout ce qu elles avaient à produire. La question se trouve suffisamment instruite pour être résolue , si une solution est possible ; et trop d’intérêt s’y attache , pour qu’il n’intervienne pas , à la suite de débats si approfondis , une décision satisfaisante. Déjà, en effet, les esprits se sont considérablement éclairés sur plusieurs des points qui louchent à l’histoire de la peinture, notamment sur l’emploi de la Couleur dans les œuvres de l’architecture et de la plastique des anciens ; et l’exagération qui s’était introduite aussi dans cette question tend à se réduire à des termes plus raisonnables, à mesure que les monuments sont

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