A EDMOND POTTIER
AEZAI FMHN BIBAON *IAIH2: XAPIN EPrON ETAIPOY TAN nAAAI EN ZENIHI MNHCAMENOS: KAMATAN
INTRODUCTION
Tj'étude des vases peints, depuis le milieu du xviu'" siècle — car les quelques publications antérieures offrent peu d'intérêt pour la science (i) — a passé jusqu'à présent par trois phases, que l'on peut caractériser brièvement par ces trois épithètes : artistique, exégétique et historique [i) .
Dans la première, à laquelle appartiennent les luxueuses reproductions en couleurs des vases d'Hamilton (3), l'archéologie
(1) Voir, par exemple, les mauvaises gravures données par Montfaucon, Anliqiiité expliquée, t. III, pi. 71-77; Supiilément, t. III, pi. 28-39. La Chausse, dès 1690, et L. Begei-, en 1701, avaient lait reproduire très inexactement quelques vases. Dempster (1723) et Gori (1735, 1736, 1744) furent les premiers à s'occuper des vases avec quelque suite, mais sans compétence. Les 300 planches de l'ouvrage de J. B. Passeri, Picturse elruscorum m vascttlis (1767-75), ne valent pas mieux que celles de Montfaucon et de Caylus (1752-1767). Le texte de cette publication est très mauvais.
(2) Les trois écrits principaux pour l'histoire des études céramiques sont, outre la préface des Peintures de ililVm : Oh. Lenormant, Introrli/clion à ie'tude des vases peints, en tète du premier volume de VÈtite des monuments eéramographiques, Paris, 1844; Jahn, Vasensammlung zu Miinchen, Munich, 1854, introduction ; J. de Witte, Études sur les vases peints, Paris, 1865. Ce dernier travail doit beaucoup à celui d'O. Jahn, qui est un chef-d'œuvre.
(3) 'W. Hamilton était ambassadeur d'Angleterre à Naples (1764-1800). Sa pi-emière collection, acquise par le musée Britannique, fut publiée par d'Hancarville (4 vol.in-fol., 1766-67 ;nouv. éd. enS vol. in-4'', 1785.) Sa seconde collection fut achetée en partie par Thomas Hope et périt en partie dans un naufrage. Elle nous est connue par la publication de W. Tischbein, qui, arrivé à Naples en 1787, y dirigea, de 1790 à 1799, l'Académie de peinlure {Collection ofengravinqs, etc., 4 vol. in-fol., 1791-1803, avec mauvais texte par Italinsky et Fontani). Tischbein avait encore fait graver, d'après des vases d'autres collections, 100 planches qui sont restées inédites (cf. l'inventaire qu'en a donné Heydemann,. /«/»•biœh des Instituts, t. I, 1886, p. 308-313.) Pour des indications bibliographiques plus détaillées, on peut consulter Vinet, Bibliographie des Beaux-Arts, 1874, p. 187 et suiv., ouvrage généralement exact, auquel les appréciations parfois singulières de l'auteur n'enlèvent pas son utilité.
proprement dite est au second plan : l'idée qui domine est celle de modèles à imiter. On se persuade que les vases italo-grecs, que l'on qualifie généralement d'étrusques (i), sont des chefsd'œuvre de composition et de goût dont l'étude doit profiter aux artistes. Cette préoccupation agit si vivement sur les graveurs qu'ils n'hésitent pas à corriger les originaux pour en rendre les silhouettes irréprochables : dès lors, leurs copies ne sont que de belles in fidèles, mom% belles d'ailleurs qu'infidèles, parce que la correction académique où ils prétendent n'est qu'une froide contrefaçon de la beauté.
La seconde phase est celle de l'exégèse. On admire toujours un peu aveuglément les vases, mais on s'efforce surtout d'expliquer dans leurs moindres détails les compositions cjui les décorent (2). Comme ces compositions appartiennent à une époque de décadence, qu'elles sont souvent très compliquées et très obscures, on se lance avec audace dans la voie des explications mystiques et l'on essaie de dérober aux vases peints italo-grecs le secret de croyances ésotériques que les textes littéraires ne révèlent pas.
Cette exégèse effrénée, dont Boettiger a donné d'étonnants exemples (3), n'a passé de mode que de nos jours, par le double
(1) Cf. Uoal{9.\icoa, Antiquité expliqude, t. III, 1, p. 142 (1719), Supplément, t. III, 1, p. 69 (1724.) Même opinion dans les écrits de Buonarota (supplément à ÏEtruria regalis de Dempster, 1724), Gori (1742), Guai'nacci (1747), Caylus (1752), Passer! (1767). L'hellénisme des vases, affirmé d'après leurs inscriptions par Mazocclii (1764), fut défendu avec de bons arguments par Winckelmanu (I763i et surtout par Lanzi il807). En 1829, le prince de Canino, étruscomane fanatique, prétendait encore que les vases peints trouvés en Grèce y avaient été apportés de Vulci pour tromper les amateurs {Bullett. delV Instit., 1829, p. 113.) Hamilton, après avoir considéré comme étrusques les vases de sa première collection, s'est rangé à l'opinion de Winckelraann dans sa lettre à Lord Leicester, imprimée en tote du recueil de Tischbein. M. de Witte fait remonter « aux impostures et aux ouvrages supposés par Annius de Viterbe... cet engouement pour les origines étrusques qui fascina pendant de longues années les antiquaires. " {Études sur les vases peints. Paris, 186a, p. 14) ; il a emprunté cette opinion, dont j'ignore le fondement, à la préface de Millin, p. ni, n. 17.
(2) De là cette tendance, encore vivace aujourd'hui, de vouloir établir un rapport entre la condition, l'âge, le sexe, etc., de la personne inhumée et les sujets représentés sur les vases trouvés dans sa tombe; cf. Jahn, Vasensummlung zu Mûnchen, p. xiii, cxxvii, note 953. Cette méthode d'exégèse a été particulièrement pratiquée par Panofka. Dans le Musée Blacas (Paris, 1830, p. 3), cet archéologue s'élève contre la distinction faite par des « observateurs superficiels » entre le côté principal d'un vase et le revers. « On ne remarquait pas que le sujet représenté sur ce qu'on prenait pour le revers insignifiant de tel vase se retrouvait sur ce qu'on nomme le coté principal do tel autre. » Panofka. partant d'une idée juste, à savoir que les amphores panathénaiques sont des « vases de prix», essaya de distinguer les vas'es de noces, de funérailles, etc., en admettant un rapport symbolique entre les peintures qui les décorent et les événements à l'occasion desquels ils auraient été peints ou donnes en cadeaux. Nous noterons déjà des exemples de cette tendance dans les commentaires de MilUn.
(3) Bœttiger, Griccbische Vasengemulde, Weimar et Magdebourg, 1797-1800; cf. 0. -lahn, Vusen-
elTet de la décadence des théories symbolistes et de la faveur qu'a conquise à juste titre l'étude des vases peints de la Grèce propre. La céramique grecque est comme un grand fleuve dont on a longtemps exploré les embouchures tortueuses avant de pouvoir remonter jusqu'à sa source. Sous l'influence de Gerhard (i), d'Otto Jahn (2) et d'autres savants dont plusieurs vivent encore, on ne s'est désintéressé ni de la beauté intrinsèque des vases, ni de l'interprétation des sujets qui les décorent; mais on a placé en première ligne la valeur historique de ces objets, comme témoignages de l'activité industrielle des ancienset comme monumentsde l'histoii'e de l'art. On s'est efforcé de les classer par provenances, par écoles, d'introduire dans cette masse confuse de poteries un commencement d'ordre chronologique; pour y arriver, on a étudié avec minutie leur forme, leur décoration, leur polychromie, les inscriptions qu'ils portent et les différents alphabets locaux dans lesquels ces inscriptions sont conçues. De même que la marche parallèle de l'archéologie clans le domaine de la sculpture antique a fait un peu négliger ces marbres romains auxquels Winckelmann attachait tant d'importance, de même, dans la céramique, on s'est peu à peu détourné des vases italo-grecs, admirés à contre-sens ou témérairement commentés, pour s'occuper de préférence des poteries primitives d'Hissarlik, de l'Archipel, de Mycènes, de Corinthe, des produits attiques du vi*" au iv' siècle avant notre ère. Peut-être ce dédain des œuvres de la décadence est-il même allé trop loin, car il est rare aujourd'hui de trouver dans un
sammhtng zit Munchen, p. xiii, cxxxvii, note 1009. La première réaction contre la tendance à considérer les vases comme des " signes d'initiation » est due à Slillingcn, Peintures antiques, p. iv; il lut cnorgiquement appuyé par Kramer, Thiersch et Jahn; mais Gerhard ne s'est jamais complètement afl'ranchi des erreurs de Bœttiger. Il est instructif d'observer les hésitations de J. de Witte à ce sujet, Études sur les vases peints, Paris, IS60. p. £0, ligne 2, avec l'erratum à la p. m. L'histoire du ini/sticisme dans la céramique vaudrait la peine d'être racontée en détail; nous devons nous bornsr ici à quelques indications.
(1) Gerhard, Rapporta intorno i vasi Vokenti [Annali delt' Inslit., m, 1831, p. 5 et suiv.) « fondement de l'étude scientifique des vases. " (Jahn, Vasensdmmlung zH Mûnchen, p. .\vi.) Pour la liibhographie des oeuvres de Gerhard, extrêmement nombreuses et de valeur inégale, voir J. de Witte, .Voliee néerotogique sur Éd. Geritmd, dans l'Annuaire de l'Académie de Belgique, 1871, et à part.
(2) Beschrei'iung der Vasensammlung Kônig l.udwigs in der Pinakolliek zu Mûnchen, Munich. 185i. le modèle de tous les catalogues raisonnes de vases qui ont été publiés depuis. Pour les autres ouvrages de Jahn, que nous aurons souvent l'occasion de citer, voir l'index du livre de Hùbner, Bibliographie der klassischen Alterthumswissenschafl. Berlin, ISS'J. *
recueil savant la gravure d'un de ces vases italo-grecs qui faisaient la joie d'un Hamilton ou d'un Tischbein et qui ont encore bien des choses à nous apprendre.
En même temps que l'étude des détails extérieurs des vases gagnait en exactitude et en précision, l'interprétation des peintures s'astreignait à une plus grande réserve. Comme dans l'exégèse des bas-reliefs gréco-romains, on s'apercevait peu à peu que nous risquons de perdre notre temps en voulant dénommer exactement toutes les figures d'une composition complexe, dont l'auteur, mêlant à l'aventure différents motifs, dans une simple intention décorative, aurait sans doute été embarrassé lui-même de rendre compte (i). Après un siècle d'efforts souvent infructueux et une dépense effrayante d'érudition, on a fini par apprendre et par pratiquer l'ars nesciendi. Autrefois, la forme et la provenance d'un vase importaient si peu que les éditeurs du xviii' siècle oubliaient souvent de les indiquer (2); aujourd'hui, c'est la peinture que l'on néglige lorsqu'elle paraît banale ou insignifiante, pour insister sur les couvertes, les vernis, les engobcs, les variétés de bordures, enfin sur tous les indices d'ordre industriel qui permettent d'assigner à une série de vases leur place dans cette hi.stoire de la céramique qui commence enfin à se constituer.
Il est remarquable que l'étude des vases peints, née seulement auxviii'' siècle, présente ainsi, dans ses phases rapides, des caractères tout à fait analogues à l'histoire de l'étude philologique des textes. Là aussi nous trouvons d'abord, à l'époque qui précède la Renaissance et jusqu'au milieu du xvi" siècle, la préoccupation presque exclusive de l'imitation : c'est l'âge de Pétrarque, de Bembo et des grands cicéroniens. A cette période esthétique, si l'on
(1) On avait déjà remarqué que les inscriptions peintes sur vases sont souvent de simples suites de lettres qui ne présentent aucun sens; cf. 0. Jahn, Vasensammlung zu Mttnchen, p. iv, cxm, avec de nombreux exemples. Gerhard voyait encore là une écriture mystérieuse (Neuerworbenc Denkmâler, I,p.21);d'autrcs en avaient tenté les explications les plusbizarres, p.ex. J. deWiliejCatalogue ilrusrjue, n" 15. Cr. Jahn, loc. latid.., p. cxiv.
(2) « On se contentait en général d'indiquer certaines différences de style, qualifiant les beaux vases à couverte brillante de nolans, ceux de style libre d'apuliens, ceux de style négligé avec couleurs pâles et couverte mate de vases do ta Basilicate, les vases à figures noires de siciliens, et l'on se croyait autorisé à conclure do ces critériums à la provenance des vases, qui n'était constatée et indiquée d'une maniOre exacte qu'à titre exceptionnel. » {Jahn, op. laud., p. xv.)
peut dire, succède celle de l'exégèse et de la critique verbale, où J. Scaliger, Bentley et les savants hollandais donnent des modèles. Puis, avec Wolf, Boeckh, O. Mùller et Letronne, nous arrivons à cette période qui dure encore, où le point de vue historique, la recherche des filiations et des origines, domine tous les autres dans l'étude des documents de l'antiquité.
Pour en revenir à la céramique, je ne voudrais point qu'on se laissât induire en erreur par l'expression de phases que j'ai employée. Il serait, en effet, chimérique de vouloir emprisonner chacune d'elles dans des limites chronologiques précises, ou même d'énumérer les archéologues qui, par la nature de leurs idées et de leurs écrits, peuvent être rangés dans l'une ou l'autre. Il s'agit bien plutôt de trois tendances qui ont prévalu tour à tour dans le monde étroit où ces recherches se poursuivent, mais qui, dans une certaine mesure, ont coexisté dans l'esprit des céramographes et ont laissé des traces dans leurs livres. Des hommes comme Ed. Gerhard et Jean de Witte ont fait plus que pressentir la direction actuelle des études de céramique, et cependant, par le gros de leur œuvre, ils appartiennent surtout à l'école exégétique. Les sciences qui se rattachent à l'histoire ne connaissent pas ces démarcations nettes et tranchées qui suggèrent l'idée de créations successives là où il n'y a qu'un développement continu.
L'ouvrage de Millin (1808), dont nous entreprenons de rééditer les planches, est de ceux dont on peut dire qu'ils appartiennent à la fois aux deux premières phases que nous avons distinguées. Les gravures, œuvres d'un élève de Tischbein, Clener, sont nettement conventionnelles et, dans le détail, volontairement inexactes (i) : leur auteur s'est évidemment proposé d'offrir des modèles à l'imitation des artistes. Par un singulier phénomène d'influence, beaucoup de têtes viriles ont pris un profil napoléonien, chose d'autant plus curieuse qu'aux mains des artistes de
(1) Oa doit encore à Clener ies gravures du recueil des Vases du comte de ia/nécriy, avec mauvais texte par A. de Laborde (1813-21); elles sont plus inexactes encore que celles du recueil de Millin.
la même époque, de Gérard el d'Ingres, par exemple, la tète si viooureusenicnt expressive de Napoléon s'était modifiée ellemême à l'image des bustes des premiers Césars et de leurs camées. Si Clcner, dans ses gravures, olfre ainsi un frappant exemple de la tendance esthétique, Millin, dans son commentaire, prend rang parmi les trop savants exégèles qui ont introduit le mysticisme dans la céramique (i). A cet égard, certaines parties de son texte conserveront toujours une valeur de curiosité et nous avons cru devoir en reproduire d'assez nombreux passages. D'ailleurs, comme il était ingénieux et avait d'immenses lectures, bon nombre de ses explications sont justes et n'ont pu qu'être ratifiées par ses successeurs. Cet homme, d'un esprit vraiment encyclopédique, est trop oublié aujourd'hui et mérite d'occuper, malgré ses erreurs, une place honorable dans l'histoire de l'archéologie. C'était l'opinion du grand Letronne, qui défendit Millin contre les dédains de Raoul Rochette (2).
Le second ouvrage dont nous avons reproduit les planches dans ce volume est celui de Millingen (i8i3). Non seulement les graviu-es qu'il a publiées, quoique moins agréables à l'œil que celles de Clener, sont, en général, d'une remarquable exactitude, mais le texte dont il les a accompagnées marque la première réaction sérieuse contre l'abus des interprétations à tout prix et du recours ai-bitraire aux explications mystiques, là même où une interprétation réaliste pouvait convenir. C'est l'œuvre d'un Anglais à l'esprit pratique et dont l'érudition était contenue par le bon sens.
On se demandera sans doute pourquoi, tout en reconnaissant l'infidélité des planches de Clener, nous avons cru devoir les reproduire à nouveau. Notre réponse est déjà indiquée dans la
(1) i< Millin est, je crois, l'inventeur du « génie des mystères » qui a longtemps joué un rôle dans l'explication des vases. >■ (0. Jahn, Vasensammlung zu Mûnchen, p. xiii; cf. ibid., p. cxxxvi, note 1004.) Mais on est allé beaucoup plus loin que Millin dans cette voie se:née d'écueils. L'auteur des Disquisitions upon t/ie painled greek vases and their pvobahle connertioti wUh tlie shows of the Eleusinian and other mysleries (Londres, I8O61, James Christie, émit l'id 'e que les peintures céramiques reproduisaient les ombres chinoises que l'on faisait voir aux iniliés dans les mystères!
(2) Revue (ircltéulogiqite. 1845. p. 762.
préface que nous avons mise au premier volume de celte liihlio- Ihèque des Monuments fifuwf's, mais il n'est pas inutile d'y insister encore. Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, les Peintures de Vases de Millin restent un ouvrajj;e fondamental, indispensable pour l'étude de la céramique; bien peu de monuments dessinés par Clener ont été publiés depuis d'une manière plus correcte et l'on n'a qu'à consulter la bibliographie dont nous avons accompagné nos notices pour connaître le grand nombre des travaux où ces gravures ont été citées et commentées. Les deux in-folio de Millin étant très coûteux et d'un maniement des plus incomjuodes, il nous a paru nécessaire de les mettre à la portée de tous les archéologues. En second lieu, l'inexactitude des dessins de Clener est un inconvénient dont il ne faut exagérer ni la portée ni les conséquences. Les vases qu'il a reproduits appartenant presque tous à la décadence gréco-italique, leur intérêt pour l'histoire de l'art est médiocre, alors que leur importance iconoijraphique est considérable. Or, sauf un très petit nombre d'exceptions que nous avons soigneusement marquées, Clener n'a jamais dénaturé les compositions qu'il a reproduites; c'est ce qui explique pourquoi si peu d'archéologues ont cru nécessaire de rééditer, d'après des copies plus fidèles, les monuments qui ont été gravés par lui. Enfin, comme on le verra par nos notices, ces vases ont passé par bien des vicissitudes et se sont dispersés depuis quatre-vingts ans aux quatre coins de l'Europe; s'il était pratiquement impossible de les faire dessiner à nouveau, il était désirable d'épargner aux archéologues le travail fastidieux et presque décourageant qui consiste à rechercher leur état civil. Ce travail long et pénible, nous l'avons accompli dans la mesure de nos forces; c'est pour nous un devoir de reconnaître l'assistance que nous ont prêtée à cet effet les publications du feu professeur Heydemann, toujours si exact à noter au passage dans les musées la présence de vases publiés dans les anciens recueils. Il est inutile d'énumérer à nos lecteurs les ouvrages que nous avons dépouillés : ce serait donner le catalogue d'une bibliothèque céramique presque corn-
plète. La bibliographie qui accompagne nos notices est abondante, trop abondante peut-être, mais nous n'avons pas cherché à la grossir par des renvois inutiles et nous en avons même supprimé beaucoup que le dépouillement des grands recueils archéologiques nous avait fournis. Chaque citation épisodique d'un vase dans tel article des A?uialioude Y Archœologische Zeitung ne mérite vraiment pasd'être relevée, àmoins qu'elle nesoitaccompagnée d'un rapprochement propre à éclairer l'interprétation de la peinture. Il va sans dire que nous avons recherché et étudié sur place tous ceux des vases décrits par Millin et par Millingen qui se trouvent soit au Louvre, soit à la Bibliothèque nationale, soit au musée de Sèvres; pour d'autres, qui sont actuellement au musée de Vienne, le concours de notre savant ami M. R. de Schneider nous a, cette fois encore, été très précieux ([).
Malgré de longues et consciencieuses enquêtes, vrn certain nombre de vases n'ont pu être retrouvés; nous nous sommes résigné à en faire l'aveu, croyant inutile de consumer en correspondances et en voyages un temps ([ui pouvait être mieux employé à l'avancement de cette Bihliotltpque. Nous prions instamment ceux de nos lecteurs qui peuvent pénétrer dans les collections privées de l'Angleterre, ou qui ont sous les yeux des musées dépourvus de catalogues, de bien vouloir nous aider à remplir les lacunes de notre travail. Déjà beaucoup d'avis de ce genre nous ont mis en mesure d'améliorer notablement le texte des planches gravées pour le Voyage archéologique de Le Bas et publiées par nous en 1888. En remerciant tous ceux, correspondants et critiques, qui ont témoigné jusqu'à présent quelque bienveillance à notre entreprise, nous avons la ferme espérance qu'ils voudront bien lui continuer leur concours.