NM). (N
Panofka, Bilder antiken Lebens, pi. 8, n°' 9 et 8; Jahn, Berichte der snchsischen Gesellschafl der Wissenschaften, 185i, pi. 1, n"4 et 3; Brongniart, Traité des arts céramiques, t. I, vignette du titre; Bliimner, Technologie und Terminologie der Gewerbe und Kïmste bel Griechen und Rômern, Leipsig, 1879, t. II, p. o'2 (3). On trouvera dans ce dernier ouvrage (p. 46 et suiv.)la liste des représentations antiques relatives à la fabrication des vases; l'auteur a donné un supplément à ce travail dans les Mitlheihciigen des deutschen archxologischen InslitiUes inAthen, t. XIV (1889), p. 150 et suiv. (i).
Le texte de l'ouvrage de Millin s'ouvre par une dédicace de Dubois Maisonneuve à l'impératrice Joséphine, suivie d'un Avertissement de Véditeur. Nous y apprenons que Dubois a pris pour modèle la publication de la seconde collection d'Hamilton par Tischbein, et que le dessinateur Clener a toujours calqué les figures sur les vases mêmes. La plupart des « bordures » ont été supprimées pour ne pas trop « partager l'attention que l'on pouvait donner aux figures. »
Les pages suivantes (i-xx) contiennent V Introduction à la connaissance des vases peints de Millin (o). Ce travail a aujourd'hui lieaucoup vieilli, tant par le fond que
(1) Millin, t. I, p. 12t.
(2) Cette intaiUc sur cornaline .•ipp.irtcnoit à la collection du duc de Dcvonshire jMiUin, t. I, p. 124.)
(3) La .seconde inlaillc avait déjà (Hr ^'ravée dans le reciiril d'HancarviUc, t. III, A L'd ni -propos, p. 2.
(4) Voir surtout la belle peinture d'un vase de Ruvo, Aiinati delV Insiitiilo. 1876. pi. D, E (= Baumeister. Denkmiilei; t. Ill, p. 1992, fig. 2137.)
(j) En tête de la p. i, gravure au trait de deux tombeaux de Nola, qu'il nous a paru utile do reproduire. Elle a déjà été copiée librement dans l'ouvrage suivant : Ractulla di vasi antichi, etc. pubblicati da Eiirico Moses, éd. de Milan, 1824, pi. 17. Millin nous apprend (p. vi, note 39) qu'il y avait dans la f;alorie de la Malmaison « un modèle antique d'un de ces tombeaux. "
INTRODUCTION
par la forme ; il nous suffira d'en indiquer sommairement le contenu, en transcrivant quelques passages intéressants pour l'histoire de ces études.
Tt'moignages des anciens sur les vases en métal et en argile. Histoire des études de céramique. Page v : « M. Paars avait déjà trouvé plusieurs fragments de vases peints à
Tombeaux de Nola (p. 2. note 5;.
Athènes (préface d'Hamilton, Peintures de vases, t. II, p. 21), lorsque M.M. Tilson, Berners et Graves découvrirent des vases entiers hors des murs de cette ville, à Mégare et à Milo {ibid., p. 56.) M. Fauvel a aussi trouvé depuis dans Athènes des vases peints {Mar/asin encyclopédique, 1808, t. m, p. J44). » — Page vi : c Tout concourt à faire attribuer l'origine de ces monuments à la Grèce... Les fables qui y sont représentées, les inscriptions en caractères grecs qui souvent accompagnent le* figures, suftîsent pour établir cette opinion. Mais il faut avouer que les fables grecques sont toujours exprimées avec des circonstances particulières, ce qui vient probablement des altérations que les traditions grecques avaient éprouvées dans l'ancienne Italie. » — Lieux où l'on découvre principalement les vases et description des tombeaux. — P. vu, note 43 * : « On a trouvé à Bari, dans un tombeau qui n'avait point été fouillé, plus de cinq cents tessons isolés avec lesquels on n'a jamais pu reformer qu'un seul vase, encore n'est-il pas entier. » — Couvertes et couleurs des vases. — P. vm : « On remarque plusieurs vases (à figures noires) dont les figures sont exécutées comme celles du plus ancien style, mais dont les détails annoncent un temps moins reculé. Ne pourrait-on pas penser avec raison que ces peintures sont des imitations du plus ancien style, semblables aux imitations du même genre qu'on trouve sur quelques marbres antiques, et principalement sur les candélabres"? » — Procédés des artistes. — Formes et grandeur des vases; ornements. — .Signatures de céramistes. — Autres inscriptions céramiques. — Hypothèses sur la destination des vases. — Classification des sujets représentés [cette classification est importante, parce que Millin y renvoie aux gravures inédites de Tischbein et à sa collection de dessins, restée inédite également.] — Vases à sujets bacchiques et mystiques. . — Sujets de l'histoire héroïque. P. siv : « Ces histoires étaient des allégories qui rappelaient, à ceux à qui on donnait ces vases, les exemples qu'ils devaient suivre et les actions qu'ils devaient imiter. » (!) — Sujets gymniques et autres. — Faussaires modernes et vases repeints. — P. xvi, note 357 : « Pietro Fondi a principalement réussi dans ce genre de tromperie; il avait établi sa fabrique à Venise et à Corfou. Il y a encore plusieurs pièces de lui en Italie, mais la plus gramle partie s'est répandue en Europe. Apostolo Zeno en parle dans ses lettres : 111, 197. La famille Vasari, à Arezzo, a fait des vases de cette espèce; il y en a plusieurs dans la galerie de Florence. Voyez Lanzi, Giornale de' litterati, t. .\LVII, art. 1, p. 166. » — Copies de vases antiques faites par Wedgwood et par les frères Piranesi. — Histoire des collections de vases. P. svii : » Dans le moyen âge môme, on a commencé à faire des collections de vases antiques de terre-cuite; Ristoro d'.\rezzo en parle dans un ouvrage imprimé [sic!] en 1282.
MILL1.N. 4 I. l-<^-
Ce goût subsista après la renaissance des arts, puisque Lazaro Vasari s'exerçait à imiter ces vases. » — Principales collections de vases, avec renseignements intéressants sur les collections privées de l'époque (1). — Comment il faut décrire les vases peints.
La Description des vasfs, qui fait suite à V/nfrodurtion. occupe, dans le premier
I. — H(5raklès auprès de l'arbre des Hcspéridcs; « cornaline qui appartenait à Milioti, »
(Millin. t. I. p. 124; cf. i6iV/., p. 6, n. 2.)
II. — Apothéose d'Héraklès, ancienne collection de Hoorn. A'oir t. II, pi. 17.
III. — Cadmos tuant le dragon, ancienne collection Townley. Voir t. II. pi. 7. L'intaille reproduite ici
a déjà été publiée par Gori, Miis. Fhr'nt.. III, 35. 4: cf. Tassic, Catalogue tjei empreintf's, u" 858^.
volume, lii pages et I-2-2 dans le second. La première est ornée de trois gravures représentant des gemmes, que nous avons fait reproduire ici.
Pl. 1. — Formes de y.\ses.
Le n° "2 est le vase dit campana par les Italiens, qui appellent le n» 9 campana hishinrja. Millin rapproche les formes 3, i, 6, 7, 8, il de celle de l'œuf et y voit une allusion aux mystères (p. 1, note 3).
Des planches contenant un bien plus grand nombre do modèles ont été publiées depuis; nous citerons celles qu'ont données Jahn, Stephani, Heydemann, Collignon, Furtwaengler dans leurs catalogues des collections céramiques de Munich, Saint- Pétersbourg. Naples, Athènes et Berlin. Lorsqu'il sera nécessaire d'indiquer la forme d'un vase non figuré sur la planche de Millin, nous renverrons à l'un des ouvrages susdits, de préférence à celui de Heydemann [Vasensammlungen zu Neapel).
Pl. 2. — Bordures de vases.
« C'est à l'observation des vases que l'on doit la variété des bordures dites à t'élritsque, qui embellissent aujourd'hui tous les ouvrages de l'art » (p. 3.) Les types de bordures réunis sur cette planche sont ceux qui se rencontrent dans les vases dont il sera question plus loin. Pour les n" 2 et 3, voir la notice de la pl. 3 du tome II.
Pl. 3. — Vase d'.-VstI'AS. IIéraklès dans le .iardix des Hespérides.
Trouvé en 1803 dans les ruines de Prestum; à Naples dans la manufacture de porcelaine (1808) (2); aujourd'hui au musée national de cette ville.
(1) Nous reviendrons plus loin sur ces détails, en les complétant, dans la description des pl.inches.
(2) Un invcnlaiic il,- r,-u.- mlleciion. fait en 1796. a été publié en 1880, dans le tome IV des Docti-
Haut. 0™i8. — Forme : Heydemann, pi. 3, n° l^i.
Arbre des Hespérides, autour duquel s'enroule un serpent; adroite, rHcspcridc MPMHCA (sic) cueille une pomme pour |-EPAI<AHS: (1); derrière Héraklès, l'Hespéride HHAICA avec un couteau dans la main gauche. Au-dessus de l'arbre, signature de l'artiste : ASISTEAS! ETPAcdE (sic). Dp l'autre côté, HAAVVA donnant à boire au serpent; AMOEIA et AIAPIC, Hespérides, désignées par l'inscription hE^S^PEPIAS à gauche de l'arbre. Dans le registre supérieur, de gauche à droite, bustes de Pan (?) cornu, de TAPA, d'Hermès, de ACHAKIS (■»). Ces noms ont été diversement modifiés par les éditeurs ; on a proposé de lire : " EpjAriTa, Mii'Xnja, 'Hpa, 'AGvaiciç = 'AOtivïCx. Heydemann considère hiZ^P^PlAZ [sic) comme la désignation de l'arbre. Les deux oiseaux figurés de part et d'autre ont été regardés comme une oie et une colombe {Compte rendu p. I8t)3, p. 95), un cygne et un oiseau indéterminé (Klein), un cygne et une iynx (Millin).
Style gréco-italique. Fig. rouges relevées de blanc et de rouge-brun (blanc sur l'arbre). On connaît cinq vases du même artiste, dont trois découverts à Pœstum et unàS.Agatade'Goti (cf. Michaelis, Journal of Hellcuic Studies, t. VI, p. -41 ; H. Winnefçld, Ylw(ea«, dans les Bonner Studien, 1890, p. 166-175.)
Autres gravures : Lanzi, Illuslrazione di due vasi filtili, Rome, 1809, pi. 2, 3 (2); Millin, Gai. mylhol., pi. lli, n" 4 14 ; Guigniaut, Religions de l'antiquité, pi. 181 , n" 665 ; Inghirami, Monumenti etruschi, t. V, pi. 16; Wiener Vorlegebldtler, VIII, pi. 12 W. G. Prime, .Po^ery and Porcelain (New- York, 1879), p. 80 (la Calypso seule).
Autres mentions : Scrofani, Moniteur, 1806, n" 60, p. 236; Millingen, Ancient luiediled monuments, p. 72, n. 16 ; Annali deïï Instituto, 1834, p. 337 ; Raoul Rochette, Monuments inédits, p. 46 ; Stephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1863, p. 95, n° 2; Panofka, Neapels antike Bildwerke, p. 353; Annali deiï Instituto, 1830, p. 147 (y reconnaît les noces d'Héraklès et d'Hébé!): Hirzel, ibid., 1864, p. 335; Gerhard, Akademischc Ahhandlungen, t. I,p. 66 et 76 ; Brunn, Gesehichle derKiinstler, t.lï, p. 661 ; de Witte, lîeeue de Philol., t. H, p. 396; Heydemann, Vasensamnilungen zu Neapel, n''2873; Klein, Die griechischen Vasen mit Meistcrsignaturen, 2° éd., p. 209; Corp. inscr. grœc., n" 8 480; Winnefeld, Bonner Studien, p. 169. Autres citations dans Heydemann, Vasensammlungen , p. 420.
Pl. 4. — Femmh assise sur un vase.
« Ce fragment a été trouvé dans la Pouille et appartient à M. Tischboin. » Millin, 1808.)
Femme assise sur un vase à laquelle une suivante (en blanc dans l'exemplaire colorié) présente un panier servant de corbeille à ouvrage (xàlaôoç).
menti inediti per servire alla sloria dei Mmei d'Italia, t. IV, p. 124 et suiv. Ce catuloguo comprend 369 vases (p. 124-148), plus un appendice renfermant la description dos vases découverts à S. Agata de' Goti {p. 131-159, 90 n»'').
(1) Millin insiste sur la forme I-EPAKAE2I, que donne la gravure, mais Heydemann (pl. S, n°2873) écrit |-EPAi<AI 121.
(2) Panofka, .Annali delV Instituto, 1830, p. 147, dit que ce vase a été publié d'abord par Visconti, Dissertation adressée à M. Nicolas, directeur du Musde de S'aples; c'est une erreur.
MILLIN. — ti — 1, 4-5.
D'autres gravures de ce fragment se trouvent dans la série inédite des planches de Tischbcin (Heydcmann, Jahrb. des Instituts, 1886, p. 31 '2, n" 68) et dans Smith, Dictionary of greek and roman atitiquities, 2° éd., p. 220. 11 a été mentionné par 0. Jahn, Annali delt Inslituto, 1866, p. 329.
Pl. 5. — Sujets bacchiques.
Nola. — Collection de l'impératrice Joséphine à la Malmaison (1808). — Musée du Louvre (vases grecs à figures rouges trouvés en Italie, armoire J.).
Haut. 0"11. — Forme gravée sur la même planche.
Chacun des groupes décore un côté du vase : 1° Dionysos assis, couronné de lierre, tenant une férule ; une suivante lui présente une grappe de raisin. — 2° Silène dansant au son de la double flûte que joue une Ménade.
Recollé grossièrement. Dessin commun. Pas de rehauts blancs.
Le fonds de la collection céramique de la Malmaison (1) est un présent de trentesix vases fait à la femme du Premier Consul par la reine de Naples (l'archiduchesse Caroline) en 1802; ils étaient compris dans un lot de 123 antiquités de choix, bronzes, bijoux, pointures, etc., provenant toutes de la Campanie. Les plus beaux vases, désignés pour être expédiés à Paris, furent soustraits, dit-on, avant le départ de l'envoi et remplacés par d'autres (2). Ceux qui arrivèrent à la Malmaison furent décrits sommairement et inexactement par Carelli dans le Magasin Encyclopédiqun de Millin (1803, t. II, 9, p. 224-238). « Après la mort de l'impératrice Joséphine, écrit J.-J. Dubois (3), M. Durand (4) ayant acheté tous ces monuments en forma deux parts, dont l'une (les peintures antiques, les vases (5) et quelques bronzes) fit partie de la collection qu'il vendit au Roi [Charles X] en 1824, et l'autre comprenant les principaux marbres, quatorze bronzes et la totalité des bijoux fut cédée à M. le comte de Pourtalès. Nous ajouterons en outre que le célèbre camée représentant Philadelphe et .\rsinoé, celui d'Alexandre et d'autres pièces également précieuses, avaient été donnés en 1814 par l'impératrice Joséphine à l'empereur Alexandre. » La collection Durand fut achetée par décision de Charles X (14 décembre 1824, 2 mars 1825) au prix de 480 000 francs payables en six fois; elle comprenait, outre les antiquités, un très grand nombre de faïences, d'émaux, de bronzes, de bijoux, etc. Le nombre des vases peints atteignait 1 250, celui des bronzes antiques 1 760. M. Courajod a publié, dans le Ihdleliu monumental de 1888 (p. 329-380), les
(1) Les renseignements qu'on trouve dans l'ouvrage de Courajod, Alex. Lenoir, son journal et le musée des momnnents français, Paris, 1887, t. III, p. 313, sont insuffisants en ce qui concerne les antiquités. Quant à M. de Lescure {Le château de la Malmaison, Paris, 1867, p. 61), il présente les vases de cette collection comme un « tribut des exhumations d'Herculanum et de Pompei! >>
(2) C'est ce qu'affirme J.-J. Dubois, homme d'ailleurs peu digne de confiance, dans une note de sa Description desantir/ues faisant partie des collections de M. le comte de Pourtalès, Paris, 1S41, p. 109.
(3) Jhid. Joséphine mourut d'une angine au printemps de 1814.
(4) Le chevalier Edme-Antoine Durand, no à Auxcrro le 8 janvier 1768, mort à Florence le 28 mars 1833. Une Notice sur feu M. le chevalier Durand, signée S. Ph. Ch., a paru chez Didot au mois de février 1836; elle ne contient que des phrases creuses et ne mérite pas d'être lue.
(.")) Un certain uombre de vases autrefois à la Malraaison ont disparu; j'ignore si les membres do la lainille impériale les possèdent encore, ou si Durand les a vendus avant de céder l'ensemble do sa collection à Charles X.
lettres échangées entre MM. Tiirpin de Crissé, de Clarac, de Forbin, de Luynes et de La Rochefoucauld au sujet de cette grande acquisition et les a fait suivre de l'inventaire des séries relatives au moyen âge et à la Renaissance. L'inventaire manuscrit de la collection d'antiques, rédigé avec beaucoup de négligence, existe aux archives du Musée du Louvre. Il comprend 4 996 numéros, dont 1318 vases grecs (peints et non peints). Clarac a annoncé l'organisation de cette collection dans le Moniteur dn 14 décembre 18'24: « Réunie à ce que possède déjà le Musée Royal, pour qui S. M. Louis XVIII avait acheté la collection de vases antiques de M. Tochon (1), celle-ci sera digne d'y former de nouvelles salles qui, par leur beauté, mériteront de se voir décorer du titre de Musée Charles X. » — Cf. aussi le Journal des Dchats du 23 décembre 1824 et le Moniteur du 20 janvier 1825.
Millin s'était déjà occupé de la collection de la Malmaison dans le second volume de ses Monuments inédits; on y lit à la p. 159 : « Outre plusieurs camées intéressants dont je dois enrichir ce recueil, M"" Bonaparte a bien voulu me permettre de faire dessiner et graver la collection de vases grecs qui lui a été envoyée parle roideNaples et qui est à la Malmaison, avec les peintures antiques et les instruments tirés du cabinet de Portici, qui font partie du même présent. Les instruments, les peintures, les vases seront dessinés et gravés avec le plus grand soin, représentés en couleur, et la beauté de l'impression répondra à l'importance de l'ouvrage, qui comprendra plus de 60 planches. Beaucoup de dessins sont terminés et j'espère que l'ouvrage pourra être publié au printemps de l'année prochaine. >> Ce livre annoncé n'a jamais paru. En 181(^, on mit en vente à Paris la première livraison d'un recueil in-folio dont voici le titre : Peintures \ vases et bronzes antiques \ de la Malmaison, \ décrits et publiés I par M. Alexandre Lenoir, \ administrateur du Musée itnpérial des monuments français, | conservateur des objets d'art de la Malmaison, | gravés par M. y.-X. Wille-
min. I Ouvrage dédié à S. M. l impératrice Joséphine. \ Livraison 1 | Paris \ De
l'imprimerie d'Hacquart, rue Git-le-Cœur, n°. 8 | 1810. — On annonce encore sur la couverture que le recueil formera deux volumes, composés de 144 planches, accompagnés d'une notice qui sera délivrée à la fin de l'ouvrage; qu'il paraîtra une livraison tous les deux mois k partir de février 1810; que tous les exemplaires seront coloriés, etc. Après avoir vainement cherché cette publication à la Bibliothèque Nationale, à l'Institut, à la Soi'bonne et au Louvre, j'appris par M. Benndorf qu'il existait à la bibliothèque de Goettingue un exemplaire de la 1" livraison. Grâce à la complaisance du directeur de ce dépôt, j'obtins que la livraison en question fut expédiée pour quelques jours au Musée de Saint-Germain, où j'en fis prendre des photographies; un exemplaire des épreuves ainsi obtenues est déposé dans notre bibliothèque, un autre a été offert à celle du Louvre. Les six planches de la V livraison reproduisent des vases connus : 1,2 = Berlin, n» 2 451 (2); 3 =; Louvre, vases italo-grecs, 2° salle, armoire F; 4 = Louvre, ibid., armoire E; 5 = Louvre, ibid.,
(1) Tochon (d'Annecy) avait projeté de publier sa coUection de vases; les planches qu'il fil graver à cet etlct existent à la chalcographie du Louvre et sont mentionnées dans le catalogue do ce dépôt (Paris, 1881, p. 83-88), mais d'une manière si sommaire que ces indications ne peuventétrc d'aucun usage. Cf. Heydemann, Pariser Antilcen, p. 38, n. 13.ï.
(2) Ce vase avait figuré dans la collection Pourtalès. U n'est donc pas exact, comme le dit Dubois, que cet amateur ail acquis seulement les bronzes et les bijoux de la Malmaison. Dans le catalogue de la vente Pourtalès (186.3), le vase en question porte le n»230; Dubois fait allusion à mie gravure
1" sallo, armoire K ; 6 = Louvre, i//id.. i^ salle, armoire G. Il est bien singulier que côtte publication soit ignorée de tous les bibliographes, qu'elle ne soit mentionnée ni par Brunet, ni par Graesse, ni par Quérard, ni par Vinet, ni par le Catalogua de Kensington ! M. 0. Benndorf m'a fait observer que les deux premières livraisons figuraient dans le catalogue de la bibliothèque privée d'Otto Jahn (1) ; j'ignore ce qu'est devenu cet exemplaire, qui n'est certainement pas à Berlin, coamie M. Furtwaengler a eu l'obligeance de m'en assurer.
Pl. 6. — Apollon et Marsyas.
Italie méridionale. — Musée Gori (du temps de Passeri). — Collection de la Malmaison (1808). — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire A.)
Haut. 0,29. — Forme pl. 1, n" 2.
La lutte entre Apollon et Marsj'as va commencer en présence des Muses. Apollon tient une lyre et un rameau de laurier, Marsjas la double flûte. Auprès de Marsyas est l'arbre où il sera suspendu après sa défaite (chêne, Millin; platane, Lenormant et de Witle). Des trois Muses présentes, toutes couronnées de lierre, l'une tient le rouleau et la lyre, la seconde n'a pas d'attributs, la troisième tient une caisse carrée (étui de la lyre d'Apollon). — Le revers du vase, qui est inédit, représente un jeune homme ayant la main cachée sous son manteau et regardant un autre personnage qui s'appuie sur un bâton; un troisième, la main étendue, « parait vouloir l'instruire. » (Millin.) Ces figure manteUate sont très fréquentes sur les vases et n'ont pas besoin d'être décrites avec détail.
Le bord du vase est orné d'une couronne de laurier et le bas d'un méandre qui alterne avec un labyrinthe. — Arbre et autres parties en blanc.
Dessin très incorrect, arrangé par le graveur. Une grande partie de la figure de Marsyas est moderne {Élite céramogr., t. II, page 211, n. i).
Autres gravures : Passeri, Pictwx Etrmcorum, t. III, pl. 2i4 (très mauvaise); Inghirami, Vasi Fittili, i. IV, pl. 325; Lenormant et de Wilte, Élite des monuments céramographiquesjl. II, pl. 70, p. 211 : Overbeck, KunstmythologieA. III, Atlas, pl.2.4, n" 19.
Mentions: Gerhard, Antike Bildwerke, p. 225; Stephani, Compte rendu de Sainl- Pftershourg p. 1862, p. 106; Overbeck, A'unstmythologie, t. III, p. 422; Heydemann, Pariser Anlikcn, p. 38; 0. Bie, Die Musen in dcr ontiken Kunst, p. 11.
Pl. 7. — ScÈ.NE BACCmOUE.
Santa-Agata de Goti^?)— Collection de la Malmaison (1808).— Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire P. Diam. 0™,082. — Forme pl. 1, nM2.
ancienne qui en a été faite et qui n devait faire partie d'un recueil des antiques du cabinet de la Malmaison » (p. 61, n. 1). Nous verrons plus loin que, dès 1813, Durand a vendu un vase à Pourtalés (pl. 10 et 11).
(1) Olto Jahn's BM'wthek, Bonn, 1870, Archœulogie, p. 92, n» 2 485 : ■. Leuoir, /v;«/(/)es, vases et (ironzes aiiliques de la Malmaison. Livr. 1, 2, av. 12 pli. col. Paris. 1810. fol. >■
Mii.uN. — 9 — I, 7-9.
« Danse animée d'un Satyre et d'une Ménade » (Millin). Le Satyre est vtMu d'une peau de panthère; à ses pieds est un tliyrse. La Ménade tient un tambourin qu'elle frappe avec une branche de lierre ; le Satyre parait vouloir s'en emparer. — Le revers de ce vase est figuré en partie sur la pi. t , n" 1 2 {figure mnntellute) . 11 y a deux groupes : 1° trois figures drapées, celle du milieu tenant un bâton; 2" un pédagogue entre deux éphèbes drapés tenant un strigile.
(i Couleur pâle, vernis grossier >> (Millin).
Autre gravure: Inghirami, Vasi Fitlili, t. IV, pi. 37 i.
Mention: Heydemann, Pca-îser Antiken, p. 38.
Pl. 8. — Scène dk Sacrifice.
Italie méridionale. — Collection de M. d'Igé « ancien conseiller au Parlement de Paris, qui possède plusieurs pierres gravées antiques et quelques vases curieux. >> (Millin, t. I, p. 16). — Hauteur 0",38. — « On voit la forme de ce vase au bas de la gravure; il diffère de ceux qui sont figurés sur la première planche; il est couronné d'une branche de laurier et les anses sont entourées d'une bordure ».
Autel composé d'une base carrée posée sur un double socle; à droite, jeune ministre tenant une longue broche, à l'extrémité de laquelle est une masse de viande et de graisse (i); un joueur de double flûte; à gauche, un sacrificateur prenant de l'encens (?) dans une corbeille que tient un second ministre et qui parait contenir aussi des branches de myrte. — Les couronnes des personnages sont ornées de rehauts blancs.
Autres gravures (d'après celle de Jlilliii) : Panofka, Bildn- nntik. Lebvns, pi. 13, n° 7; Gerhard, Archdol. Zeitimg, 1845, pi. 3(i, 3, p. 180; Lenormant et de Witte, Êliti' léramograpk., t. II, pi. 107, p. 364; Guhl et Koner, Das Leben der Griechen und Romer, 3° éd., p, 370, fig. 327; Weisser, Lebensbilder ans dem klass. Allerthum, pi. 11, 10 (2). Une composition analogue est gravée dans les Auserlcsene Vasenbilder de Gerhard, t. III, p. 21, pi. 155.
Avoir, pour ce sujet et d'autres semblables, Stephani, Compte rendu di' Saint- Pélersbowg p. 1868, p. 131, n. 2 et p. 132; Michaolis, Annali deir JnstU., 1857, p. 246; MUani, Il mi lo diFiloftete, p. 64, note. Pour la corbeille, cf. Roulez, Annali, 1843, p. 131.
Pl. 9. — Cortège b.\cciiioue.
« Par son style noble et grandiose (ce vase) paraît être sorti des fabriques de Sicile ou de Syracuse. » (Millin, 1. 1, p. 20) (3). — Ancienne collection de M. de Lalo, précepteur du jeune prince héréditaire fils de l'ancien roi de Naples. — Collection
(1) Millin n'a rien comiJris à cel objet; voir Homère, Iliade, I, 462 et Compte rendu de Saiiit- Pélersbourg p. 1868, p. 131, n. 4.
(2) M. Milani (Il mllo di l'iloltete, p. 64, note) renvoie encore à « Dubois Maisonneuve, Peintures des vases antiques, t. I, pl. 8. " Mais c'est là ua simple doublet do la citation de J'ouvragc do Millin qu'il a faite dans la nirine note. Do pareilles confusions entre ces deux recueils de ])lanclios ne sont pas rares, sans doute parce que peu d'arclicologues ont l'occasion de manier le second.
(3) Probablement découvert à Nola.
MILLIX. — 10 — I, 9-H.
Coghill(l). — Musée du Louvre [vases grecs à figures rouges trouvés en Italie, armoire B). — Haut. 0",i3. — Vase campaniforme, pi. 1, n° 2.
Procession dionysiaque. MAP^YASI jouant de la double flûte; HAMAIAIA tenant un canthareetunthyrse ; AIOHVSIOS;, avec les mêmes attributs ; HOAICTOS; avec un marteau. Les personnages sont couronnés de lierre, sauf Héphaestos, qui porte une sorte de pileus. Millin rappelle le passage de Pausanias (I, 20), où il est question d'une peinture, dans le temple de Dionysos à Athènes, représentant ce dieu qui ramenait Héphaestos enivré au ciel. — Quelques touches de blanc.
Au revers de cette scène, trois éijhébos manicllali; celui de droite s'apiiuie sur un bâton.
Autres gravures: Millingen, Vases de Coghill, pi. 6, 7; Millin, Galerie mythologique, pi. 83, u" 33(5; Guigniaut, Religions de l'antiquité, pi. 143, n" -471 ; Lenormant et de Witte, Élite des monum. céramogr., t. I, pi. il, p. 112; Duruy, Histoire des Grecs, t. H, p. 391.
Mentions: Corp. inscr. grxc., t. IV, n° 8356; Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, t. I, p. 215; Stephani, Compte rendu de Saint-PélersboHrg p. 1868, p. 101, n. 2 (énumération de monuments analogues); Jahn, Vasenbilder {;\.^'i9), p. 19; Panofka, Musée Blacas, p. 42; Heydemann, Salyr-und Bakchennamen, p. 16; Pariser Anliken, p. 38 (2).
Pl. 10 ET 11. — TllÉSIîU COMBATTANT LKS AMAZONES.
Ce vase a été découvert à Nolaen 1801 ; il étajt renfermé dans une grande urne en pierre avec couvercle scellé. E. Durand, alors employé à la suite de l'armée d'Italie, l'acheta et le rapporta à Paris. Il passa de la collection Durand dans celle de Pourtalés (1813), puis, en 1865, dans celle de M. le duc d'Aumale. Aujourd'hui au château de Chantilly (1890). —Haut. 0",38. — Forme pl. 1, n" 4.
1" sujet : Thésée, OHSIEVS: (3i, perce de sa lance l'amazone inPOAVTH, derrière laquelle marche une autre amazone, AEIHOMAXH, qui décoche une ilèche au héros.
2' sujet : Trois figures debout, le jemic POAITHS a]ipuyé stu' une lance entre 4>VAOHOH et AElhlOMAXH. Suivant Yisconti, il y aurait 1;\ une scène nuptiale entre personnages réels; AEINOMAXH, belle-mère de POAITHS:, lui offrirait un vase en cadeau et la scène précédente, où figure l'amazone AEINOMAXH, ne serait qu'une allusion au nom de la donataire. Welcker et Stephani prétendent, au con-
(1) <■ Pendant un sojour de plusieurs années à Naplcs, M. do Lato, trisoriei' de la feue Reine, s'occupa avec ai-deur de la recherche et de l'acquisition de Tases peints... A sa mort^ M. le chevalier de Rossi... acquit cette collection et en fit dessiner et graver avec un soin extrême, en trente-neuf planches, les vases les plus intéressants... M. le chevalier Coghill qui possède aujourd'hui cette collection, l'a augmentée considérablement par divers achats faits à Naples, entre autres par celui des vases de M. Bonnet, n (Millingen, Peintures antiques de vases grecs de la collection de sir John Coghill Bart., Rome, ISn, Avertissement, p. 1.)
(2) Arndt (Studien zur Vnsenicunde, ji. 11!)) et Wornicke (Die griechischen Vasen mit Lieblingsnamen, p. 57) renvoient l'un et l'autre à ce vase, qu'ils croient identique à Panofka, Eigennamen, pl. 1, ■) et à ïischbein, I, 32 (.31). Ce dernier vase n'a rien de commun avec celui qui nous occupe.
(3) Millin a l'ait observer l'analogie que présente cette figure avec le prétendu Gladiateur d'Agasias, fils de Dosilheos d'Éphèsc (t. I, p. 27). Celte idée juste, déjà suggérée par Yisconti. a été trop peu remarquée et l'on s'en est écarté depuis pour chercher dos explications iibsurdes.
MILLIX. — 11 I 11|2.
traire, que POAITHS est le jeune athénirn qui vient d'iitre inscrit sur le registre civil et qui va partir pour son noviciat militaire : ils interprètent 4>VAONOH et AEIHOMAXH comme des allégories (*VAH, MAXH1. Cette dernière explicaliou, moins invraisemblable que celle de YiscMuti, [laraît cependant bien reclierchée. — Quelques rehauts blancs.
« Ce vase, dit Millin (t. I, p. •24), est justement regardé comme un des plus beaux que l'on connaisse, à cause de rèlégance de sa forme, de la beauté de son vernis, de la pureté du dessin, de Timportance du sujet et do sa parfaite conservation... Les ligures, qui sont épargnées sur le fond, ont une teinte rouge plus fonc('e que celles des vases de Sicile. La couverte est du plus beau noir et de la plus parfaite égalité. » — Sur le piédoucbe du vase, on lit le graffite SIPOI.
Autres gravures : Millin, Monuments inédi/x, t. 1, pi. ;i(i, p. 33o, 331, 373 (li; Galrrii; mythoL, pi. 129, n° .490; Dubois Maisonneuve, fnlrod. à l'étude des vases, pi. 7, i (mauvaise), p. 7; Visconti, Momimenli scelti Borghesiani, tav. d'agg. B, C, reproduites avec texte dans Panofka, Cabinet Pourtalks, pi. 3S, 36, p. 3-:20; l'anofka, Recherches sur les noms des vases, ^\. 9; Bilde.r anliken Lebens,^\. 6,7; Welcker, Aile Denkmûhr, t. III, pi. -21, p. 3i2;Krause, 'EWrcnvA, I, -1, pi. 21, 81 ; Guigniaut, Religions de rantiquité, pi. 197, n" 709; Saglio, Dictionnuirr, t. 1, p. 222, et dans beaucoup d'ouvrages de seconde main.
Mentions. — Outre les travaux que nous venons d'indiquer et qui accompagnent des gravures "de ce vase, on peut consulter : .1/(/g'r(,v//( Encyclopédique, 1803, neuvième année, t. II, p. 134-172 (article signé T. F. W.); Dubois, Description des antiques faisant partie des collections de M. le comte de Pourtalès-Goi-gier, Paris, 1841, n° 203; Catalogue de la galerie Pourtalès (1863), p. 32, n" 21i; R. Rochette, jI/o(î. inédits, p. 106; Journal des Savants, 1835, p. 227; R. Rochette,«p. Welcker, Alte Dcnkinâlnti, t. III, p. 347; K. 0. Millier, Gotting. gel. Anzeigen, 1837, p. 1879; Panofka, Musée Blacas, p. 4; Annali deW Instituto, 1833, p. 66; Braun, ibid., 1837, p. 192; Welcker, ibid., 1847, p. 299; Kluegmann, ibid., 1867, p. 211; Minervini, Butlett. napalitano, 1843, p. 76; Kluegmann, Z)i'e Amazonen in di'r altisrhi'n Lilcrntnr tind A'nnsI, p. 48 (2); Stephani, Compte 7-endu de Saint-Pétersbourg p. 1860, p. 14 isur le second sujet); p. 1866, p. 172, n. 2; p. 1873, p. 131, n° 124; Corp. inscr. graec. t. IV, n° 8441.
Pl. 12. — Sui;t indéterminé.
AnciennecoUection llope à Londres (180S.)—ThoniasHope avait acquis la seconde collection d'Hamilton, gravée par ïiscbbein, à l'exception des vases qui périrent dans le passage de Naples à Londres; il y réunit vers ISOOla collection de lord Ca\vdor(3) et d'autres particuliers, ainsi que quelques-uns des plus beaux vases de la collection de M. de Paroi (Millin, Introduction, p. xvin.) (4). M. Michaelis place en 1801 l'acqui-
(1) La forme seule du vase, sans les peintures, est gravée dans le morne ouvrage, pl. 35, p. 335.
(2) Kluegmann dit i tort que ce vase est au Musée Britannique (Die Amazonen. p. 48).
(3) D'autres vases de la collection Cawdor furent acquis par Sir Henry Englefleld (Vases /'mm Ihe collection of Sir Henry Englefield drawn and entjraved l/ij Moses, Londres, s. d., p. 3). — Le mtnie amateur possédait quelques vases des collections do Cliinncry et de Coghill.
(4) Millin dit, en 1806, que le cabinet Hope compte plus de 1300 vases peints [Moniimeiils im'di/s, t. Il, p. 15). De ce nombre était le fameuï vase de Taleidf'S (plus loin, t. II. pl. IM).
siliou de la collection Hamilton par Hope {Ancien! marOles in Greal Britain, p. 106). Après avoir été luxueusement installée à Londres (Duchess Street) , la collection Hope fut transférée au château de Deepdene (Surrey). M. Michaelis, qui l'a visitée pour la seconde fois en 1877, n'y vit plus que des restes de l'ancienne collection [op. Inud. p. 293). On sait que Hope vendit ISO vases en 1805, et que d'autres furent mis aux enchères en 18i9 [Afchâo/. Anzeii/ei\ 1849, p. 97), mais il semble qu'une troisième vente a dû avoir lieu entre IStil (date de la première visite de M. Michaelis à Deepdene) et 1877. Le mystère dont les amateurs anglais entourent leurs trésors ne permet guère de savoir ce que les beaux vases de Thomas Hope sont devenus.
Haut, non indiquée par Millin, qui ne donne pas non plus d'indications sur la forme.
La présence de la férule bacchique empêche de voir dans cette scène un épisode de la vie du gynécée. « Ces trois femmes sont seulement des initiées aux mystères do Bacchus » dit Millin (t. l, p. 28.) Autant ne rien dire. Stephani considère ces femmes comme des Ménades ou des suivantes de Dionysos {Compte rendu de Saiiit-Pétershnin-g p. 1869, p. 91, n. 2^ — Rehauts blancs sur les coiffures.
Pl. 13. — Cavalier iïaliotic.
Santa-Agata de'Goti — Collection de la Malmaison (1808). — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle H, vitrine A.)
Haut. 0", 30. — «Laforme est celle d'une bouteille (1). » Millin dit à tort (t. I, p. 28, n. 7) qu'elle est gravée au bas de la planche.
Une femme présente à boire à un cavalier dans un canthare; elle tii^U un second vase dans l'autre main. Le guerrier, coiffé d'un casque à grandes aigrettes, est vêtu du costume particulier aux Messapiens, Peucétiens et .\puliens. H tient une sorte d'étendard (2). — Une grande palmette occupe le revers.
Mauvais style, que ne laisse pas deviner la gravure. Les figures sont d'un ton jaune pâle, le cheval blanc.
Mentions : Raoul Rochelte, Munumenls inrdils, p. 83, 97; Helbig, Annali dell' Ins/it., ISiio, p. 281, i[ai rapproche ce vase des peintures découvertes à Paestum, Monum. dell' Instil., vol. VHI, pi. 21 et Annali, 1863, tav. d'agg. N, 0, où l'on voit des guerriers avec costume identique (3); Heydemann, Jahrb. des Imtiluls, 1886, p. 265, note 20 (indication de vases analogues); ibid., p. 31 1, n° 60 (vase analogue reprodviitsurune des planches inédites de Tischbein, avec croix gammée sur l'étendard; cf. Tischbein, Collection of eng)-avint/s, t. HI, pl. i2 et 17.)
Pl. 1i, 13, 16. — .\ciiiLLi; et Tuétis. — (lirnANnE funéraire. — Le Soleil.
La provenance de ce vase n'est pas indiquée par Millin : elle est probablement
(i) Furtwacngler, Vnsennaminlunf/, pl. 4, n" 7, reproduit un vase de même forme.
(2) Millin ot Raoul RochiHto veulent y recounaiti-o « une chlamyde, prix de la victoire, n (Millin, t. I, p. 28; R. Rochctle, Moniimenls iin'dits, p. 97).
(S) Cf. Panofka, IMe.isapj, dans les Anitall deli Instiliilo, 1852, p. 316, pi. M, N, 0, P; Saglio, Dictionnaire des antiquités, t. I, p. 67i-67") (article BnrioW) ; Lenormant, Gazette archcotogifiiie. 1881, p. 99, avec nombreux rapprocliemenls ; Duruy, Histoire des Romains, t. I, gravures aux p. 324, 325,
apulieiine. — Bibliothèque du Vatican. — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, au milieu) (1).
Haut. l",Ol. — Forme pi. I, fig. 8. Les enroulements des anses sont ornés de mascarons et ces anses elles-mêmes sont terminées par des cols de cygne.
1° (pi. 14). — Achille assis, recevant Ulysse coiffé d'un pétase et appuyé sur un bâton; deux autres personnages assistent à la scène (2). Plus bas, un héros assis s'appuyant sur une lance et un bouclier. Au-dessous, Thétis, assise sur un hippocampe, portant la cuirasse d'Achille; derrière elle une Néréide.
L'objet que tient Achille do la main gauche a été figuré comme une cnémide par Winckelmann; c'est en efTet ce que l'on distingue nettement sur l'original. Clener, croyant apercevoir « des jambes séparées et un bouclier », a dessiné le Palladium, absurdité qui a été signalée par Raoul Rochette {Monuments inédits, p. 90) et à sa suite par d'autres archéologues (Jahn, Annali dell' Instit., 1858, p. 2-il ; Heydemann, ISereiden mit den Waffen des Achill, note H E.) 0. Millier s'y était trompé [Hand/nu/i derArchxoL, §415, 1)(3).
La gravure de Clener est encore inexacte sur deux points. L'objet que tient le personnage à droite d'Achille présente des rayons qui se prolongent jusqu'à la circonférence : c'est donc plutôt une roue qu'un bouclier. La Néréide à gauche de Thélis relève de sa main gauche un pan de sa tunique, que la gravure n'indique point.
2° (pi. 15). — Offrande funéraire; un homme consacre une couronne, une femme apporte une grappe de raisin. Sur la stèle, que surmonte un vase, sont attachées des bandelettes.
3° (pi. 16). — « Un méandre règne au bas de la représentation et lui sert de limites. La bordure du haut, pi. 16, est composée d'oves. Le col du vase est décoré d'une figure du Soleil dont la tète est radiée et dont les chevaux, attelés à itu timon recourbé, sont alternativement jaunes et blancs ; au-dessous est un animal à pieds fourchus et dont les poils lloconnés ressemblent à des taches; ne serait-ce pas le signe du bélier ou celui du capricorne"? Les figures qu'où voit de chaque côté sont placées sur les anses; ce sont deux génies ailés... dont l'un va présenter à ces chevaux un collier de perles, l'autre verse dans un large bassin... quelque breuvage céleste pour les rafraîchir... Vers la lèvre du vase est l'ornement figuré au bas de la mémo planche : on y voit un beau buste de femme dont le cou est paré d'un double collier; il paraît sortir du calice d'une fleur d'où naissent de chaque côté des enroulements du genre que nous appelons arabesques. » (Millin, t. I, p. 33.) — Millin a exprimé l'opinion singulière que toutes les scènes figurées sur ce vase se rapportaient à des cérémonies mystiques. « Le buste de la jeune nymphe me fait penser que ce vase a été fait pour une femme ; elle sort du sein des fleurs, ce qui annonce qu'elle retrouve une autre vie dans laquelle elle jouira sans trouble du bonheur qui lui est destiné. » (t. I, p. 34). Ce système d'exégèse conserve encore aujourd'hui quelques adeptes.
(1) 11 est singulier que Millin ne dise même pas où se trouvait ce vase au moment où il on donnait la description. Winckelmann l'avait vu au Vatican.
(2) On a voulu voir Ajax dans celui de droite, Phœnix dans celui de gauche, mais il n'y a rien de plus oiseux que de pareilles désignations.
(3) Welcker croyait y reconnaître une lyre, opinion qui a été adoptée par Overbeck.
Nombreux rehauts blancs (pi. U, le pétase, le bouclier, la cuirasse, etc.; lo, le vase et la bandelette; 16, doux des chevaux et les deux étoiles). Il y a aussi des rehauts violets, roses et jaunes.
Autres gravures : Winckelmann, Monumenti anlichi inediti, n" 131, p. 171; Passer!, Picturx, t. m, pi. 265, '266, 268 (il a donné, comme appartenant au même vase, les peintures d'un autre vase analogue, le n" 22 des Monumenti de Winckelmann; cf. Raoul Rochelle, Monuments inédits, p. 107, qui dit à tort que Millin n'en a pas fait l'observation) (1); Millin, Galerie mythologique, pi. 160, n" 585; Hirt, Gôtter undHeroen, pi. 3i,n° 380 (cité par Heydemann) ; Guigniaut, Religions de rantiquitr, pi. 232, n° 800; Inghirami, Galkria Omerica, t. II, pi. 170 et Vasi Fittili, t. I. pi. 51, 52, 53; Overbeck, Gallcrie heroischer Bildwei'ke, p. ill, n° 37, pi. 17, 1.
Mentions : Raoul Rochelle, Monuments inédits, p. 42, 66, 90, lOS; Welcker, ad Inghirami, Gallcria Omerica, p. 598; Stephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1860, p. 71, n. '2; p. 1865, p. 46, n. 2; Heydemann, Pariser Antiken, p. 38; Nereiden milden Waffen des Ackill, n. 42, E.
Pour la pi. 15, cf. Jahn, Vasensammlung zu Miincken, p. cxxxv, avec citation de A'ases italiques à représentations funéraires (voir, en général, Pottier, Études sur les lécythes blancs, p. 65-74). Une partie de la pi. 16 est reproduite avec le mémoire de Gerhard sur les divinités lumineuses [Akademische Ab/iandhingen, atlas, pi. 7, 2.)
Pl. 17. — SCÈ.NE BACCHIQUE.
« Le vase est sicilien; il est dans le cabinet do S. M. l'impératrice, à Malmaison. » (Millin, I, p. 34, n. i). L'indication de provenance ne doit pas être prise à la lettre et n'est probablement que le résultat d'une conjecture de Millin. — Musée du Louvre (vases grecs à figures rouges trouvés en Italie, armoire M.)
Haut. 0"°,38. — Forme pi. 1, n" 3.
Millin fait observer que les flambeaux tenus par deux des personnages affectent une forme singulière qui se retrouve sur d'autres vases (Passeri, Picturx, t. III, pi. 266). Il no me parait nullement établi que ce soient des flambeaux et non des bâtons recourbés, peda. Naturellement, Millin voit ici une procession d'initiés aux cérémonies des Bacchanales. — Au revers, trois figure mant<dlate, dont deux avec bâton; le dessin de ces figures est très mauvais.
Mentionné par Heydemann, Pariser Antiken, \). 38. La gravure de Clener a supprimé un détail indécent.
Pl. IS. — RlîTOtR DE LA CHASSE.
Provenance non indiquée. — Collection delà maréchale Soult (1808). — Je me suis vainement adressé aux héritiers du maréchal pour savoir ce qu'étaient devenus ce vase et les autres de la même collection que l'on trouvera plus loin.
Haut. O^.SS. — (> Sa forme est celle d'une cruche à une seule anse avec une bouche triangulaire; voyez pl. 73, fig. 1 (2). Le bord est entouré d'une couronne de laurier...
(1) Voir Millin, t. I, p. 33, note a, où l'ciTcur de Passeri est expliquée.
(2) Millin veut dire s.-ms douie : t. Il, pl. I. fig. 3.
MILLIN. — lo I, 18-22.
et le bas est terminp par un méandre et des labyrinthes qui alternent. Le revers du vase est couvert d'une belle et riche palmette. » (Millin.)
L"éphèbe à gauche porte sur son épaule les pieux qui ont servi à tendre les filets; il y a jeté sa chlaniyde pour n'être pas embarrassé dans sa marche (Millin). Millin pense que le chien (jui accompagne les chasseurs est le lévrier de Laconie (Xénophon, De Venat.. x.)
Publié aussi par Panoflia, Bildfir anliken Lebens, pi. o, n° 2.
Mentionné par Stephani. Compte ri>ndu de Sninl-Prlcrsbourg p. 1867, p. 9i.
Pl. 19, 20, 21, 22 (cf. 72, n° 1). — Vase de la psycuostasie.
La provenance paraît être Nola. Autrefois dans la bibliothèque du Vatican, ce vase passa on ne sait comment, vers la fin du x^ii" siècle, dans la collection de Frédéric Thoms à La Haye, puis dans le cabinet du Stathouder; lors de la conquête de la Hollande, il fut apporté à Paris et déposé au cabinet de la Bibliothèque nationale (1). « Il était brisé en mille pièces, les conservateurs l'ont fait restaurer. » (Millin, t. I, p. 37, n. 2). En 1815, ce vase futraniené à Amsterdam, où J. de Wittel'étudia en 18 tO [Rev. archéoL, 1811, p. (î.tIi. Il était alors déposé dans le cabinet particulier du directeur de l'Académie des Beaux arts, M. Apostool. .\ la mort de ce personnage, le vase fut transporté, au mois de mai 1844, à Leyde; il fait partie du Musée royal d'antiquités de cette ville (2). Stephani le place à tort au Vatican {Compte rendu p. 1868- p. 166.)
Haut. 0",9". — La forme est indiquée sur la planche 22.
1° (pl. 19). — Combat d'.\chille et de Memnon; psychostasie. Millin et Zoega ont donné presque en même temps (1808) une explication exacte de cette scène (3). Memnon vient de retirer de son flanc la lance dont l'a frappé .\jax (Dictys de Crète, IV, 6), et l'a brisée en tombant sur le genou; ce mouvement l'a obligé d'écarter son bouclier et de laisser à découvert son côté droit. Achille lui a déjà traversé l'épaule d'une de ses lances, et va lui porter im second coup avec celle qui reste dans sa main. La ligne ondulée et les points noirs placés au-dessous sont une indication conventionnelle du sol.
La scène de la pesée des âmes ou p.iijc/iostasie. qui est représentée dans le registre supérieur, est bien connue par les textes poétiques [Iliade, vni, 69; xxn, 209; Qiiint. Smyru.,n, 539; Eschyle, Fragm., éd. Didot, p. 211, sq. ; Virgile, ^Eneid. ,\ii, 72o avec Servius); elle figure aussi sur un miroir étrusque reproduit plus bas (pl. 72, n° 1) et qui a passé du cabinet de l'anglais Jenkins à Rome dans celui du roi d'Espagne (aujourd'hui à la Bibliothèque royale de Madrid) (4). On voit sur ce miroir les âmes d'.\chille [A<-hle\ et de Memnon [Efas) (3), pesées en présence
(1) Sur le transfert à Paris du cabinet du Stathouder, cf. Hamy, Revue d'elhnograpliie, t. VIII (1889), p. 323.
(2) Renseifrnemcnt-; dus à l'obligeance do M. Lcemans, directeur du Musée de Leyde. Cf. Janssen, Moniim. vnn het Mus. viin Oulheden te Lei/den. p. 173, n» 1814.
(3) Cf. Zoptra, Basxinliei:i. t. II (1808), p. Il, note.
(4) Ce miroir a éli grave plusieurs fois : Lanzi, Snj.yio, t. II. p. 224, pl. 12, 4; Winckelmann. Moniim. ined., n" 133, p. 174; (icrhavd, EtrusAlsc/ie Spiegel. t. III, pl. 235, I, p. 218; Overbcck, Gallerie heroisclier Bitdu-erke, pl. 22, n" .ï. Millin l'avait déjà décrit dans ses Monuments inédits, t. II, p. 34.
(5) L'identification d'Efas {Eos) avec jWemwon, proposée par Lanzi {Saggio,l. II, p. 179), et adoptée
M.LLi.N. - 16 - I, 19-22.
d'Apollon f .1/3/») [lar Hermès {Tin-m). Sur le vase, c'est encore Hernies qui procède à la pesée; il est coifié d"un large pétase, que le graveur a fait semblable à une auréole. Les zUul% placées dans les plateaux de la balance représentent les destinées (xYips;) des deux héros eu présence; ils sont peints en blanc (de Witte, /{ev. ArchéoL, 1844, p. (551). Sur la gauche paraît Thétis couronnée, à droite l'Aurore {Eus) mère de Memnon, qui fuit épouvantée en voyant que la pesée décide en faveur d'Achille contre son lils. Comme dans Homère [Iliade, xxn, 214), c'est l'image du héros condamné à succomber qui s'abaisse (««(/i morienics infcros petuni, Servius arl Arn., xii, -il) (1).
La crinière du casque d'Achille est d'un rouge vif, ce que le graveur a marqué par des tailles perpendiculaires, suivant la convention en usage dans le blason.
2° (pi. 20). Sur le revers du vase, deux Satyres velus portant des z'ioi,>l%, dont l'un décoche une flèche, tandis que l'autre élève un flambeau. MilJin a suiiposé, en se fondant sur le passage de Quinlus de Sniyrne, que l's'îSwlov qui envoie un trait est la kère fatale de Memnon; l'autre, élevant son flambeau, serait le génie tutélaire d'Achille. Il ajoute que les e'iSwla sont portés « par des initiés travestis en Satyres », ce que personne ne voudra plus croire aujourd'hui. Welcker a pensé que cette composition était une parodie de la face principale du vase {^4ischyl. Trilogie., p. 290 ; cf. Panofka, Annali dcW Institut., 1847, p. 220). On pourrait, en effet, songer aux Satyres qui figurent dans les vieux drames satyriques. — Au-dessous l'on voit deux sphères ornées, que Ton prend pour des balles, mais auxquelles les anciens interprètes attachaient une signification mystique (« gâteaux sacrés que l'on distribuait aux initiés », Millin, t. I, p. 43.) Il faut avouer que la présence de ces sphères dans le champ des vases n'admet pas toujours une interprétation réaliste ; peutêtre doivent-elles être alors considérées comme de simples motifs d'ornement sans signification précise.
3° (pi. 21). En bas, dans la bordure qui règne à la base du col, combat d'un taureau et d'un griffon. Au-dessus, deux figures de femmes couronnées, dont l'une lient un flambeau et une cassette, tandis que l'autre s'apprête à verser une libation sur une stèle. A gauche de la première, objet en forme de bâton (?).
4° (pi. 22). Vue d'ensemble du vase et groupes de fleurs peintes entre la face et le revers.
Nombreux rehauts blancs sur les quatre peintures; à remarquer (pi. 20) les ailes et les barbes; (pi. 21), les bras et les couronnes des femmes; (pi. 22), une partie du feuillage. Celte dernière peinture est du reste traitée d'une manière toute conventionnelle dans l'exemplaire colorié que possède l'Institut.
La conclusion de la savante notice de Millin est trop curieuse pour ne pas être citi'C : «On ne saurait déterminer d'une manière précise l'usage de ce beau vase; il peut avoir éti' fait i)Our exprimer les regrets d'une tendre mère dont le fils avait
par Millin ;t. 1, p. 39), Cavcdoni (Bull, dell' InstiL, 1837, p. 116), Gerhard {Elriisk. Spier/.. t. 111, p. 218), elc. doit uatiu-clleincnt rosier incertaine. Winckclmann [Moniiin. Ined., n" 133). Bunsen {.iniiali cleW liistil., 1836, p. 171) et Otfried Millier [Handlmch der Avchœolor/ie, ^ ilo, 1), ont cru qu'il s'agissait de la |)csée des àmos d'Achille et d'Hector {Iliade, xxn, 209.) (1) Cf. Maury, Rei\ urchi'ul., 18U, p. 29;i; de 'Witte, ihid., p. 649.
MiLLi.N. — 17 — I, '2'2-''2i.
été tué dans un combat par un vaillant adversaire et avoir été jjlacé dans le tombeau de cette femme infortunée. » (t. I, p. ii.)
Autres gravures : Passeri, Picturx, t. III, pi. 26:2 (vue d'ensemble = pi. 19), pi. 263 (autre vue d'ensemble prise de l'autre côté =; pi. 2-2 1: Hasselt, Vus etruscum omnium quoi quut haclemis innotuevunt maximum, e Guillielmi Vopl. 7-eip. Batav.guhi'rnatoris museo edidit et iUuslravil, Traject. Batav. 1780, in-S" ; Millin, Galerie mijthol. pi. 164, n°' 397, 398, 599; de Witte, Reo. archéoL, 18ii, p. 650 (mauvaise xylographie); Guigniaut, Religions de l'antiqui/é, p\. 236, n° 812; Gerhard, Akademische AO/iandlKni/en, pi. 12, n" 9, p. 330; Overbeck, Gallerie heroischer Bildwerke, pi. 22 n» 7; Baumeisler, Denkmiiler, t. II, p. 921, fig. 994 (notre pi. 19).
Outre les écrits qui ont été cités dans la notice, on trouvera des mentions do C( vase dans les ouvrages et articles suivants : Raoul Rochette, Munum. inéd., p. 102 n. 3;Panofka, Deimos und Phobos, dans les Hyperhoreisch-Romische Sliidien, t. I, p 251 (sur les génies ailés; cf. ibid. p. 236); de '\\Me, Anncdi dell' Inslituto, 1833 p. 31i; Jahn, Arclixologische Beitrxge, p. 129; Overbeck, Archxol. Zeil., 1851, p 356; Gallerie heroischer Bildwerke, p. 526, n" 64; Heydemann, Archxol. Zeil., 1868 p. 35; Furtwaengler, AnnalideW Instilulo, 1877, p. 228.
Sur la pi. 21, voir encore duc de Luynes, Anmili dell' Jiatlil., 1829, p. 281 (symbolisme du groupe d'animaux) ; Stephani, Cmnpte rendu de Sainl-Pélersbnnrg p. 1868, p. 166; Mimbus und Strahlenkratiz, p. 105, 108.
Sur la psychostasie : R. Rochette, iVo/»/»t. inrd., p. 100; Maury, Rerue archcoL, 1844, p. 233, 2'91 ; de Witte, ibid., p. 647; Jahn, Archciol. Beitr., p. 129; \Vclcker, yEschyl. Trilog., p. 432; Griech. Trag., p. 34; G. Hermann, De jEschyli ■W/'j'j-.t.c'.x, Leipzig, 1838; Schmidt, Psicostasia, dans les Annali dell' Instit., 1857, p. 118.
Pl. 23. — CoMB.\T d'une Amazone et n'i n uéros grec.
Provenance italique (non indiquée). — «Ce vase est dans la collection de M. Hamilton, qui a été achetée par M. Hope. » (Millin, t. I, p. 44, u. 2). Voir plus haut, notice de la pl. 12.
Les dimensions et la forme de ce vase ne sont pas indiquées.
Le guerrier a ramassé une pierre qu'il s'apprête à lancer sur l'.Vmazone. L'objet figuré dans le champ est d'une explication difficile : .Millin y reconnaît » un miroir ou patère taillée en losange, symbole de l'initiation aux mystères. »
Le costume de r.\mazone et le bouclier de son adversaire sont blancs.
Une autre gravure de ce vase se trouve parmi les planches inédites de Tischbein (Heydemann. Jahrb. des Instil., 1886, p. 312, n" 71).
Mentionné par Raoul Rochette, Monum. inéd., p. 106.
Pl. 24. ■ — Victoire conduisant un quadrige.
Provenance italique (non indiquée). — Collection de la Malmaison. — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire G).
Haut. 0°'40. — Forme pl. 1, n° 2. La bordure inférieure est composée de II. 3
MiLUN. — iS ~ 1, 24-"26.
méandres et de labyrinthes, celle du bord supérieur est une couronne de laurier; la lèvre est ornée d'oves (Millin, t. I, p. i6).
Victoire couronnée de lierre et ceinte d'un bandeau, conduisant un quadrige; le héros casqué qui l'accompagne se livre à l'exercice de Vapobale (1). Les palmes placées à gauche indiquent qu'il s'agit d'une victoire aux jeux. Sous le char, des lignes sinueuses marquent le terrain. — Sur le revers (inédit) sont trois tigures d'éphèbes drapés, du type ordinaire ; deux tiennent des bandelettes blanches à la main ; une troisième bandelette est figurée dans le champ. L'exécution est tellement sommaire que les traits des visages ne sont même pas indiqués.
Mauvais style, dessin très incorrect. Le premier et le troisième cheval sont d'un aune rougeâtre, les deux autres sont blancs; il y a d'autres rehauts blancs sur les figures.
Autre gravure : Inghirami, Vasi Fi/tili, t. III, pi. 223.
Mentions: Milling(3ii, Vasps de Cogliill, p. 13; Welcker, Aiviali dcW Jnstilulo, I83i, p. 306 ; Roulez, Choix de vases peints du Musée d'antiquités de Leijde, p. 74, note 13 (avec des références à des monuments analogues); Knapp, Nike in derVasenrnalerei , p. 6.5; Heydeniann, l'ar/ser Antikcn, p. 38.
Pl. 25 ET 26. — Vase Vivexzio (Vase de la dernière nuit de Troie.) Cf. pi. 72, 2.
« Ce vase est le plus grand et le plus beau que l'on connaisse; il n'y en a pas à Nola même dont la terre soit plus fine, le vernis plus éclatant; il est à trois anses et de la forme indiquée pl. I, n° 7. » (Millin) — « Découvert en 1797 dans un tombeau de Nola, à l'intérieur d'un vase en terre cuite avec couvercle... C'est à cette circonstance que nous devons la conservation parfaite de la peinture et du vernis, comme celle du vase lui-même, dans lequel on recueillit des cendres, des ossements humains, un sardonyx «t cinq petits vases dits lacrymaloires. » (Heydeniann, Vasensammhmrjen zu Neapel, p. 300). — Millin dit que le vase a été découvert en 1798 « dans un tombeau muré et couvert en pierres « ; il ne parle pas du grand vase sans décoration oîi il était placé (2). — Entré vers le commencement de ce siècle dans la collection de Nicolas Vivenzio à Nola (3), il passa de là au musée de Naples après le retour des Bourbons.
Haut. 0"'i2. — Forme : Heydeniann, pl. 1, n» i9.
Comme la publication de ce vase par Millin est à la fois peu exacte et incomplète, nous avons cru devoir, vu son importance exceptionnelle, en donner ici une vue d'ensemble réduite, d'après la gravure du recueil de Miillor-Wiescler, Denkwâler dur ullen h'tinst, l. I, pl. 43, n° 202.
Au milieu, autel de Zeus llerkeios (4), à l'ombre d'un [lalmier; Priam, chauve
(IJ Voir l'article de. M. CoUignou sur un bas-relief attique analogue, Btill. Curresp. Hellén., 1883, t. VII, p. 458, pl. 17, et Rev. archéol., 1883, t. II, p. 125.
(2) Ce vase a été reproduit par Heydcmann, Iliupersis, pl. 2, fig. 1 b, d'après des publications italiennes.
(3) Munter, Reisc iiac/i Sicilien, p. 60, a décrit pour la première fois cette coUcciion, alors qu'elle ne contenait pas encore le vase qui nous occupe. Il en existe un catalogue que je n'ai pas vu (Pielro Vivenzio, Museo Vioeiizio, 44 p. et 222 n"', in-fol. sans lieu ni date).
(4) Heydeniann {lliuiiiirsis, 1866, p. 34) croyait que le palmier indiquait un autel d'.VpoUon; il est revenu à l'appellation traditionnelle dans son catalogue des vases de N.aples (1872).
MiLUN. — 1!) — , 25-46.
et imberbe, dont l'épaule droite saigne d'une blessure, cache sa tête sanglante entre ses mains et attend la mort. Sur ses genoux est étendu Astyanax, dégouttant de sang, et à ses pieds Polîtes, mort également. Néoplolème brandit son glaive contre Priam, dont il a saisi Tépaule droite de sa main gauche. Derrière Néoptolème, un héros grec se défend contre Andromaque, qui se précipite sur lui armée d"un pilon (1). Entre ces deux figures on lit le mot xxao;, qui manque sur la gravure de Clener. Derrière le palmier, une Troyenne assise, levant la main droite (peut-être Hécube\ puis le Palladion, posé sur un socle. Au pied de cette image, Cassandre toute nue, le bras gauche passé autour du corps de la déesse; Ajax lui saisit la tète de la main gauche et s'apprête à lui percer le flanc {•i). A ses pieds Corœbos est étendu mort. Une seconde Troyenne (peut-être une des filles de Priam) est assise auprès du Palladion ; entre elle et la première est écrit, en lettres mal formées, le mot xxao;. A gauche et à droite de ces deux scènes de carnage, deux épisodes : Énée, portant Anchise sur son dos, précédé d'Ascagne, tous jetant un dernier regard sur Troie, s'éloignent précipitamment (pi. 25); à droite (pi. -26), on a cru reconnaître la vieille Aelhra, assise (sur le seuil du palais royal?), en présence de ses deux petits-fils, les
Théséides Démophon et Akamas. Tout à droite, une petite figure féminine, dans l'attitude du deuil, que l'on a prise (sans doute à tort) pour Hélène {'A).
Les figures du groupe du milieu sont plus grandes que celles des extrémités, ce qui s'explique par la forme de l'hydrie, dont la convexité est plus prononcée sur le devant.
Figures rouges avec rehauts de rouge brun. Très beau dessin encore sévère, avec détails archaïques (realistische Andeutung der ireiblicheii Schnm bn Kassandra, indication supprimée dans la gravure de Clener).
Autres gravures : Millin, Galerie myl/iol., pi. 168, n" 608 (incomplète); Hirt, Gôller und Heroen, pi. ^3, n" 375, 376 (incomplète); Guigniaut, Religions de l'itnliquité, pi. 240, n" 820 (incomplète); Landon, Vie et œuvres des peintres, peintures
(1) La nature de cet objet a été fort discutée; Vivcnzio (Calalogo, p. 71) y voyait une lance; Millin (I, p. 54) un joug. C'est Quaranta qui a reconnu le pilon (Rei\ arclieol., lS4fi, p. 515), en rappelant le vers d'Hésiode où il est question de pilons longs de trois coudées ("Epyoi, 421). Cf. ce que dit Quintus de Smyrne (xiii, 145, 130) sur les armes de tout genre dont les Troycns se servirent contre les Grecs.
(2) Cf. W. Klein, Aiace e Cassandra, dans les Aiinali delV liisliliilo. 1877. p. 21G-2ti8.
(3) Oa a proposé d'autres dénominations pour ces quatre ligures : Hélène, Ménélas, un doryphore et une esclave d'Hélène (Schorn); Hécube, Ulysse, Diomède et une inconnue (Panofka). Cf. Heydemann, Illu/iei-sis. p. 35, n. 3.
MiLUN. - 20 - .. 26-28.
antiques, pi. 113, lli; les meilleures gravures complètes sont celles de Tischbein, Hotner nach Antiken, Heft il, pi. 5, fi, p. 23 (texte de Schorn); Inghirami, Gall. Omerka, I, 93; Museo Doi-bonico, t. XIV, pi. 41-43 (les meilleures); MûUer-Wieseler, IJenkmâle>\ t. I, pi. 43, n° 202; Overbeck, Gallerie heroischer Biîdwerke, p. 617, n''100,pl.23, n''24(d'aprèsTischbein); Heydemann, Iliu-persis, pi. 2, 1, p. 34;Duruy, Histoire des Grecs, t. I, p. 263; Baumeister, Denkmuler, t. I, pi. 14; Birch, Hislory of ancicnt pollery, 2° éd., p. 206, 207; W. C. Prime, Pottery and Porcelain (New- York, 1879), p. 79; A. Herzog, Studien zur Geschichte der griechichen Ktinst (Leipzig, 1888), pi. 6, 1 (le groupe de Priametde Pyrrhus seulement). Autres indications dans Heydemann, Vasensammlungen, n" 2422. Les inscriptions sont reproduites en fac-similé dans le même ouvrage, pi. 3, n" 2422.
Mentions extrêmement nombreuses : les plus anciennes sont celles de Gerning, Reise durch Oesterrcich und Italien, 1 802, t. II, p. 89 ; Boettiger, Vasengemdide, 1. 1, p. 64 et t. III, p. 29. Voir encore Raoul Rochctte, Monuments inédits, p. 12, 79, 110, 321, 383; Panofka, Neapels anlike Bildwerke, 1. 1, p. 368; Overbeck, Archiiol. Zeit., 1831, p. 360; Gerhard, Etrusk. und campan. Vasenbilder, p. 31 ; Jahn, Vasensammlung zu Miinrhen, p. Liv ; de Witte; Catalogue de la collection A . Caslellani [Pavis, 1866), p. 27 ; Etudes sur les vases peints, p. 92; Brunn, Troische Miscellen, p. 94; Michaelis, Annali dell' Inslituto, 1880, p. 30; Stephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1861, p. 69, n.2; Furtwaengler, Sarnml. Saburuff, notice des pi. 49-30; Robert, Bild und Lied, p. 66.
Pl. 27. — Bacchanale.
Collection Hope (1808). — .Aujourd'hui au Musée des antiques de Vienne en Autriche.
Haut. 0",38. — Forme pl. 1, n" 2.
Sur le revers, qui n'a pas été gravé, on voit un éphèbe nu avec un strigile entre deu.x figure niantellate.
Dessin peu soigné; rehauts blancs sur les torches et sur les parties nues de la Ménade.
Autres gravures : Inghirami, Vasi FittiU, t. IV, pl. 373; Milman, IJorati opéra, p. 417. Une gravure inédite de cette composition se trouve parmi les planches du cinquième volume de Tischbein [Jahrb. des Inslit., 1886, p. 309, n° 20).
Mentions : Sacken et Kenner, Die Sammlungen des kk. Mïmz-und Antiketi-cabinetes, Vienne, 1866, p. 219 (description sans renvoi à Millin) ; Heydemann, Jahrb. des Instit., 1886, p. 309, n°20; Stephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1868, p. 83, n. 1 (avec liste de vases analogues).
Pl. 28. — Scène bacchique.
« Ce vase appartient à M. Reiner {sic), ancien secrétaire particulier de la reine de Naplcs. » (1808.) Une partie des vases do ce M. Reiner a passé en 1804 au Musée de Vienne (Jahn, Arcliaol. Zeitung, 1834, p. 230, n" 10).
Haut. 0'", 49. — Forme non indiquée.
Tniis des personnages sont assis sur un tertre non indiqué par 1(> peintre. Il
est impossible de proposer une infcrprétalion satisfaisante de l'ensemble ; peut-être n'est-ce qu'une réunion de motifs empruntés à d'autres compositions bacchiques. Le Satyre à gauche, qui lève les mains en signe de surprise, est fort analogue à celui de Myron, dont on possède de nombreuses répliques (voir Gazette ai-cheologiqw, 1886, p. 30i etsuiv.).
Le génie ailé et les parties nues des Ménades sont blancs.
Ce vase a été gravé pour le cinquième volume (inédit) du recueil de Tischbein (Heydcmann, Jahrbuch des Instit., 1886, p. 311, n° oi).
Pl. 29. — Scène de gynécée.
Provenance inconnue. — Ancienne collection de M. de Paroi (1808). Nous avons dit plus haut qu'une partie de cette collection fut achetée par Th. Hope (notice de la pl. 13). Il est question de ce cabinet dans les Vasengemâldi' de Boettiger, t. I, p. 2", et dans les Monuments d'antiquité inédits de Millin, t. I, p. 133 (l).
Haut. 0'",32. — Forme indiquée en bas de la planche.
Millin reconnaît ici » une fumigation qui a un objet mystique ». Nous pensons qu'il s'agit simplement d'une scène de gynécée : une femme assise sur un pliant très élevé et tenant un éventail [flabellum) en regarde une autre qui, debout, se dispose à verser le contenu d'une patère sur le brasier d'un petit autel. Dans le champ, à gauche, une branche de laurier; à droite, un myrte (?).
Le rameau à gauche, la coupe et l'éventail sont blancs.
(1) Voici comment Millin s'exprime au sujet de cette collection dans le lo' volume de ses Monuments iHt'(/(^«(1802), p. 133, note :« La collection du C»" Paroi est composée déplus de cinq cents vases; plus de cinquante méritent d'être distingués par leur forme ou la singularité du sujet. On est étonné qu'un particulier ait pu rassembler tant de vases précieux. Voici comment le 0=" Paroi dit lui-même y avoir réussi. Le chevalier Hamilton lui avait fait présent, à Naples, d'un vase d'une forme très agréable ; le C"° Paroi en fut transporté, et conçut le projet d'en posséder une collection. L'exécution de ce projet était devenu très difficile : le roi de Naples avait fait les défenses les plus sévères de laisser sortir de ses états aucun monument antique. Le C=" Paroi ne pensait plus guère à ce qui avait jusque là occupé si agi-éablcmcnl son esprit, lorsqu'un jeune homme lui offrit de le rendre propriétaire d'une collection de vases très considérable, pour le prix de 30 000 francs. La proposition est acceptée : aussitôt ceparticulier enfonce une porte cachée et lui fait voir une vaste salle qui contenait un grand nombre de vases plus ou moins grands et précieux. La moitié de cette collection fut cédée à M. Hamilton et l'autre devint la base do celle du C»" Paroi, qui l'augmenta depuis par des acquisitions particulières. La sortie de ces vases hors du roy.iume de Naples lui offrait de nouvelles difficultés. Le C«" Paroi acheta de grandes tables de porphvrc et au centre des caisses qui les contenaient, il plaça celles qui renfermaient les vases ; il échappa ainsi à la vigilance des surveillants, qui crurent ne laisser sortir que des tables de porphyre Je ne connais ces détails, qui sont déjà consignés dans mes Lettres imprimées par M. Boettiger, Vasenf/emaelde, II, 31, que par le récit du C«n Paroi. Je lui laisse le soin d'en défendre l'exactitude contre ceux qui pourraient les regarder comme romanesques; mais de quelque manière que cette collection ait été formée, il est certain qu'elle est admirable. Le C'" Paroi disait avoir eu infiniment de peine à la sauver pendant le temps de la Terreur. Il fit bâtir un mur de séparation dans la chambre où ses vases étaient enfermés et il les dérolia ainsi à tous les yeux. Malgré la détresse à laquelle la Révolution l'avait réduit, nous sommes assuré que le C'" Paroi s'est refusé à toutes les offres qui lui ont été faites par des étrangers. Le Gouvernement, à qui l'acquisition de ces vases a été proposée, a nommé une commission pour les examiner. » Millin a publié, dans le même ouvrage, I)lusieurs vases tires de la collection Paroi (t. I, pl. la, 18, 29, 30, 38). En commentant la pl. 3S (p. 312), Millin appelle le possesseur M. de Paroi : jusque-là (p. 127, 133, IST), il l'avait qualifié de C"< Paroi. — Deux vases de Paroi figurent aussi dans l'Introduction de D. Maisonneuve, pl 78.
MiLLiN. — 22 — I, 30-34.
Pl. 30 i:t 31. — Sujet baccuiquiî.
<c Ce vase, de la fabrique de Nola, est dans le cabinet de S. M. l'impératrice, à Malmaison » (1808). — Musée du Louvre (vases grecs à figures rouges trouvés en Italie, armoire IL
Haut. 0",37. — Forme pl. 1, n° 2.
1° (pl. 30) Procession bacchique : Satyre jouant de la lyre; Dionysos semblable à celui de la planche 7; Ménade tenant un flambeau et un vase à anse (peut-être Méthé, souvent associée à Dionysos).
2° (pl. 31) Sur le revers du même vase, trois éphèbos drapés, l'un tenant un strigile, l'autre une lyre ; le troisième adresse la parole à celui qui tient la lyre.
Bon style; la gravure de la planche 30 est très fidèle ; celle de la planche 31 est arrangée.
« La lèvre du vase est ornée d'une couronne de laurier, et la bordure inférieure est composée d'un méandre et d'un labyrinthe qui alternent » (Alillin). Rehauts blancs sur les couronnes (pl. 30).
L'entrée do ce vase dans la collection de Joséphine a été signalée par Carelli, Description des monuments envoyés au premier consul par S. M. le roi des Bciix-Siciles, dans le Magasin encyclopédique, 1803, II, p. 22-i. Il a été mentionné récemment par M. Thraemer (art. Dionysos du Lexikon der Mythol. de Roscher, p. 1 lOTi.
Pl. 32. — Scène bacchique.
Provenance italienne. — Collection de la Malmaison (1808).
Haut. 0",22. — Forme indiquée sur la planche (rhyton).
Le sujet est très simple : un Satyre, appuyé sur un thyrse ou branche de férule, auquel une Ménade, tenant également un thyrse, présente un rhyton. Millin écrit (t. I, p. 59) : « Cette peinture paraît propre à confirmer ce que nous avons dit sur l'usage du rhyton dans les mystères. »
Pl. 33. — Scène de combat.
« Ce vase appartient à M. Lettier, directeur de l'Académie de peinture à Rome.» (1808.)
Haut. G", 16. — Forme pl. I, nM i.
Lécylhe à figures noires. Combat de deux guerriers en présence de deux hérauts.
Gravure reproduite dans la Galerie tnytholoyique de Millin, pl. 145, n° 568; Guigniaut, ReUrjintis de l'antiquité, pl. 217, n° 783.
Pl. 34. — Thésée et Sinis.
«Ce vase est aujourd'hui en Angleterre; il appartient à M. Edouard. » (Millin, t. I, p. 63, n. 1). Dans son introduction (p. xviu), Millin a mentionné en passant la collection de M. Edward, renfermant entre autres le magnifique vase (jui représente le combat des Grecs et des .\mazones. Le vrai nom de cet aniateur était J. L'dwards.
Mii-uN. — 23 — I, 34-3S.
riche libraire de Londres, dont le cabinet fut dispersé en 1815 (1). Cf. Micliaelis, Ancicnl marbles in Greal Britain, p. 163 et note 439.
Haut. O^.iO. — Forme non indiquée; Millin dit seulement q>ie « la peinture est renfermée dans une espèce de cadre ».
Sinys Pilyocamptès, couronné d'unebranche de pin, est en présence de Thésée, qui est figuré avec le costume d'un voyageur, le pétase entouré d'une branche de laurier, tenant deux lances et portant à gauche une épéo dans un large fourreau. « L'arbre qui est le sujet du défi est placé entre eux deux; Thésée retient facilement une des plus longues branches que le brigand fanfaron a courbée, pendant que celui-ci, conformément à la loi du défi, en tient une autre. » (Millin, t. I, p. 64.) Derrière Sinis paraît Poséidon Isthmios, protecteur de Thésée; il est couronné d'une branche de pin et tient un sceptre orné d'une bande métallique en spirale.
Le pétase et les lances de Thésée, l'arbre et le sceptre de Poséidon sont blancs.
Gravure reproduite dans la Galerie mythologique de Millin, pi. 129, n° 483; Guigniaut, Religions de l'antiquité, pi. 197, n" 697 ; Inghirami, Vasi Fitlili, t. I, pi. 49. .Vutre gravure dans le Magasin encydoprdique, 1809, L pi. à la p. 23S.
Voir Gerhard, Auserlesene Vascnbilder, t. 111, p. 36, note, où ce vase est énuméré parmi d'autres qui reproduisent le même sujet; cf. Overbeck, Griechische Kunstmythologie, Zeus, I, p. 439, n. a. Sur les représentations de Poséidon tenant un sceptre au lieu d'un trident, voir Overbeck, ibid., Poséidon, p. 3(9-20. Cf. encore Stephani, Der Kampf zwischen Theseus und Minotauros, p. 51, 54.
Pl. 35. — Déiîsse conduisant un quadrige.
Sant'.Vgala de' Goti. — Troisième collection Hamilton et collection Hope (1808). — Collection Pourtalès ijusqu'en 1865). — Collection du comte Jean Dzialynski et du prince Czartoryski (Hàtel Lambert à Paris'. — Musée de Cracovie.
Haut. 0°',40. — Forme mon indiquée par Millin) : Heydemann, pl. I, n" 33 ila forme du vase est gravée dans J. de Witte, Descriptioti des collections d'antiquités conservées à l'hôtel Lambert, Paris, 1886, p. 40.)
Une déesse sans ailes (Niké? Éos?) (2) conduit un quadrige au-dessus duquel vole un aigle; devant les chevaux est un laurier, au-dessus du troisième cheval un bucràne. Comparez plus haut, pl. 24. — Sur le revers (inédit), trois personnages drapés; dans le champ, une balle et au-dessus une tablette.
M. de Witte assure [op. laud. p. 41) que ce vase a fait partie de la collection du maréchal Soult; il y a là sans doute une erreur.
Dans le catalogue de la collection Pourtalès, il est dit que la gravure de Clener est « tout à fait hors du caractère de l'original » et que « les parties coloriées en blanc sur la gravure ne Font jamais été sur le vase (3) ». Une gravure de la même composition, qui paraît calquée sur celle de Clener, a été publiée dans
(1) Collection of fine rjreek vases ofJ. Edwards. Loadon, 181,".
(2) Suivant Lcnormaut et de Witte, ce serait Coro, divinité principale d'Agrigente, ou la personnification de cette ville (Élite des monuments céramographiques, t. II, p. 372). Hejdemann y reconnaît Éos ; Millin y voyait Iris.
(3) L"aiglc, deux des chevaux, l'arbre sur la gauche.
MiLLiN. — 24 — 1, ;^5-38.
VÉlile des Monumenis ccramographiqucs, t. Il (1857), pi. 109 B; le vase était alors dans la collection Pourtalés. 11 s'en trouve encore une gravure inédile dans le recueil des planches de Tischbein iJahrb. des hislil., 1886, p. 311, n° 59).
Autres mentions : J.-J. Dubois, Catalogue PourlaUs, Paris, 1841, n° ISi; Catalogue de la vente Pourtalés, Paris, 1865, n° 195; Heydemann, Pariser Antiken, p. 83.
Pl. 36. — Scène uaccuique.
Millin ne donne aucun renseignement ni sur la provenance, ni sur la forme, ni sur les dimensions de ce vase. Tout ce que nous savons, c'est qu'il s'en trouve une gravure inédite dans la collection des planches de Tischbein (Heydemann, /a/»'i. des Instit., 1886, p. 311, n^Sl).
Les plats, les flambeaux et les bandelettes que tiennent les personnages se prêtaient à merveille aux spéculations mystiques de l'éditeur (Millin, t. I, p. 69, 70). Le détail le plus remarquable est le petit autel renversé que l'on aperçoit sur la gauche. La robe de la Ménade est blanche; nombreux rehauts blancs.
Pl. 37. — Héraklès, Dionysos et Akiane(?).
« Le vase appartient à M. Tischbein : la peinture est formée de teintes jaunes plus ou moins foncées et rehaussées de blanc. » (Millin, t. I, p. 71).
Haut. G", 46. — Forme pl. 1, -2.
Sur un lit somptueux, sont assis, accoudés sur des coussins, Héraklès, Dionysos et une Ménade (peut-être Ariane), auprès de laquelle est un génie ailé (1).
De chaque côte du lit se tient une Ménade; l'une d'elles, couronnée de lierre et tenant un thyrse, élève un plateau. La scène se passe sous une treille, symbolisée par une vigne appuyée sur une autre plante. Sur le premier plan, on voit un suggestus à deux degrés que Millin a pris pour un autel.
Suivant Panofka [Antiques du cabinet Pourtalés, p. 90, n. 33), ce vase (que Panofka nomme oxybapkon) (2) faisait partie, en 1834, de la collection du comte Turpin de Crissé, peintre, ami de Choiseul-Gouffier, qui fut inspecteur général des Beaux-Arts de 1821 à 1830.
Nombreux rehauts blancs (entre autres le génie ailé").
Gravé aussi dans la Galerie mythologique de Millin, pl. 66, n" 246; Guigniaut, Religions de l'antiquité, pl. 126, n" 457. Une gravure inédite de ce vase figure dans la collection des planches de Tischbein iJahrb. des Instituts, 1886, p. 310, n° 44).
Pl. 38. — Dionysos et Aiîiane.
Italie méridionale. — Apud D. Mardi. Peralla (Passeri). — « Ce vase appartient il la Bibliothèque impériale. » (Millin, t. 1, p. 78, n. 2). Cabinet des médailles, n° 4951, au-dessus de l'armoire 22.
Haut. 0°',33. — Forme (non indiquée par Millin^ : Heydemann, pl. 2, n" 84.
(1) Millin y recoiinaiL le « gonio des mystères », conception qu'il a introduite dans l'esùgèse des vases et qu'il a longuement développée en cet endroit de son commentaire (I. I, p. 77.)
(2) Cette désignation s'ap|iliqne à une tout autre forme de vase.
Mir.LiN. — -25 — I, 38-39.
Dionysos, couché sur un lit que supportent six piliers carrés, sous une vigne qui s'entrelace à un arbre, tient sur ses genoux Ariane, couronnée de lierre comme lui. Les trois autres personnages, suivants de Dionysos, sont occupés à l'une des nombreuses variétés du jeu appelé kottabos (I) ; il est probable que le disque ou tambourin, tenu par l'homme agenouillé à gauche, est le but que doit frapper le 'hi-.xl ou filet de liquide (2). A gauche d'Ariane plane un génie ailé. Devant le lit sont deux lourdes tables à six pieds couvertes de mets.
Le revers représente trois personnages drapés, dont l'un offre un strigile à un éphèbe. Dans le champ, sphère avec croix.
Travail grossier; les figures du revers sont dessinées d'une manière barbare. Nombreux rehauts blancs avec dorure, en particulier sur la vigne et les feuilles (?) (3), le génie ailé, Ariane, l'avant-dernier coussin sur la droite; les ornements dessinés sur le vêtement d'.\riane sont dus à la fantaisie du graveur, car celte partie de la figure a beaucoup souffert.
Autres gravures : Passeri, Pklurx e/ntscx, pi. 157 (donne l'ensemble du vase); Dubois Maisonneuve, Introduction à l'étude des vases peints, pi. 19 et p. 13 ; Panofka, Griechen und Griechinnen, pi. 2, fig. 12; Milman, Hoi^ali opcra, p. 73.
Autres mentions : Jahn, Philologus, t. XXVI (1868), p. 23i; Stephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1869, p. 226.
Pl. 39. — SciiXE DE DÉPART.
Italie méridionale. — « Ce vase appartient à M. Hope (1808). » Voir plus haut, notice de la pl. 3.
Millin ne donne aucune indication sur la provenance, la forme et les dimensions de ce vase.
Une femme présente à un guerrier debout auprès d'elle un grand casque et un bouclier. Sur le casque est passée une bandelette, symbole de la victoire (?) (i). Le guerrier, couronné de myrte, est au moment dépasser sa cuirasse. Millin y a vu, sans motif sérieux, .\ndromaque et Hector.
La cuirasse et le bouclier sont peints en blanc (3).
Une gravure inédite de ce vase se trouve dans la collection des planches de Tischbein [Jahrbuch des Instit., 1886, p. 312, n° 77).
Autres mentions : Raoul Rochette, Monuments inédits, p. 84 (reconnaît dans les deux personnages Achille et Thétis, mais croit cependant que le sujet est mystique, à cause de la couronne de myrte que porte le guerrier) ; Overbeck, Gallerie lieroischer Bildwerke, p. -443, n" 87 et Roulez, Vases peints du Musée de Leijde, p. 59, n. 6 (même interprétation^; Stephani, Compte rendu de Saint-Pélersbourr/ p. 1874, p. 166,
(1) Vuir les iiidioalinns dùiin.'-os à ce sujet dans les Prtvalatterl/iuiner d'Hernianu-BliUuner, p. 2o0 et 306.
(2) Millin n'a rien compris i cette scène.
(.3) Ce sont peut-être des grappes de raisin; les nervures indiqu(!cs par le graveur n'cxisicnt p.is sur l'original.
{i) Siegesbinde suivant Stephani, Compte rendu de Suint-Pélersljourg p. 1874, p. 166. [ô] L'exemplaire colorié indique aussi des rehauts blancs sur le casque et la coiffure de la femme. II. 4
MILLIN. — -t) — I. 40-42.
Pl. iO. — CUEVAL ET GRIFFON.
Haut, (non indiquée par Millini : O^.IB. — Forme (non indiquée par Millin) : pl. i, n°2.
" Cette peinture représente un cheval et un grifîon: ils ornent les deux côtés d'un vase qui est à la manufacture de Sèvres. Ce vase a été trouvé près de Bari, dans un petit tombeau où était le corps d'un enfant; il était placé à côté de la tète du squelette; il j avait au pied une bride de cheval en fer que M. Denon conserve dans son cabi- V net, et autant [autour?] des petits vases [sic] qui avaient l'air de jouets. » (Millin, 1. 1, p. 80, 81). i-^y . Encadrement d'oves. La tête et le harnachement
s^^ ; du cheval ont été dessinés par Clener avec une
i extrême inexactitude; nous donnons ici un croquis
rectifié fait d'après l'original.
L'ensemble du vase est gravé en couleurs dans la Description du Musée céramique par Brongniarl et Riocreux, pl. 26, 7 et p. 100, n° 23.
Mentionné par Raoul Rochette (avec renvoi erroné au tome II des Vases de Millin) dans les Annali deW Instituto, 1847, p. 262. n. 2.
Pl. A\.— Une femme et deux guekruîrs.
« Ce vase a été trouvé dans la Pouille; il appartient à la troisième collection de M. Hamilton, que possède aujourd'hui M. Hope. » (Millin, t. I, p. 81.) Voir plus haut la notice de la pl. 13.
Aucune indication sur la forme et sur les dimensions de ce vase.
Suivant Millin, Hypsipyle offre à boire aux héros d'.\rgos; celui qui est assis serait Adraste. .Millin prend aussi pour des « symboles mystiques « les petits cercles figurés dans le champ du vase.
Le costume des hommes est celui des guerriers Messapiens (cf. plus haut pl. 13). Rehauts blancs sur les vases, les armes et les coiffures.
Une gravure inédite de ce vase se trouve dans le recueil des planches de Tischbein iHeydemann, Jahrb. des Inslit., 1886, p. 312, n° 70) (1).
ilentions : Helbig, Annâli ddl' fnstilulo, 1865, p. 286; Heydemann, Jahrl/uc/t des /nstiluts, 1886, p. 265, n. 20.
Pl. 12. — Sci:\E bacchique.
Provenance italique. — <i Appartient à S. M. l'impératrice. » (1808). Haut. 0'»,38. — Forme pl. 1, n" 2.
Dionysos couronné de lierre, tenant une branche de férule, est assis entre deux Ménades couronnées de lierre comme lui ; aux extrémités de la représentation sont deux
(1) Heydemann observe que la gravure de Tischbein présente à droite et ù gauche une fenêtre ([ui niamiue à colle île Millin.
MILUN. 27 1, 'rl-'t-i.
Satyres, au milieu un génie ailé. Les sièges des personnages assis n'ont pas été figurés par le peintre (cf. plus haut, notice de la pi. 28).
« La lèvre est ornée d'une couronne de laurier et le bas est ceint d'une bordure où le méandre alterne avec le labyrinthe. >■ (Millin).
Le génie ailé et les parties nues des Ménades sont en blanc.
Sur le revers (inédit), on voit « un éphèbe et deu.x pédagogues. » (Millin).
PL. 43. — TllÉSKE KT LK TAUHK.\U Dii M.\R.\T[ION.
Provenance campanienne. — Collection de la Malmaison (1808.) — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire G.)
Haut. 0°',33. — Forme pi. 1, n° 2.
Niké, tenant la bandelette qui symbolise la victoire, vole au devant do Thésée qui, armé de sa massue, entraîne par une corde le taureau de Marathon qu'il doit amener vivant à Athènes. Devant le taureau est assise Athéna, protectrice d'Athènes; à côté de Thésée est un vieillard, peut-être Egée.
La massue, le taureau, le génie ailé et le bouclier de Pallas sont rehaussés de blanc.
Autres gravures : Magasin enci/cloprdique, 1809, t. II, pi. à la p. -2'd'à; Inghirami, Viisi Fitlili, t. IV, pi. 376; Millin, Galerie mythologique, pi. 129, n" -iSo; Guigniaut, /kligions de l'antiquité, pi. 197, n" 699; Hirt, Giitter imd Heroen, pi. 27, n° 234.
Mentions : Garelli, Notice des monuments envoyés au premier consul par S . M. lei'oi des Deux-Siciles, dans le Magasin encyclopédique, 1803, t. II, p. 228 (victoire d'Hercule sur le Qeuve Achélous); Millingen, Peintures de vases, p. 22 (voir plus loin la pi. 11 de son recueil); Stephani, Der Kampf zwisclien Theseus und Minotauros, p. hO, n. 1; Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1874, p. loi, n. J; Jatta, I vasi italo-grecl del signor Caputidi Ruvo, Naples, 1877, p. lOo; Heydemann, Pariser Antiken, p. 38.
Pl. 44. — Okesïe et Clytemxestre.
Millin avoue (t. I, p. 88, note 2) qu'il n'a pas vu l'original de ce vase et ne donne aucun renseignement ni sur sa provenance, ni sur ses dimensions, ni sur sa forme. L'inscription, l<AAAI4'OH [sic) EPOIECEH, ajouterait un nom nouveauàla liste des céramistes. Mais il a été reconnu que le dessin ( 1) et l'inscription sont également l'œuvre d'un faussaire qui a voulu, suivant l'expression de Panofka, « mystifier M. Millin. ■■
Mentions relatives à la fausseté du vase : Raoul Rochelle, Monuments inédits, p. 178; Lettre à M. Schorn, 2"^ éd., p. 16; Journal des Savants, 1830, p. 120, n. I ; Panofka, Bullelt. deW Instil., 1829, p. 139, note; J. de Witle, Revue de Philologie, 1817, p. 386; Brunn, Gesc/iichte der Griechischen Kïmstler, t. Il, j). 704. — Overbeck [Gallerie heroischer Bildirerke, Brunswick, 1833, p. 161, n. 9) mentionne ce vase comme authentique, en se contentant de dire qu'il ne faut pas y reconnaître la vengeance d'Alcméon. En 1842, dans un article du /iheinisches Mtiseum(=Alte BenlnniHer, t. III,
(I) II c>t probable que le vase lui-même nu j:iiii.iis oxisli-.
MiLLiN. — 28 — I, 44-46.
p. 139, 141), Welcker admettait encore sans hésiter Tauthenticité de ce vase et Otto Jahn faisait de même en 1846 [Avchiiologische Beitrâge, p. 35, note 93.) Aussi avonsnous cru devoir reproduire ici ce pastiche habile, cité dans des ouvrages qui compteront encore de nombreux lecteurs.
Pl. 45. — Le jet du javelot (1).
Italie méridionale. — Collection de la Malmaison. — .Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire G).
Haut, (non indiquée par Millin) : 0°',29 . — Forme (non indiquée par Millin) : pl. 1. n" 2.
Millin voyait ici un épisode du Indus Trojanus (Virg. ^'En., V. 600); la véritable explication a été donnée par Welcker. Un bouclier est fixé à une grande haste fichée en terre; les cavaliers doivent y planter (?) (2) leurs javelots en passant devant à l'allure la plus rapide (3). Le premier cavalier a déjà lancé le sien, qui s'est brisé en tombant; il essaye de calmer son cheval en le flattant de la main. Deux autres cavaliers s'élancent à sa suite; au-dessus d'eux planent deux génies ailés, portant l'un une couronne, l'autre une bandelette.
Les génies ailés, les tuniques des deux derniers cavaliers et le bouclier sont rehaussés de blanc.
Le revers (inédit) porte trois figure manlellate.
La gravure de Millin a été reproduite par Welcker, AUe Denkmueler, t. III, pl. 35, 2.
Mentions : Carelli, Magasin encyclopédique, 1803, t. 11, p. 226 (avec explication absurde); Welcker, AUe Denkmaclev, t. III, p. 512; Stephani, Compte rendu de Saint- Pélersbourg p. 1874, p. 152, n. 4 (4); p. 218, n. 5; ibid. p. 1876, p. iOl. n. 4; Heydemann, Pariscr Antiken, p. 38.
Pl. 46. — Ai'OLLOx D.\rnNÉi'iioRE.
Italie méridionale. — Collection de la Malmaison. — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire G).
Haut. 0"',35. — Forme pl. 1, n° 2.
« Il n'est pas aussi facile, remarque Millin, d'cxplirjuer le sujet que de sentir le mérite de la composition. » Apollon couronné de laurier, assis sur une base carrée surmontant un piédoucbe, tient un grand rameau de laurier d'une main et une patére de l'autre; en face de lui est une figure vêtue à la façon des Amazones et des guerriers phrj-giens. De l'autre côté du rameau de laurier, qui, suivant la fine observation de Millin, « fait pyramider toute la composition d'une manière très
(1) 'AxovriÇïiv ày' îtiho-j [Corpus inscripl. alticarum, l. II, n" 965 = Diacnbci'ger, S'jlloge, n" 393, 1. 68).
(2) Peut-être aussi le renverser?
(3) Ce jeu était originaire d'Argos, où il avait lieu aux fêtes d'Hcra (PinJ. Objmp.. VII, 83; .Vem., X, 22}. Le bouclier était le prix du vainqueur (Hygin, 170, 273.)
(4) Stephani pense à tort que les génies ailés sont des Victoires.
.MULI.N. — 29 — I, 46-48.
agréable », on voit Hermès, avec le pétaseet le caducée, s'entretenant avec un éphèbe armé d'une lance. Sur le revers (inédit) sont figurés trois éphèbes drapés.
Lenormant et de Witte {Élite des monuments céramograp laques, t. II, p. 287) reconnaissent ici Apollon Patroos, dans le temple duquel se sont réfugiées les Amazones vaincues par Thésée; Hermès s'avance vers Thésée pour lui apporter les propositions des Amazones vaincues. Stephani pense que deux jeunes guerriers, un grec et un barbare, sont conduits par Hermès à Apollon pour connaître son oracle [Compte rendu de Saint-PiHersbourg p. 1873, p. '203, 21 1.) D'autres ont songé à un épisode du voyage d'Apollon dans le pays des Hyperboréens (Overbeck, Griechische Kunslmylhologie, Apollon, III, p. S^ti, n° -43), ou à la légende d'Ion (Furtwaîngler). La véritable explication reste h trouver.
Blanc sur la patcre d'Apollon et sur le pétase d'Hermès ; quelques rehauts jaunes. Dessin négligé.
Autres gravures : Millier- Wieseler, DenknUiler dcr allen Kunst, t. II, n" 142; Panofka, HeilgiHter, pi. 1, tO; Lenormant et de Wilte, ÉiUe ccramographiquc, t. II, pi. 88, A.
Autres mentions : Heydemann, Puriser Anliken, p. 38 ; Furtwœngier, Saimnlung Saburoff, I, Einleitung, Vasenbilder, p. li, n. 12 (Artémis, Apollon, Hermès, Ion.)(l).
Pl. 47. — Jeune fille blessée.
Ruvo. — Millin n'indique pas où ce vase se trouvait en 1808; il est aujourd'hui au Musée deNaples.
Haut. 0", 32. — Forme : Heydemann, pl. 3, n" 110.
Le sujet de cette peinture, exécutée avec assez de grâce (2), est fort obscur. Une jeune fille (peut-être une lacédémonienne qui vient de prendre part à une course) montre à un homme (peut-ôlro un des arbitres du concours) la blessure (?) qu'elle s'est faite au pied : « celui-ci lui indique du doigt la place qui a été déchirée par une épine ou meurtrie par un caillou. » (Millin.) Le troisième personnage fait un geste d'étonnement ou d'inquiétude.
Les parties nues de la jeune fille sont rehaussées de blanc.
Une gravure inédite de la même composition se trouve dans le recueil des planches de Tischbein (Heydemsinn, Jakrbuch des Instituts, 1886, p. 312, n" 72).
Heydemann, Vasensammlungen zu Neapel, p. 67, n° 952.
Pl. 48. — ÉosET Ci':i'ii.\le.
Italie méridionale. — Collection de la Malmaison. — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, vitrine G.)
Haut. 0°',39. — Forme pl. 1, n" 2.
Éos ailée poursuivant Céphale, qui porte un diptyque dans la main gauche; de l'autre côté, unjeunecompagnon deCéphale,porlantaussi un diptyque, se détourne
(1) Le i-enroi de M. Mayer dans le Lexikon de Roscher, t. I, p. 284U, repose sur une confusion.
(2) Fliichtige amnuthUje Zeichnun// (Heydemann). Il remarque cependant que le jeune homme à gauche est mal dessiné [verzeiclmel). La gravure de Clcner ne laisse rien voir ni des qualités ni des déf.iuts de l'original.
MiLLiN. — 30 — I, 48-50.
comme pour prendre la luile. Dans la nombreuse série des vases qui représentent le même sujet, un seul donne h Céphale l'attribut du diptyque (1), où Stephani voudrait reconnaître le symbole des occupations musicales des bergers (Céphale porte généralement une lyre). Quatre autres vases de la même série (2) associent un autre éphèbe à Céphale. Stephani a essayé de prouver que le jeune homme poursuivi par Éos était ici Tithonos et non Céphale, mais M. Furtwaengler a fait voir que cette distinction n'est pas autorisée par les monuments (31.
Au revers, trois figure mantellate.
Rehauts blancs sur les couronnes et sur les diptyques. Très bon style.
Mentions : Carelli, Magasin encyclopédique, 1803, t. II, p. 2"29 ; Jahn, Archaol. Bei- Irxge, p. 98;Stephani, Compte rendude Saint-Pétersbourg p. 187'2, p. 181, 199; Hcydemann, Pariser Anliken, p. 38.
Millin n'a rien compris à la peinture de ce vase : « Peut-être, dit-il (t. I. p. 93), y voit-on le génie des mystères conjurant deux jeunes initiés de ne point emporter les livres qui en contiennent les [dogmes et les rites. » Cela est écrit le plus sérieusement du monde.
Pl. i9 ET 50. (cf. Pl. 72, n°' 3, 4 et o.) — Combat de Grecs et de Troyens.
« Ce vase, dont on peut voir la figure t. II, planche 73, n" 2, (i) vient du musée de Capo di Monte ; je crois qu'il appartient aujourd'hui (1808) à M. Edward [sic, cf. plus haut, pl. 34] à Londres. Les élèves de M. Tischbein en ont fait une belle copie pour niilord firistol. M. Clener a exécuté ces gravures d'après des dessins très réduits qui m'en ont été communiqués et dont on peut voir la gravure dans le Magasin encyclopédique, ann. 1809, t. II (5) : l'échelle était marquée auprès de ces dessins; elle donnait au champ de cette belle peinture une hauteur de 10 pouces [0°',27], et c'est d'après cette proportion que M. Clener a fait les figures de la planche dont je donne l'explication. La hauteur du vase est de 2 pieds, 3 pouces r0"',73] ». (Millin, 1. 1, p. Oi, note 1). Dans sa Description des tombes de Canosa (1816), Millin dit (p. I, n. 1) que ce vase a été découvert à Polignano dans la Pouille, comme celui qu'on trouvera à la pl. 25 du t. II, et qu'il appartient à Hope.
Cette magnifique composition passe pour représenter le combat des Grecs et des Troyens autour du corps de Palrocle (6). Étant donnée la liberté dont usent les céramistes à l'égard des légendes racontées dans Y Iliade, il est inutile d'essayer d'expliquer les détails de ce tableau par ceux du texte homérique. Le guerrier qui emporle Patrocle est peut-être Ménclas, comme dans le fameux groupe appelé vulgairement
(1) Vase du prince Naiiuléun, <//;. Froeliner, CaUiloyi/e d'une colleclion liuiUiquitcs, n" fil ; .'^telihani, Compte rendu de Sainl-l'rlersimurg p. 1872, p. 182, n" 48.
(2) Stephani, ibid., p. 199.
(3) Furtwacngleiv, Archaol. Zeiliiiif/, 1882, p. 3:i0.
(4) Erreur de Millin. La forme de ce vase est },'ravée 1. II. pl. 1, iio 1.
(5) Magas. encycl., 1809, t. Il, pl. à la p. '463 cl à la p. 4fifl, celte dernière donnant une vue d'ensemble du vase.
(6) Ovcrbcck pou.sse peut-être le scepticisme un peu loin lorsrpi'il déclare U(^ jioinl apercevoir de motif pour cette désignation (Gallerie /leroisclier llildwer/œ. p. 430.)
// Pasquino (Il (pi. 72, n° 3), et sur une intaille du Cabinet de France (pi. 72, n°-4) (2). Le guerrier combattant avec une hache auprès de Patrocle serait, suivant Millin, Ajax fils de Télamon, qui dirige son arme contre Hippothoos. Millin reconnaît auss Patrocle, au bras duquel Hippothoos a déj;\ attaché une courroie, sur une cornaline de la collection du duc de Piombino, déj;\ publiée par Winckelmann (Monumcnli inédit/, n° 128, p. 1(39) et rééditée par Millin ipl. 72, n° 5) (3) ; elle faisait alors partie du cabinet du prince Stanislas Poniatowski. L'authenticité de cette pierre ne paraît pas au-dessus de tout soupçon.
Revenons au vase. L'archer placé derrière Ménélas serait Toucer ou Mérion; celui que l'on voit en bas tout à droite serait Paris. Dans le registre supérieur, Millin reconnaît Hector, Knée et Chromios luttant contre Automédon; le guerrier qui s'éloigne serait Antiloque. Tout cela est aussi ingénieux que peu certain; le céramiste lui-même n'en savait peut-être pas si long (i).
Rehauts roses sur les cimiers des casques; pas de blanc.
Autres gravures (cf. le premier alinéa) : Millin, Galerie niijtlwlofjique, pi. 1,S8, n° 580; Guigniaut, Religions de l'antiqniié, pi. 230, n" 795 ; Inghirami, Galleria Omerica, t. I, pi. Ii9.
Autres mentions : Winckelmann, Sloria délie nvti, od. Fea, lib. Hl, c. '», p. 219 (collection du duc Caraffa Noya à Naples); Welcker, ad Inghirami, Galleria Omerica, p. 600; Gerhard, Auserlesene Vusenhilder, t. IH, p. 87, n. 33; Overbeck, Gnllerie heroischer Bildwerke, p. 430.
1° Sujet d'une explication très difficile. Suivant Gerhard, Démêler, coiffée d'une couronne murale (o) et tenant un thyrse, reçoit une couronne que lui oft're(?! Dionysos couronné et présente au dieu une patère. A côté de Dionysos, sa fiancée (?) Coré, tenant également un vase. Au-dessus plane un génie ailé [génie des mystères, Millin, Gerhard), tenant une bandelette, avec des rangées de perles croisées sur sa poitrine. De part et d'autre, deux femmes, dont l'une tient un miroir; Gerhard pense que ce peuvent être Artémis et .Vthéna.
Autre gravure dans Gerhard, Aniike Bildwerke, pi. 313, 1.
Cf. Gerhard, Antike Bildwerke (texte), p. 86, n. 94; p. 232, n. 24; p. 404, n. 1.
(1) Visconti, Museo Pio Clément., t. VI, 19; Aiiiuili dell' liislil., )S"0. pi. A-F (avec les réiiliques), p. 75; Baumeister, Denkmuler, t. I, p. 731, lig. 78o (photogravure). Nous n'insisterons pas ici sur ce monument, cité par Millin à titre de rapprochement; voir Friedcrichs-Wolters, Gipiabgiisse, p. 506. On y a vu Ajax emportant le cadavre d'Achille (Overbeck, Gallerie heroischer Bildwerke. p. 431, qui blâme le rapprochement institué par Millin; cf. ibid. p. 551, n» 103.)
(2) « Inlaille sur un onyx à couche bleuâtre » (Millin). Du temps de Millin, cette pierre :ipparteiiail à l'impératrice Joséphine (t. I, p. 124). Déjà gravée dans Mariette, Pierres r/rave:es du cul>incl du Roi, t. Il, pi. 114; reproduite encore par Millin, Gallerie mythologique, pi. 160, a" 582; Inghirami, Galleria Omerica, t. II, p. 135; cf. Chabouillet, Catalogue dex Camées, p. 244, n" 1816; Overbeck, Gallerie heroischer Bildwerke, p. 431.
(3) Cf. Millin, Galerie mythologique, pi. 102, n" 581 ; Visconti. Mus. Pin Clem.. t. VI, ji. 30; Welcker, ad Inghirami, Galleria Omerica, p. 014; Overbeck, Gallerie heroischer Bildwerke, \i. 430, pi. 17, no 12.
(4) Cf. à ce sujet le travail, d'ailleurs médiocre, de Luckenbach, Das Verhilltni.is der griechi.uheii Vasenhilder zu den Gedichten des epischen Kyklos, Lcipz., 1880 (11= vol. supplémentaire des Jahrbiicher fur classische Philologie.)
(5) La couronne murale convient plutôt à Cybéle, mais on peut admettre une confusion de ces deux divinités. Millin cite à ce propos un passage d'Euripide [Bucchie. 73), où les liens entre les rites ■de Dionysos et ceux de Cybéle sont nettement marqués.
jiiu.iN. — 3^2 — 1. 49-50, 51-52.
Il serait très à souhaiter que I"on retrouvât ce vase dans la collection anglaise où il se cache pour en faire une publication digne de sa haute importance — ou pour reconnaître que la peinture de la pi. 50 doit beaucoup à quelque restaurateur.
Pl. si. — Hermès sacrificateur,
Italie méridionale. — Collection de la Malmaison. — Musée du Louvre (vases ilalo-grecs, salle II, armoire F.).
Haut. O^.Sa. — Forme pl. 1, n" 2.
1° Hermès Nomios couronné de myrte, le pétase rejeté en arrière, le caducée sous le bras gauche, portant une corbeille remplie de fruits et de gâteaux et une bandelette, conduit un bouc vers un petit autel (I). A gauche, buste de Pan (?) (2) couronné de myi te, tenant un thyrse orné d'une bandelette. Les personnages sont ornés d'écharpes formées de petits grains ronds enfilés; une rangée de petits grains analogues indique le sol.
2° (revers) Une femme assise devant un autel pyramidal, tenant une corbeille et une bandelette d'une main, un collier de perles (?) de l'autre; au-dessus de la corbeille, une autre bandelette ; la femme est assise sur un tertre naturel symbolisé par une branche tortueuse (opkiostaphijlum, Lenormanl et de Witte, Élite, t. III, p. 255).
Blanc sur la chèvre, le pétase, la corbeille etla branche tortueuse. Rehauts dorés sur les couronnes et les bracelets.
Autres gravures : Millin, Galerie mylholoyiquc, pl. 50, n° 212 (vue d'ensemble du vase); Guigniaut, /^e/((/(0)!« de l'antiquité, pl. 106, n" i22; Creuzer, Sym/jolik, t. III, pl. 10 (3'= éd.); Panofka, Vei-legene Mi/then, pl. i; Lenormant et de Witte, Flile céramographique, t. III, pl. 88.
Autres mentions : Carelli, Magasin encyclopédique, 1803, t. II, p. 231 ■,iahu, Annali deW Instit.., 1860, p. 12; Stephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1868, p. 169; Roulez, Vases peints du Musée de Leyde, p. 86, note 8; Heydemann, Pariser Antiken, p. 38.
Pl. 52. — Bacchanale.
Italie méridionale. — «Le vase appartient au cabinet de la Bibliothèque impériale.» (Millin, 1. 1, p. 102, n. S). Cabinet des médailles, n°4 847, au-dessus de l'armoire 22.
Haut. 0",32. —Forme pl. 1, n» 2.
Au milieu, Ménade ou Ariane assise sur un rocher; à sa gauche. Satyre s'avançant vers une Ménade qui danse en frappant du tambourin; de l'autre côté. Satyre tenant une branche de férule, au-dessus d'une branche de myrte qui indique le lieu champêtre de la scène; dans le champ, génie ailé.
Dessin commun. Rehauts blancs sur les coiffures et sur les parties nues du corps de la Ménade assise (les indications des exemplaires en couleur sont inexactes). La gravure de Clener n'est pas fidèle; le génie ailé est placé trop haut. Dans l'original, son pied droit effleure la queue du Satyre et sa main droite touche presque l'épaule de la Ménade.
(1) Cf. un médaillon dWalonin le Pieux, Frœhner. Mrdailloiis de l'empire romain, p. 3d0.
(2) Peut-être un Sat^i-o ou Dionysos lui-mome, .uiquel on sucriliait des l)oucs.
MiLLiN. — ;-i3 — I, 53-54.
Au revers, une figure féminine (?) debout entre deux éphébes drapés; dans le champ, une tunique (?), qu'on prendrait aussi pour les ailes de la figure féminine, et deux sphères. Le dessin de ces figures est d'une barbarie inimaginable.
Mention : Furtwaengler, Eros in der Vascnmalerei, Munich, 1874, p. 42, note ''*.
Pl. 53 (1). — Bacchanale.
Italie méridionale. — Collection de la Malmaison. — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire H).
Haut. 0°^,31. — Forme pl. 1, n" 9.
On ne peut déterminer le nom de la femme assise. — Rehauts blancs sur les couronnes et les parties nues du corps de la femme. Le graveur a omis d'indiquer la queue du second Satyre. — Au revers, trois figure manlellale.
Pl. 54 ET 72, a" 6. — Apollon a Nvsa (?)
Italie méridionale. — Apud Coin, de TItoms (Passcri) (2). — « Le vase appartient à la Bibliothèque impériale. » (Millin, t. 1, p. 103, n. 4). — Cabinet des médailles, n° 4 778, au-dessus de l'armoire 22.
Haut. 0"',32. — Forme pl. \, n» 2.
Lenormant et de Witte ont reconnu ici Apollon àNysa, séjour de Dionysos (Diod. Sic., m, 59), où Marsyas provoqua Apollon à une lutte musicale. Le dieu est couronné de lierre, ce qui l'a fait prendre pour Dionysos i)ar Millin (3) ; il tient un pleclre de la main droite. Un Satyre, debout devant Apollon, tient un thyrse; deux Ménades portant des thyrses et un Satyre appuyé sur une amphore, près de laquelle est une corne à boire, complètent la composition. Lenormant et de Witte prétendent reconnaître dans le groupe de droite Pan et Aphrodite et dans celui de gauche Athéna Kissa;a ou Théonoé avec Silène ou Hédyoenos [Élite, t. II, p. 215). Dans le champ, on lit deux fois le mot --ixlo;, qui a été omis par Clener. Le revers présente trois figure mantellate, dont l'une tient un bâton.
Style commun. Quelques rehauts blancs sur les coiifures,les cheveux etla barbe du Satyre à gauche. Les indications des exemplaires coloriés sont inexactes.
autres gravures : Passeri, Pict. elrusc, pl. loS; Lenormant et de Witte, Élite des monuments céramographiijues, t. II, pl. 71, p. 213.
Autres mentions : Jahn, Annali delV Institulo, 1845, p. 362; Stephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1861, p. 59, note 1 (hésite entre Apollon et Dionysos); Overbeck, Griechische Kunslmythologie, Apollon, III, p. 325, n° 28.
Millin a publié, comme terme de comparaison avec ce vase, une intaille appar-
(i) Comme l'a déjà fait oliscrver nn critique dans le Mar/asiii encyclopédique (1800, t. Il, ji. 471), les numéros de cette planche cl de la suivante sont intervertis dans l'ouvrage de Millin.
(2) Dans le texte de ce piloy.able recueil il est dit jiar erreur que cette peinture est au revers de celle qui porte le n" 157 (Millin, t. I, pl. aS.)
(3) Apollon lyricinc parait couronné de lierre sur une autre peinture, Élite, t. II, pl. i, p. 17. Cf. Stephani, Compte rendu p. 1861, p. 59, n. \; Overbeck, Griechische Kunslmythologie, Apollon, t. III, p. 330.
MiLUN. ;n — I, o4-o7.
tenant à l'empereur de Russie, où il reconnaît Dionysos musicien jouant de la lyre devant un faune qui l'écoute (plus loin, pi. 72, n° 6). Mais, à en juger par la gravure même, le personnage principal de cette scène est féminin; c'est du reste ainsi que l'a entendu Stephani [Compte rendu de Sainl-Pétersboitrg p. 1869, p. 91, n. 2), qui cite cependant la gravure de Millin, sans marquer l'erreur où le premier éditeur est també (1). La même gravure, avec explications exactes, est reproduite dans les Pierres gravées incdltes de Millin, pi. 36.
Pl. '^1^0. — Scène de banquet.
Italie méridionale. — " Le vase est dans le cabinet de la Bibliothèque impériale.» (Millin, t. I. p. 103, n. 71. — Cabinet des médailles, n" 5150, au-dessus de l'armoire 19.
Haut. 0"",32i. — Forme pl. 1, n° 2.
Deux jeunes gens accoudés sur des coussins devant des tables chargées de mets: entre eux, une joueuse de double flûte et un homme barbu debout, appuyé sur un bâton. Dans le champ, une bandelette et un vase. " Sa forme est grossière, il a un bec pointu comme celui d'un oiseau et une anse bizarrement prise dans la matière; c'est la première fois que j'en observe un de cette espèce sur les vases peints. » (Millin, t. L p. 104.) En réalité, il n'y a là qu'une négligence du peintre.
Au revers (inédit), trois hommes debout, l'un drapé 'h gauche) tenant un bâton; le second nu levant la main gauche, le troisième drapé tenant un bâton et parlant au second.
Quelques rehauts blancs sur les chevelures dans la peinture principale. Mauvais style.
Autre gravure : Passeri, Pictur. etrusc.,pl. 241.
Mention : Stephani, Compte rendu de Saint-Pétershourg p. 1869, p. 85, note 2 (avec liste de vases analogues).
Pl. 56 ET 57. — B.\taii.le d'.\mazones. — Bacchanale.
<c Ce vase a été décrit et figuré par Passeri, Pkt. in vasctil., Il, 167 (2); il dit, au bas de la planche, qu'il appartient au marquis Peralta. J'ignore comment il avait passé dans le Cabinet de la Bibliothèque de Sainte-Geneviève, d'où il a été déposé [en 1793] dans la Bibliothèque impériale où il est à présent ; j'en ai donné la figure et une description étendue dans mes Munuin. antiq. inéd., t. II, pl. 8, 9, p. 69. » (Millin, t.I, p. 104, n. 7). — Cabinet des médailles, n° t 881, au-dessus de la vitrine centrale (3). La gravure donnée dans les Monuments inédits est plus fidèle que celle des Peintures de vases.
(1) Millin s'osl lui-même rétracté dans une note i la lin elc son premier Toluinc, p. 12t. u" 6.
(2) La pi. 146 de Passeri est notre pl. 57; sa pi. 167 est la pl. 56 de Millin.
(3) M. Chabouillct pense {Catalogue des camées, p. 593) que le Tase publié par Passeri n'est qu'une réplique du vase de la Bibliothèque ; nous préférons admettre une erreur de Passeri, qui travaillait avec la plus misérable négligence. — La première description de Millin est entachée dune gi'avc erreur : il a publié les deux faces comme provenant de vases différents (t. I, p. Vil et t. II. p. 69). Celte observation a été faite par M. Chabouillct. Millin s'est trompé aussi en écrivant {Moiiiimenls infylils, t. I. p. 157) que la seconde peinture de ce vase appartenait à la collerlion Paroi.
Haut. O^jlo. — Forme pi. 1, n" ;i.
« La lèvre est ornée d'une couronne de laurier et la bordure inférieure est formée d'une suite de palmettes placées dans une suite de cercles échancrés au milieu et qui approchent pour la forme de la peltn des Amazones, ce qui convient très bien à un monument consacré à rappeler la valeurde ces femmes guerrières. Nous avons figuré, pi. 2, n" 6, une autre bordure à peu près semblable à celle-ci. " (Millin.)
1° Combat d'Amazones contre des Grecs (.athéniens?). Au milieu, dans un char traîné par quatre chevaux, paraît la reine des Amazones, tenant deu.x lances, h côté d'une autre Amazone qui conduit l'attelage. Dans le bas sont figurés deux troncs de lauriers, qui, suivant Millin, caractériseraient la colline du Musée où eut lieu le combat entre les Athéniens et les Amazones (Plut., Thés., xxvi).
Nombreux rehauts blancs (deux des chevaux, les parties nues des femmes, olc). Recollé et endommagé sur plusieurs points.
Le dessin de cette scène est extrêmement incorrect et négligé. Gravure reproduite par Millin, Galerie mylholugiqui', pi. 134, n° i07; Guigniaiil, Religions de l'antiquité, pi. 203, n° 711.
Mentionné par Raoul Rochette, Monuments inédits, p. lOtî; Cf. Chabouillet, ('alulogne des camées, etc., p. 592, n° 3 336.
2° (revers) Un Satyre, tenant une branche d'arbre (thyrse?), danse entre deux Ménades, dont l'une tient un tambourin et un thyrse, l'autre un tambourin et une corbeille remplie de fruits. Deux rhytons ou cornes à boire sont figurés sur le sol. Très mauvais dessin. Rehauts blancs sur les coiffures des femmes. La gravure est peu exacte.
La peinture de la planche 57 avait déjà été donnée par Passeri, Pirturx, t. III, pi. 166 {in Museo Mardi. Pei-altx). La planche 167, que Passeri présente comme pais postica ejusdem vasi, est notre planche 56.
Millin se livre, au sujet de ce vase, à une réflexion qui paraît aujourd'hui bien comique (t. I, p. 107) : « Le revers annonce que ce beau vase était destiné, comme tant d'autres, à consacrer la mémoire de l'initiation aux mystères de Bacchus; peutêtre avait-il été renfermé dans le tombeau d'une jeune femme et l'histoire des Amazones était une ingénieuse allégorie du courage que doit montrer une femme pour résister aux séductions qui l'entourent pendant sa vie. ■> La séduction à laquelle Millin n'a pas résisté est celle qui porte les esprits géométriques à vouloir expliquer ce qui n'a pas besoin d'explication.
Pl. 3s et 39. — Clvtemnesïkk (I) et Agamem.non.
Millin dit que ce vase appartenait à Tischbein (1808). Nous apprenons par Stephani qu'ila faitensuite partie du cabinet Pizzati et qu'il estentré,avec les autres vasesdecette collection, à l'Ermitage impérial de Saint-Pétersbourg, l^a provenance indiquée est Sauf Agata de' Goti.
Haut. 0™, 57. — Forme : Stephani, Vasensamtnlunij, pl. i, n" 195, identique à notre pl. 1, n° 9.
(I) Ou sait aujourd'hui que la seule forme correcte de ce nam viiClytemesire (K).'jTat|j.r|iTTfa\iiinis il est ]>his qu'inutile de la substituer à la forme reçue, ailleurs que daus les publications do tcxles.
l°(pl. 58). Clytemnestrc armée d'une hache se précipite sur Agamemnon (1); au fond, une colonne ionique, indiquant que la scène se passe dans l'intérieur du palais.
2° (pi. 39). Agamemnon (?) couché sur un lit, devant lequel est une table, à côté de Clytemnestre (?) assise, jouant de la lyre ; un enfant (Éros sans ailes ?) lui apporte une bandelette. Les noms donnés à ces personnages par Stephani sont très douteux; il vaut mieux y reconnaître Égisthe et Clytemnestre ou, mieux encore, une scène de banquet non mythologique. C'est ce qu'a fait justement observer Millin (t. I, p. tiO), qui a cependant le tort d'ajouter : <■ C'est donc uniquement un initié que nous voyons ici, se livrant au plaisir de la table, pendant qu'une citharisle égaie son repas : peut-être avait-il de l'éloignement pour le mariage (! !) et que c'est pour montrer son aversion pour ce lien qu'il a fait peindre, sur ce vase, le crime de Clytemnestre ; il est probable aussi que ce vase avait un pendant qui représentait la juste punition de cette épouse adultère. »
3° (Registres inférieurs des pi. 58 et 59). Stephani les décrit ainsi : « Au-dessus de chaque anse, une grande tête de femme tournée à gauche, l'une voilée, l'autre couverte d'un fichu. A la partie supérieure, une frise courant tout autour, où l'on voit, tournés à gauche : un sanglier, une grappe de raisin (?), une oie ou un canard, un dauphin, une grappe de raisin (?), une oie ou un canard ; tournés à droite : une panthère (?), un loup ou un chien. »ll ressort de cette description que la gravure de Clener n'est ni complète, ni exacte. Millin reconnaît dans les animaux « un porc, un tigre et un renard», qu'il regarde comme allégoriques, «le porc faisant allusion à la débauche qui a entraîné Clytemnestre et Égisthe dans le crime, le tigre, à leur férocité et le renard à la ruse infernale qu'ils ont imaginée pour assassiner Agamemnon. »
Les figures sont d'un rouge jaunâtre sur fond brun sombre ; le style est grossier et marque l'époque de la dernière décadence (Stephani, Vasensainmlung, p. 331).
Autres gravures (dérivant toutes de celles de Clener) (2) : Millin, Galerie mythologique, pi. 170, n° 613; Inghirami, Galleria Omerica, t. III, pi. 8; Guigniaut, Religions de Vantiquiti', pi. 'îiS, n" 828 ; Jahn, Archaeol. Zeitung, 183 4, pi. 66, n° 3.
Mentions : Stephani, Vasensainmlung der KaisevUchen Ermitage, t. I, p. 331, n° 812; Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1863, p. 43; Raoul Rochelle, Monutiients inédits, p. 129, 138, [il ; Overbeck, GaUerie heroisclier Bihlirerke, p. 680.
Pi.. 60. — Baccuanale.
Italie méridionali\ — Collection de la Malniaison. — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire H).
Haut. 0" 39. — Forme pi. I, n° 9.
Dionysos couronné de lierre et tenant un canthare chevauche une panthère, qui bondit sur une montagne; de part et d'autre, deux Ménades, portant l'une un thyrse orné de bandelettes, l'autre un flambeau orné de même. Le Satyre qui ouvre la marche joue de la double flûte et frappe sur un tambourin. Dans le champ on
(1) Stephani dit qu'Agamcmnon est coill'é d'un bonnet phryG;ien (phrijfjlsche Miitze); Millin insiste cependant sur le casque, détail qu'il trouve singulier (t. I. p. 109, n. 3.)
(2) Il serait bien à désirer que l'on publiât exactement ce vase.
MILUN. — HT — I, <î0-63.
voit des feuilles de lierre et des gâteaux circulaires assaisonnés de grains de sésame. Blanc sur la panthère et sur les parties nues des femmes. Style commun. . Mentionné par Heydemann, Parker AntU-en, p. 39.
Pl. tu. — Bataille d'Amazon ics.
Italie méridionale. — Collection do Tischbein (1808). — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire A).
Haut, (non indiquée par Millin) : 0", 18. — Forme pl. 1, n" 2.
Il est possible, comme l'a pensé Millin, que l'Amazone à cheval soit la reine Antiope et que le guerrier placé à la gauche de l'Amazone tombée soit Thésée.
La gravure de Clener n'est pas tout à fait exacte ; en particulier, les ornements de la cuirasse d'Antiope sont très infidèlement rendus. Il y a de nombreux repoints.
Bon style ; rehauts blancs sur le cheval, sur le bonnet de l'Amazone en haut à gauche, sur le bouclier du guerrier en haut à droite, sur la cuirasse de Thésée (?j.
Une gravure inédite de cette pointure existe parmi les planches du recueil de Tischbein (Heydemann, Jahrbuch des Instituts, 188tî, p. 310, n° il.)
Autres gravures : Millin, Galerie mythologique, pl. 135, n" 498 ; Guigniaut, Religions (le Vantiijuité, pl. iî04, n" 712; Hirt, Gôlterund Heroen, pl. 34, n'^Sg.
Autre mention : Heydemann, Pnriser Antiken, p. 39.
Pl. 62. — Iris.
« Ce vase appartient à la Bibliothèque impériale. " (Millin, t. I, p. 113, n. i). — Cabinet des médailles, n° 4862, armoire 22.
Haut. 0" 16. — Forme : pl. 5 au bas.
« SuivantHomère(//. XXIV, 149et suiv). Jupiter envoya Iris àPriam pour lui dire d'aller racheter d'Achiille le corps d'Hector. C'est peut-être ce fait que représente une peinture publiée par Millin, Peintures de vases, I, pl. 62. » (Roulez, Vases peints du musée de Leyde, p. 16, note 6).
Au revers, homme drapé qui s'appuie sur un bâton noueux; derrière lui, un casque suspendu à une espèce de crochet et orné d'une couronne. Dans le champ, sur chacune desdeux faces, inscription HOPAVS KAAOS. Millin traduit (p 111): a bel Hopaus. » (!) La vraie lecture, HO HAISI, a été rétablie par Akerblad et adoptée par Millingen [Peintures de vases de diverses collections, introd., p. xi, n. 1).
La ûgure d'Iris est d'un beau style. Entre cette figure et la seconde, il y a une grande palmettc. Pas de rehauts blancs.
Gravé dans le Recueil de Caylus, t. II, pl. 25, p. 79, mais avec une extrême incorrection. La gravure de Clener est bonne.
Pl. 63 (cf. 72, n» 7.). — Pygmée enthe deux grues.
Provenance inconnue. — Collection Tochon (1808). — Musée du Louvre (1) (salle do la céramique grecque, Cyrénaïque, etc., armoire F.)
(1) Nous avons dit plus haut (p. 1) que la collection de Tochon avait été acquise par Louis XVIII.
MiLLiN. — 38 — I, 63-6b.
Haut. 0°", 127. — Forme t. I, pi. 29.
Un Pygmée se défend avec une massue contre l'attaque d'une grue, à laquelle il tord le cou: une autre grue cherche à lui mordre le bras.
Sujet spirituel, spirituellement exécuté. Millin a cru y reconnaître un Héraklès grotesque aux prises avec les oiseaux du lac Stymphale, opinion que partageait aussi M. de Wille (Gazelle archéologique, 1876, p. 9). A titre de comparaison, Millin a reproduit (pi. 72, n° 7), un des bas-reliefs d'un autel carré {Marmova Oxoniensia, III, 2, IX, 2), qui représente Héraklès enfant, armé d'une massue, assommant un oiseau qu'il tient par le cou. Cet autel, conservé à VAskmolean Muséum d'Oxford (Michaelis, Ancienl marbles in Great Britain, p. 586, n° 202), a déjà été gravé dans YAnliquité expliquée de Montfaucon, Supplément, t. I, pi. oi, 1. Sur les autres faces de l'autel, on voit Héraklès enfant étranglant l'hydre et Héraklès barbu domptant un Centaure.
Au revers (inédit), deux figure manlcllale d'un dessin très grossier, de part et d'autre d'une stèle.
Rehauts blancs sur le corps des grues.
Autres gravures : Millin, Galerie mi/l/iologique, pi. 120, n° 411; Guigniaut, Religions de l'antiquilé, pi. 188, n° 661 a. Une gravure inédite de ce vase existe au dépôt de la Chalcographie du Louvre, pi. 1382-83 ; cette planche appartient à la série de celles que Tochon avait fait graver en vue d'une publication qui n'a pas eu lieu [Catalogue des planches gravées composant le fonds de la Chalcographie du Louvre, Pari.s, 1881, pi. 1380-U66).
Mentions : Stephani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg p. 1865, p. H3 (avec étude des monuments analogues); le même, Thescus und der Minotawos, p. 84, n. 1 (avec renvoi faux); Raoul Rochette, Monuments inédits, p. 362; Heydemann, Pariser Antilcen, p. 39. Cf. un sujet tout à fait analogue, Panofka, Cabinet Poarlalcs, p. 62 = de Witte, Catalogue Durand, n" 278.
Pl. 64. — SCKNE B.iCCUIQUE.
Italie méridionale. — Collection de la Malmaison.
Haut. 0°',49. — Forme pl. 1, n" 9.
Une femme couronnée de lierre et tenant un rameau de myrte est assise sur une pierre brute; un jeune homme, également couronné de lierre, lui présente des fruits dans une corbeille; derrière lui est suspendue une bandelette. L'ornement figuré entre les deux figures est purement décoratif.
« Scène d'initiation » selon Millin. — Rehauts blancs.
Pl. — 6o. — Apuroditiî et Éros.
Italie méridionale. — Clener a dessiné cette admirable peinture à Naples « dans la collection de milord Bristol ». Cet amateur, de son nom Frederick Augustus,
Tochon d'Annecy, membre de l'Acudéniic dos inscriplious, mourut eu 1S2U. LcU-ounc prononça un discours sur sa loml)e {Moniteur, 1820, p. 1184) et Dacier lui consacra une notice historique (ibid., 1822, p. 1361). Il avait fait graver des planches d'après les peintures de sa collection, mais mourut avant d'avoir pu les publier.
MiM.i.v. — o!) — I, (35-66.
quatrième em-l de Bristol, évêque de Derry (1730-1803) , avait commencé à Rome une collection d'objets anciens et modernes dans l'inlentioa de décorep un château qu'il se proposait de construire à Ickworth. On raconte (Michaelis, Amleiit marijles in Greal Britain, p. 108) que sa collection fut pillée par les Français en 1798. mais il en forma certainement une autre, de laquelle faisait partie le vase dessiné à Naples par Clener (1). Il paraît que les antiquités d'Ickworth ont presque toutes été vendues ou dispersées (Michaelis, op. Inud., p. 333j et qu'il n'en reste qu'un petit nombre de marbres sans importance. C'est aux antiquaires anglais à nous apprendre maintenant ce qu'est devenue la magni(i(|ue coupe de Lord Bristol.
Diam. 0", "2-20. — Coupe à deux anses.
L'attitude des figures n'a pas besoin d'être expliquée. Le miroir, placé dans le champ à gauche, est un attribut d'Ajjhrodite. MiUin veut reconnaître dans ce groupe « lacchus androgyne entre les bras de Libéra Proserpine, ou le génie des mystères avec une initiée. » Lenormant et de Witte {Élite des monuments oh-amogr., t. IV, p. 173) hésitent à tort entre Aphrodite et Psyché.
Rehauts blancs sur les baies du cadre.
Gravé, d'après Clener, dans Y Elite des monuments céramographi<iues, t. IV, pi. i"}. Les planches suivantes du même recueil reproduisent des motifs analogues. Une autre copie de la gravure de Clener figure dans l'ouvrage intitulé : Raccolta dl vasi antichi, etc., pubblicali in I 70 tavole da Enrico Moses, nuova edizione. Milan, 1824, pi. 72.
Pl. 66. — Atuéné et les Atrides.
« Ce vase à une seule anse, et de la forme indiquée pl. 1 , n" 11, est de terre de Girgenti;ila passé du cabinet de Portici à Londres avec celui qui représente le combat sur le corps de Patrocle, pl. 49. » ( Millin, t. I, p. 118, n. 4). Welcker, [Alte Denkmii- Irr, t. III, p. 25) et Gerhard {Anserlesene Vasenbilder, t. III, p. 97, n. 78) disent à tort que ce vase est au Musée Britannique.
Haut, non indiquée par Millin.
Jlillin (p. 119, n. 1) et après lui Inghirami (voir plus bas) ont proposé d'expliquer cette peinture à figures noires par le V° chant de Y Iliade (v. 787) : Pallas et Héra viennent ranimer le courage des Grecs et adressent leurs exhortations à Agamemnon et à Ménélas. Millin finit pourtant (ce que n'a pas remarqué Welcker) par abandonner cette interprétation. yVelcker {Zeitsckrifl f/ir Alterthumswissenscliaft, 1836, p. 233; Antike Denkmiller, t. III, p. 25) a reconnu la dispute des Atrides avant leur départ d'Ilion {Odyssée, \[\, 135), en présence de Pallas, d'Hélène et d'un héraut, épisode traité au début des M'z-.oi. d'Agias de Trézène. Gerhard {Auserlesene Vasenbilder, t. III, p. 97, n. 78) se demande si ce n'est pas Athéna décidant la querelle au sujet des armes d'Achille, Talthybios étant debout derrière Ulysse et Tecmesse derrière Ajax. Cette dernière explication est, pour le moment, la plus vraisemblable, bien que Welcker l'ait déclarée inadmissible en réimprimant son travail [Alte Denkm., t. III, p. 29).
Les deux héros sont assis vis à vis sur des ?îito!. AiOoi, tenant chacun deux lances
(1) M. Michaelis ne mentionne pas le srjiuirdc l.i collection Bristol à Xa]ilr>!;, fornielli-nienl atlestn par Millin (l. I, p. 117, n. 1.)
jiiLLiN. — 40 — I, 66-69.
à la main. Dans le champ, une liane, décoration fréquente sur les vases à figures noires.
Autres gravures: Inghirami, Galleria Omerica, t. I, pi. 76; ^''ls^ filtili, t. Il, pi. 161 ; Welcker, Aile Denkmâkr, t. III, pi. 3; Jorio, La mimica ilcf/li unlichi, Naples, 1832, pi. .17 et p. 363-366.
Autres mentions : Gerhard, Amerlesene Vasenbi/der, t. II, p. 103 ; Overbeck, GaUerie heroischer BUdicerke, p. 676, n" 1 (adopte l'explication de Welcker).
Pl. 67. — Bacciianalk.
Italie méridionale. — Collection de la Malmaison. — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire F.).
Haut. 0'",62. — Forme t. 11, pl. 1, n" 3.
Dionysos et Ariane couchés sur un lit (cf. pl. 37 et 38) qui est recouvert d'une peau de panthère. Devant le lit, un génie ailé, dans une attitude dont la signification nous échappe; auprès de lui sont des branches de lierre. A gauche du lit, un Satyre portant un plateau, où l'on voit une sorte de gâteau terminé en pointe; à droite, un Satyre dansant avec une Ménade. Le registre supérieur comprend sept personnages. Satyres et Ménades, dont les attributs n'ont pas besoin d'être expliqués.
Sur le revers (inédit) on aperçoit une Ménade dansant entre deux Satyres qui portent chacun un tambour, composition analogue à celle de la planche 57.
Il y a des rehauts blancs très vifs sur les parties nues de l'Ariane et du personnage féminin place au-dessus de Dionysos, ainsi que sur quelques attributs.
Furlwaengler, Annali delV Insliluto, 1877. p. ilS; Heydemann, Pariscr Antilicn, p. 39.
Pl. 6S et 6H. — llÉRAKLKS ET UN CENTAURE. — BACCHANALE.
.Millin ne donne de renseignements ni sur l'origine ni sur l'hisloire de ce vase, qui est aujourd'hui au Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire M.)
Haut, (non indiquée par Millin) : 0°',7I. — Forme t. 11, pl. 1, n° 2. Amphore avec mascarons et rouelles.
1° (pl. 68). — Héraklès, armé de la massue (1) et couvert de la peau de lion, combat contre un Centaure, qui cherche à le frapper avec une branche de pin. Le Centaure porte une peau de panthère sur son bras gauche. Le champ de l'action est indiqué par une tige de fleur qui forme des enroulements. Au-dessus, deux Satyres, l'un courant avec deux flambeaux, l'autre marchant avec un thyrse ; à gauche, une femme ailée, probablement Niké, qui présente la bandelette de la victoire à Héraklès. De part et d'autre, deux tuniques suspendues, objets dont la signification nous échappe.
2" (pl. 69). — Dionysos étendu sur un lit richement paré, dont les matelas et les coussins sont ornés d'une branche de myrte peinte ou brodée; il tient un thyrse (buil lii iKinimc laisse voir les petites semences appelées pignons logées dans ses
tl, Ui'linuàséc de blanc.
MILLIX. — il — 1, G'J-7!.
écailles (Millin). Un Satyre se dirige vers lui; au-dessus, un génie ailé tient une couronne; une bandelette est suspendue au mur.
Figures jaunes. Sur le col de l'amphore on voit un méandre, peint de façon à donner l'idée d'un relief (voir t. II, pi. '2, n" 4.)
Mentions de la pi. (38 : Stepliani, Compte rendu de Saint-Pctershourg p. IS73, p. tO(i, n'''3;p. 1871, p. loi, n. 1; Heydemann, Parlser Anlif;en, p. 39.
Pl. 70. — Hkrmès et HiiusÉ (?).
« Ce vase, qui est un des plus beaux de ceux qui ont été trouvés à Nota par la finesse de la terre et l'élégance du dessin, appartient à l'éditeur de cette collection, M. Dubois Maisonneuve. » (Millin, t. I, p. m, n. 3.) — Musée du Louvre (vases italo-grecs, salle II, armoire J.)
Haut. 0"',18. — Forme indiquée au bas de la planche.
Hermès poursuivant Hersé; deux jeunes Athéniens enveloppés dans leurs manteaux.
La composition est bordée en haut par des feuilles de laurier, en bas par un méandre. Très bon style.
.\utres gravures : Millin, Galerie mythologique, pl. 30, n" 204 (vue d'ensemble du vase) ; Guigniaut, Religions de l'antiquité, pl. 106, n° 4li [id.) ; Lenormant et de Witte, Elite des monuments céramographiques, t. III, pl. 94, p. 238.
Mentions: Raoul Rochette, Monuments inédits, p. 13 (Hermès poursuivant une nymphe); Jahn, Archxologische Beitrxye, p. 33, n. 78; Heydemann, Pariser Aniikcn, p. 39.
Pl. 71. — .Apollon kt unk jelne fille.
Italie méridionale. — Collection de M. de Paroi (^ISOSi. Cf. plus haut, p. 21.
Millin n'indique ni la forme, ni les dimensions de ce vase.
Nous transcrivons ici quelques observations très justes que cette peinture à suggérées à MM. Lenormant et de Witte {Élite des monuments céramographiques, t. II, p. 49) : « Ou voit souvent sur les vases peints des dieux ou des héros qui pour suivent des femmes. Plusieurs noms ont été proposés pour ces sortes de sujets et plus on les étudie, plus on est porte à reconnaître que des scènes presque identiques pour la disposition générale, et qui ne diffèrent que dans les détails, peuvent, en vertu de ces changements accessoires, recevoir des dénominations variées. » M. de Witte a été l'un des premiers à faire cette observation, très féconde pour l'exégèse des monuments {Annalideli Instit., 1832, t. IV, p. 103-lOi).
Dans la suite de leur article relatif à cette peinture, les auteurs de \' Elite, se départissant de leur sage réserve, proposent de reconnaître ici Phaon qui poursuit la poétesse de Lesbos.
Blanc sur la coiffure de la femme.
Autres gravures : Lenormant et de Witte, Elite des monuments réramiKjrdphiqnes, t. H, pl. 20.
.\utre mention : Heydemann, Annnli deïï Institulo, 1871, p. 109.
Pl. 72. — Monuments divers.
I. Voir la notice de la pl. l!'. — Guigniaut, ïh'ligions <h> PantupiUé, pl. 2i8 Ins, n° 803.
II. Fragment de la Table Iliaque découverte vers 1680 à Bovilles (1); » on y voit Ulysse qui vient' annoncer à Hécube, Polyxène, Andromaque et Hélénus leur malheureuse destinée. Le costume et l'attitude d'Ulysse sont conformes au costume et à l'attitude de la figure que je regarde comme celle de ce héros sur le beau vase de M. Vivenzio, qui représente la prise de Troie. » (Millin, 1. 1, p. \ii; cf. la notice de la pl. '25).