SARATOGA ET RETOUR
la seule consolation qui puisse lui rester, en lui rapportant ces chères dépouilles ; niais nous allons avoir aussi un autre chagrin, celui de nous séparer après avoir vécu, tant de mois et sur tant de mers , de la même vie et des mêmes battements de cœur. Puisque la patrie vous est ouverte, tandis que je dois retourner en Angleterre, c’est vous qui aurez du moins cet adoucissement à nos larmes, de rendre à Cherbourg les derniers honneurs à notre ami si regretté. »
Le 24 août , sur le pont du Perdre j je dus donc me séparer de ce prince auquel depuis l’enfance j’avais voué ma vie, et qui , pendant dix-sept mille lieues, m’avait de plus en plus comblé de bonté et rempli d’admiration. Je l’aime avec tant de passion et de culte, je l’ai vu partout si aimant, si instruit, si noble, et surtout si Français, que ma voix est trop humble pour définir l’émotion et la reconnaissance de mon cœur qui lui doit trop !
Et voici , après dix jours d’une traversée rapide , les rivages du Havre qui se dessinent en avant de notre beau navire! Voici ma famille vers laquelle mon cœur bondit d’impatience et d’amour! Voici la patrie où nous avions tant rêvé de revenir joyeux, et où je rentre seul, avec un cercueil !
ri'J DU TROISIÈME RT DERNIER VOLNUB.