‹ PékingChapitre 108 sur 224 · M. ARMAND DAVID · texte numérisé non relu

M. ARMAND DAVID

Elaphurus Davidianus. Hors de la porte sud de Péking, à 2 kilomètres environ, se trouve l'ancien parc de chasse de l'empereur, il a 12 kilomètres de côté; on y élevait

par tradition (car l'empereur n'y chasse plus) de nombreux cerfs, daims, chèvres sauvages et autres animaux.

M. David apprit par les chrétiens qu'un animal fort curieux s'y trouvait ; les Chinois le nomment Ssepon-siang((\m ne ressemble à aucun des quatre) parce qu'il a les bois du cerf, la queue de l'âne, les pieds du bœuf et le pelage du

mulet. M. David lui-même, dans une promenade, aperçut par-dessus les murs d'enceinte cet intéressant animal, et alors il ne songea plus qu'au moyen de s'en procurer un spécimen pour le Muséum de Paris. Ce n'était rien moins que facile; il y a peine de mort contre ceux qui se permettent de tuer le gibier impérial, mais cela n'empêche nullement les gardes de s'en nourrir. M. David se ménagea une entrevue avec l'un d'eux et il fut convenu qu'on jetterait par-dessus le mur, d'un côté une peau avec les bois et les os, de l'autre la somme promise. C'est ainsi que M. David put envoyer à

Paris le premier spécimen du Sse-pou-siang. Plus tard d'autres nations s'en procurèrent aussi par leurs ministres, mais le premier était à la France. Si l'on considère ce que M. David a découvert dans le sud de la Chine, les trouvailles faites dans le nord sont bien minimes. Nous ne pouvons entrer dans de plus grands détails, et nous devons renvoyer ceux qui voudraient en savoir davantage à ses ouvrages très intéressants, très savamment rédigés et toujours de la plus parfaite exactitude, ainsi qu'aux travaux spéciaux des professeurs du Jardin des Plantes de Paris.

CEPENDANT Mgr Mouly perdait ses forces, et sa première vigueur avait disparu ; perclus de rhumatismes, affabli par une vie de privations et de fatigues, on ne pouvait plus espérer pour lui de longs jours. Souvent le pieux évêque

subissait de douloureuses crises ; l'une d'elles, pendant la nuit du 3o novembre au Ier décembre, le conduisit aux portes du tombeau et on dut lui administrer les derniers sacrements qu'il reçut avec une grande ferveur; malgré les soins de deux docteurs européens, il s'affaiblit de plus en plus et s'éteignit le 4 décembre à 4 heures du soir, à l'âge de 61 ans ; il eut la joie de mourir au milieu de ses confrères, dans ce Pé-t'ang reconstruit par lui. Mgr Mouly peut être, à bon droit, regardé comme le second fondateur de la mission de Péking, car après les horribles persécutions qui Ancienne résidence du Pé-fang. l'avaient presque anéantie, c'est lui qui la

ressuscita et lui donna une vie nouvelle. Les funérailles du saint évêque furent une démonstration. Tous les ministres européens, les représentants du prince Koung et du Tsoung-li ' y amen, l'archimandrite russe, le clergé en entier et plus de 400 voitures contenant chacune deux ou trois chrétiennes, l'accompagnèrent au cimetière. Le cortège s'étendait sur plus d'un kilomètre et demi, une foule respectueuse évaluée à 100.000

DYN. DES TS'ING. — MORT DE MGR MOULY ( l868).

Mgr Mouly.

HIC JACET

JOSEPH MARTIAL MOULY

GALLUS

CONGR. MISSION.

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